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Le Datadock, nouvelle opportunité pour les organismes de formation

Si l’inscription sur le Datadock peut être vécue comme une contrainte par certains petits organismes de formation, nombreux sont ceux qui la perçoivent comme une opportunité pour faire le point sur leurs pratiques.

“Nous sommes favorables au renforcement des exigences de qualité pesant sur les organismes de formation. C’est un vecteur d’amélioration de la crédibilité de notre secteur qui est attaqué depuis des décennies.” Pour Michel Clézio, président de la Fédération nationale des Urof (Unions régionales des organismes de formation), la mise en place du Datadock est loin d’occasionner une levée de boucliers de la part des organismes de formation. “Nous n’avons pas eu de remontées de terrain criant à l’usine à gaz”, déclare-t-il ainsi.

Pour autant, les acteurs en conviennent : l’enregistrement sur la nouvelle plateforme peut représenter une charge pour les petites structures disposant de moyens humains limités, et n’ayant encore jamais réalisé de démarche qualité. Soit plusieurs jours de travail.

Des réunions d’information ouvertes

“Nous comptons une majorité d’adhérents de taille moyenne, qui emploient entre 20 et 30 salariés. Ceux-ci ont les moyens de faire la démarche d’inscription sur le Datadock. Ceux qui nous sollicitent le plus sont les OF de taille inférieure”, confirme Michel Clézio. C’est pourquoi la fédération des Urof, assistée du Synofdes (Syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale) propose une assistance à ses adhérents (mails méthodologiques, hotline juridique...).

“Il est vrai que tout le monde n’a pas la motivation et la capacité d’appréhender une démarche qualité et certains ont plus de mal que d’autres, observe Philippe Cusson, président du Sycfi (Syndicat des consultants-formateurs indépendants). C’est pourquoi nous menons un travail de communication, qui passe par la création d’un guide, mais aussi par des réunions d’information qui sont ouvertes à tous, dans toutes les régions.”

Pas d’inquiétude chez les grands OF

Du côté des organismes de taille plus importante, la nouvelle obligation est loin d’être une source d’inquiétude. Et pour cause : ceux-ci sont souvent déjà détenteurs d’un label ou une certification reconnue par le Cnefop. Ils bénéficient donc d’une procédure simplifiée pour s’inscrire sur le Datadock.

“Nous menons une démarche qualité exhaustive depuis longtemps. Nous sommes certifiés Iso 9001 depuis 1991 et qualifiés OPQF[Office professionnel de qualification des organismes de formation.[]], ce qui a facilité notre référencement au Datadock, effectif depuis mi-février. La démarche a été d’autant plus légère que nous avions déjà fourni toutes les preuves”, indique Aurélie Feld, directrice générale de CSP, l’un des organismes de formation majeurs sur le marché français. 75 % de son activité se porte sur l’intra-entreprise et le sur-mesure et la part du chiffre d’affaires financée par des tiers (Opca et autres financements publics) est de 16 %. “Les entreprises sont peu préoccupées par nos certifications. Ce qui les intéresse, c’est avant tout d’avoir un retour sur leur investissement formation.” C’est pourquoi CSP passe au crible les évaluations de chaque session de formation, dans le but de déceler un mauvais retour et d’y répondre.
Aurélie Feld considère que “pour les organismes de formation qui n’ont pas de certification, le Datadock est un bon outil. D’autant que les financeurs ont travaillé ensemble et mis en place un processus unifié”.

Un premier pas vers la certification

Certains préfèrent voir le Datadock comme une opportunité. Ainsi, pour Philippe Cusson, la démarche “permet aux OF de faire le point, d’analyser leur pratique... D’être au clair sur ce qu’ils font, et ce qu’il ne font pas. C’est loin d’être inutile”.

D’autres y voient l’occasion d’amorcer une démarche qualité plus poussée. C’est le cas d’Alain Gonzalez, président de la CDSUFC (Conférence des directeurs de service universitaire de formation continue) : “Bien sûr, nous répondrons aux nouvelles exigences, mais nous sommes davantage attentifs à diriger les services de formation continue universitaires vers des labels et certifications reconnus par le Cnefop. Nous considérons que pour une entreprise, c’est plus rassurant que la seule inscription sur le Datadock. Ceci étant, d’un point de vue stratégique, cela permet à certains de faire une première partie du chemin vers une certification.”
Pour le moment, seule l’Université Pierre et Marie Curie, à Paris, détient le label FCU, une certification reconnue par le Cnefop, mais selon le président de la CDSUFC, ce sera le cas d’une dizaine d’établissements universitaires d’ici juin 2017.

Ce sont les financeurs qui référencent

Reste encore quelques incertitudes, selon Michel Clézio : “Quel pontage entre Pôle emploi et le Datadock ? Quid des labels mis en place par certaines Régions, qui ne sont pas reconnus par le Cnefop ? Il serait bon que tout soit harmonisé pour que nous n’ayons pas à mener de front plusieurs démarches.” Une question cruciale pour les adhérents des Urof, qui interviennent essentiellement sur la commande publique.

Un enregistrement sur le Datadock ne garantit pas à un organisme de formation que ses formations seront finançables, car les financeurs (Opca/Opacif, ou autres) réaliseront leur propre référencement. Une source d’interrogations pour la Fédération de la formation professionnelle, mais pas pour Michel Clézio : “Les Opca continueront de travailler avec les organismes de formation avec lesquels ils travaillent depuis longtemps. Par ailleurs, rien ne remplacera leur rôle sur le terrain et la relation directe avec les OF”, dit-il.

par Aurélie Gerlach, Centre Inffo, 2017

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