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Le Tosa, pour certifier les compétences informatiques partout dans le monde

Par Centre Inffo

L’informatique, ou à tout le moins la bureautique, bien plus que, par exemple, l’anglais, est un langage commun à toutes les entreprises. Nulle n’y échappe ! La société française Isograd a conçu et propose le “Tosa” (Test on software applications) en espérant le voir un jour mentionné sur tous les CV. Et dans les programmes de formation. Présentation.

Autant, pour les langues, il existe des certifications telles que le TOEFL (Test of english as foreign language) ou le TOEIC (Test of english for international communication), autant “il n’y avait rien sur les compétences informatiques et numériques, qui sont pourtant devenues aujourd’hui des compétences indispensables dans le monde du travail”, nous indique Matthieu Lattes, fondateur, avec Marc Alperovitch (lui aussi auparavant banquier d’affaires), d’Isograd, une société française qui vise actuellement un large développement international. Les créateurs en 2010 du “Tosa” (Test on software applications) ont l’ambition d’établir un standard mondial d’évaluation et de certification des compétences sur les outils de bureautique (Word, Excel et Powerpoint) et sur les langages de programmation (Java et PHP, etc.), destiné aux programmes de formation et de recrutement des services RH des entreprises.

“Révolutionner le CV”

“Nos tests permettent d’évaluer avec précision les compétences d’un candidat ou d’un salarié sur un logiciel donné (un test par logiciel et par version) et de les comparer aux attendus métier. Nous entendons, par ces tests, révolutionner le CV !”, ambitionne Matthieu Lattes. Dans le cadre d’un recrutement, explique-t-il, il ne s’agit plus de se contenter de mentions auto déclaratives du type “maîtrise du pack bureautique”. C’est une mesure objective et reconnue qui est attendue, révélant le réel niveau de compétences des candidats. Leur CV mentionnerait par exemple “Tosa Excel : 820/1 000”, de même qu’ils ne précisent plus “Anglais : parlé, lu et écrit”, mais “TOEIC, score : 865 - listening : 425, reading : 450”. Pour la formation professionnelle Enthousiaste, Matthieu Lattes poursuit son argumentation : “Dans les entreprises, le test Tosa peut être utile dans la mise en œuvre d’une stratégie de montée en compétences des salariés.” D’abord, en permettant d’identifier les besoins en formation et de constituer des groupes homogènes de niveau, avec un programme de formation ciblé. Répondant à la problématique des budgets formation serrés, dans la mouvance de celle du “retour sur investissement”. “Chaque test Tosa se déroule intégralement en ligne, dure en moyenne 30 minutes et donne lieu à la délivrance d’une cartographie détaillée des compétences du candidat”, indique le directeur d’Isograd. Qui souhaite rendre ces tests accessibles aux particuliers.

Score vérifiable en ligne

Quant à la certification Tosa, elle se fait “dans des conditions d’examen”, en moyenne de 45 minutes, dans un centre de passage agréé. Elle permet de valider les acquis d’une formation sur les outils bureautiques par un score unique (pour chaque logiciel), compris entre 1 et 1 000, qui pourra être ajouté sur le CV ou sur le profil professionnel en ligne tels que Linkedin, Viadeo ou autre. Et plus de CV falsifié ! “Ce score est vérifiable sur notre site internet par tout recruteur ou responsable RH avec, bien évidemment, l’accord du candidat”, précise Matthieu Lattes, qui annonce que plus de 30 000 Tosa passés dans près de 40 centres agréés en France depuis son lancement. “Le TOEFL et le TOEIC sont des standards privés qui se sont imposés par le marché, nous souhaitons également nous rapprocher d’institutions publiques comme l’Apec pour être reconnus”, ajoute l’initiateur du Tosa, qui travaille déjà avec le réseau des Chambres de commerce et d’industrie (CCI). Pour l’élaboration du Tosa, Isograd a retenu la “méthode adaptative” utilisée pour le GMAT (Graduate management admission test) par les Universités américaines. Ainsi, après chaque question, le niveau des réponses est évalué pour adapter les questions qui suivent au profil du candidat. Ce qui nécessite une puissance de calcul importante. “Un test représente environ 1 million de calculs effectués”, explique Matthieu Lattes. Qui précise que “le Tosa est proposé en mode Saas (software as a service), hébergé chez Amazon”.

Reconnaissances

L’entreprise, qui n’a que de trois ans d’existence, revendique aujourd’hui “plus de 150 entreprises utilisant les tests Tosa dans le cadre de leurs programmes de formation ou leurs recrutements” : Microsoft soi-même, Deloitte, le cabinet d’avocat Bredin Prat, la banque Nomura, des cabinets de recrutement et des agences d’intérim (Lynx RH, etc.), des établissements d’enseignement supérieur (HEC, l’Université Paris Dauphine, Audencia Nantes, EM Grenoble, l’école de commerce Inseec, etc.) et des organismes de formation (Vodeclic, Adiscos, M2I, etc). L’ambition de créer un tel standard semble séduire beaucoup d’investisseurs. En effet, après une première levée de fonds réussie de 400 000 euros, Isograd s’est doté, en 2011, d’un comité stratégique composé de dirigeants tels que René Proglio (Morgan Stanley), Jean-Jacques Guiony (directeur financier de LVMH), Patrick Werner (Gras Savoye, ex-PDG de La Banque Postale), Jean d’Arthuys (directeur du FSI, président des diplômés de HEC), Didier Martin (associé de Bredin Prat, administrateur du Crédit Agricole). Le projet de certification Tosa fait partie du pôle de compétitivité de la Région Île-de-France, Cap Digital. Lauréat 2011 du réseau Entreprendre, Isograd avait reçu, début 2012, le soutien de Nadine Morano, alors ministre de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, ainsi que le statut de “Jeune entreprise innovante” (JEI) de la part du ministère de l’Économie, se félicite Matthieu Lattes.

Internationalisation

Nouvelle étape pour la start-up cette année : elle a réalisé en mars sa deuxième levée de fonds, d’un million d’euros cette fois, auprès d’investisseurs privés. Matthieu Lattes en est convaincu : “Le Tosa a vocation à se développer à l’international. Les tests sont déjà proposés en français et en anglais, nous nous appuyons d’ailleurs sur un réseau d’experts situés à Paris, New- York et Sydney pour la conception des contenus, et entretenons des contacts avec des Universités anglaises.” Il poursuit : “Nous sommes déjà présents dans une dizaine de pays, notamment au Canada, en Suisse, au Gabon, au Cameroun, en Tunisie et en Libye, et nous recevons chaque semaine des demandes d’organismes étrangers qui souhaitent devenir les distributeurs du Tosa pour leur pays ! C’est le cas au Brésil, en Inde, aux États-Unis ou en Côte d’Ivoire.”

Cartographie des compétences en Tunisie

En Tunisie, par exemple, c’est Orchadis, un organisme de conseil et de formation spécialisé dans les métiers de la banque, de la finance et du contrôle, qui organise, depuis cette année, des tests Tosa. “Nous proposons des actions de formation en informatique (outils bureautiques, Excel Office, etc.). Les besoins sont croissants, surtout pour les cadres”, indique Abdelkader Boudriga, fondateur de l’organisme de formation, qui compte parmi ses clients de nombreuses multinationales, notamment des opérateurs de téléphonie (tels que Orange Tunisie), des banques et des compagnies pétrolières. “Il n’y a pas un standard permettant de mesurer les compétences en informatique des salariés, dans l’évolution de leur carrière professionnelle, ainsi que pour le recrutement de nouveaux collaborateurs. Le Tosa répond aux besoins des employeurs, qui ne se contentent plus des simples déclarations de leurs collaborateurs ou des candidats à l’embauche. C’est une certification qui permet aux employeurs de connaître le niveau exact des compétences informatiques de leurs interlocuteurs.”

“Social business”

Dans le cadre de ses formations, Orchadis recoure au Tosa “pour construire et mettre en œuvre des actions personnalisées et plus efficaces. Il permet de faire une cartographie des compétences et de créer des groupes de formation beaucoup plus homogènes et d’avoir des programmes individualisés”. Depuis mars 2013, il a enregistré plus d’une cinquantaine de “Tosards”. Cependant, rappelle Abdelkader Boudriga, “notre ambition, au-delà des entreprises, est de permettre l’utilisation du Tosa pour améliorer l’employabilité des jeunes. En effet, à la suite de la Révolution, les revendications des jeunes Tunisiens sont nombreuses concernant leur employabilité. Nous travaillons, dans le cadre d’un programme de l’Observatoire national de la jeunesse (ministère de la Jeunesse), à cet objectif en assurant la formation et la certification de ces jeunes”. Plus de 400 jeunes chômeurs sont actuellement concernés par cette action “social business”, orientée vers “la démocratisation du Tosa pour faciliter l’accès à l’emploi des jeunes”.

La Libye y met les moyens

Comme en Tunisie, les pouvoirs publics libyens souhaitent faire du Tosa un outil de développement de l’employabilité des jeunes. “Après près de quarante années d’absence de formation, avec notamment l’interdiction d’étude de langues étrangères et des formations universitaires de qualité médiocre, il y a aujourd’hui, en Libye, un besoin important de formation à tous les niveaux”, nous déclare Antoine Fine, dirigeant d’Altai Training, une structure d’origine française implantée dans ce pays. Constatant “surtout une vraie demande de reconnaissance des compétences aux standards occidentaux”, il reconnaît aussi “une vraie volonté politique, ainsi que des moyens énormes mis à disposition par les autorités publiques pour y arriver”. Concernant l’utilisation des logiciels de bureautique, aujourd’hui indispensables pour la vie d’une entreprise, “le Tosa est un outil intéressant dans la mesure où il permet aux entreprises d’évaluer le niveau actuel en bureautique de leurs salariés. Et donc de construire des plans de formation mieux adaptées à leurs besoins”.

Contre les CV falsifiés

En Libye comme dans de nombreux pays en transition, “il y a peu de garanties que les CV proposés par la plupart des candidats répondent réellement aux compétences ou niveaux minimaux prétendus”, souligne Antoine Fine. Pour un employeur, il s’avère donc utile de disposer d’outils objectifs permettant d’attester la véracité de ces informations. Depuis la fin ici encore, de la Révolution, et pour répondre aux besoins en formation des entreprises et des particuliers, de nombreux centres de formation ont été créés, principalement dans les langues étrangères et l’informatique (“computer sciences”). En effet, outre les langues, “tout le monde, ici, veut se former à l’utilisation des logiciels de bureautique tels que Excel, Powerpoint et Word”, atteste le dirigeant d’Altai Training. Le Tosa “apporte de l’objectivité dans un marché où il y a peu d’outils pour jauger le niveau de compétences des candidats”. Avoir une bonne note à ce test est “un atout considérable dans la recherche d’un emploi ou dans l’évolution professionnelle. Vu que les gens ici sont très motivés, il n’y a pas de doute, le programme sera généralisé”, sourit Antoine Fine. “Notre objectif est d’être présent dans 50 pays dans les deux ans et d’atteindre 1 million de « tosards » dans les quatre ans”, conclut Matthieu Lattes, qui, pour atteindre cet objectif, court de salons en expositions à travers le monde pour faire découvrir son produit. Opiniâtre !

ALTAI TRAINING
Altai Training est l’entité formation d’Altai Consulting (créé en Afghanistan en 2003 par des Français, Éric Davin et Rodolphe Baudeau), un bureau d’étude et de conseil qui, aujourd’hui, intervient également au Pakistan, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Irak, en Palestine et en Libye.
L’entreprise s’est fixée pour objectif de “stimuler le développement en permettant aux pays en transition (d’après-guerre) ou émergents d’attirer des entreprises multinationales et de dynamiser le développement des entreprises locales”.
www.altaiconsulting.com

par Knock Billy, Centre Inffo, 2013

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