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Le SGEN-CFDT craint que l’Éducation nationale ne renonce au conseil en orientation

Par Centre Inffo

Pour sa séance du 17 juin, le groupe de travail sur l’orientation piloté par le ministère de l’Éducation nationale s’est exclusivement consacré au recrutement et à la formation des psychologues scolaires et des conseillers d’orientation psychologues. Objectif du ministère soutenu par la Fédération syndicale unitaire (FSU) : la création d’un corps unique. Inquiétude du côté du SGEN [1]-CFDT.

Bercy opposé à la création d’un nouveau corps

Alors que les psychologues scolaires ne disposent pas d’un corps et détiennent aujourd’hui la qualification de professeur des écoles, la proposition de reconnaître leur spécificité aurait pourtant pu séduire. « Nous sommes tout à fait d’accord pour que les psychologues scolaires aient leur propre corps », nuance Christian Lorent, secrétaire fédéral en charge de l’orientation au sein du SGEN-CFDT, « mais la proposition du ministère est de créer un corps unique, avec deux métiers. D’un côté, les psychologues scolaires, qui couvriront les cycles 1 à 3 [2], de l’autre, des psychologues qui iront du cycle 4 à l’enseignement supérieur ». L’intérêt de ce corps unique ? « La logique du ministère est surtout de trouver une solution pour les psychologues scolaires », estime Vincent Bernaud, secrétaire national SGEN-CFDT : « On aurait très bien pu avoir un corps de l’Éducation nationale centré sur le primaire et le maintien des conseillers d’orientation psychologues sur le second degré, mais Bernard Lejeune [3] nous a indiqué que Bercy s’opposerait à la création d’un nouveau corps », explique-t-il.

Disparition de la notion de conseil en orientation

Plus encore que la création de ce corps réunissant deux spécialités, c’est le détail de l’opération qui inquiète le SGEN-CFDT. « Le problème est que la notion de conseil en orientation n’apparaît plus dans la fiche du ministère, aussi bien au niveau du titre du master  [4] que dans la dénomination du concours  [5] », commente Christian Lorent. Et d’interroger : « Le ministère veut-il que nous arrêtions de faire du conseil en orientation ? Si l’on a un corps unique, n’est-ce pas à terme un moyen pour le ministère de se désengager progressivement au profit des Régions ?  » Au-delà d’un simple partage de compétences, Vincent Bernaud y voit lui la traduction logique du débat sur le périmètre de l’orientation. Et d’évoquer certaines positions syndicales, SNES-FSU en tête, qui, « ne voulant pas entendre parler d’une orientation et formation tout au long de la vie pilotée par les conseils régionaux dans le cadre du service public régional, préfèrent nous voir recentrer uniquement sur les fonctions de psychologie au sein de l’Éducation nationale ». Un jeu dangereux, selon le secrétaire national, qui pourrait bien à terme menacer l’existence même du réseau centres d’information et d’orientation (CIO) : « Si nous avons d’un côté un ministère qui nous recentre uniquement sur une activité en direction de la formation initiale et, de l’autre, des Régions coordinatrices du SPRO [6], quel sera alors l’intérêt de l’État de garder des CIO ? Sachant que d’autres structures accueillent le public adulte, voire étudiant, et que le nouveau corps interviendra au sein des établissement scolaires où les familles pourront les rencontrer, il y a un vrai risque... » Et d’insister : « Où serait la logique de l’État de vouloir garder et financer un réseau qui ferait un peu double emploi ? »

Toujours en faveur d’une participation des CIO au SPRO, le SGEN-CFDT espère maintenant que les Régions voudront et sauront prendre le relais. « Cela avance dans certaines régions expérimentatrices », assure Vincent Bernaud, à l’instar de la Bretagne qui a proposé de financer le fonctionnement des CIO à hauteur de 50 %. Mais face à une « administration de l’Éducation nationale qui n’a pas l’air de vouloir répondre à cette main tendue », la sortie de crise ne semble pas encore d’actualité. D’où des espoirs qui se reportent désormais sur la convention type État-Région qui pourrait être définie lors de la conférence sociale des 7 et 8 juillet.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

Ce que dit la fiche de travail du ministère de l’Éducation nationale
Au nom d’une meilleure articulation entre le premier et le second degré, le ministère de l’Éducation nationale propose la création d’un « corps unique de psychologues de l’Éducation nationale ». Recruté par concours commun, dès la session de 2016, les candidats auraient à choisir entre deux spécialités : « Apprentissages premiers, apprentissages fondamentaux, consolidation » pour les cycles I à 3 et « Approfondissement des apprentissages et insertion professionnelle » pour les cycle 4, lycée et enseignement supérieur. Seules les épreuves d’admission seraient différenciées.
La formation serait délivrée au sein d’un master « Psychologie de l’éducation et de la formation », en lien avec les écoles supérieures du professorat et de l’éducation pour les « enseignements mutualisés liés à la culture commune des futurs enseignants ». La deuxième année de formation intégrerait l’année de stage, lequel s’effectuerait en réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) pour les psychologues du premier degré, et en CIO pour les conseillers d’orientation psychologues.

[1] Syndicat général de l’Éducation nationale.

[2] Soit leur domaine de compétences actuel plus la classe de sixième.

[3] Directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de l’Enseignement supérieur.

[4] La fiche de travail évoque un master « Psychologie de l’éducation et de la formation ».

[5] Psychologues de l’éducation nationale.

[6] Service public régional de l’orientation

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