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Le DIO invite à ne pas "enterrer trop vite le principe d’un label national"

Par Centre Inffo

Transmis par le Délégué à l’information et à l’orientation Jean-Robert Pitte au Premier ministre, le rapport présentant l’état des lieux du service public de l’orientation (SPO) défend le travail accompli et invite à ne pas créer de rupture.

Surprise, le document remis par Jean-Robert Pitte à Jean-Marc Ayrault adopte un ton plus proche de celui que l’on connaissait au géographe gastronome [1] lorsqu’il était président de la Sorbonne que celui, soumis au droit de réserve, que l’on a souvent entendu depuis sa nomination au poste de DIO en juin 2010. Pas toujours diplomate en tant que président d’université lorsqu’il défendait en 2006 le CPE [2] de Villepin, Jean-Robert Pitte est, à l’exception de quelques piques adressées à la FSU, au contraire apparu fort soucieux au cours de ses trois années d’exercice de mettre de l’huile dans les rouages du SPO en tant que délégué à l’information et l’orientation.

Mission impossible ?

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Jean-Robert Pitte (DR)

De fait, succédant aux Délégués interministériels à l’orientation - au nombre de trois entre 2006 et 2009 [3] -, Jean-Robert Pitte a accepté une mission que beaucoup jugeaient impossible : mettre en œuvre un service public de l’orientation jugé concurrent des dispositifs régionaux déjà déployés ; travailler à la coordination d’une myriade d’acteurs dont beaucoup échappaient au giron du ministère de l’Éducation nationale ; convaincre de la pertinence des labellisations Orientation pour tous en l’absence d’incitation financière ; déployer à grande vitesse les labellisations Orientation pour tous alors que les décrets d’application de la loi de 2009 n’ont été publiés qu’à partir de mai 2011...

134 territoires labellisés

Aussi et face à la complexité du cahier des charges, Jean-Robert Pitte saisit-il cette fois l’occasion de ce rapport pour rappeler avec force qu’avec 134 territoires labellisés au 1er juin 2013, l’évaluation souvent négative du SPO actuel est selon lui pour le moins contestable. À commencer par les conclusions du rapport n° 2013-008 remis en mars de cette année par l’Igas, l’Igen et l’Igaenr, qui seraient coupables d’être insuffisamment étayées par la rencontre avec les acteurs de terrain : « les têtes de réseau à l’échelle nationale et régionale, qui ont été consultés en assez grand nombre sont, en effet, moins bien informés du travail intense et productif qui est accompli sur le terrain local », estiment le DIO et son équipe.

Auto-évaluation des territoires labellisés

C’est à partir d’un document d’autoévaluation produit par la DIO en lien avec des Carif-Oref que les organismes labellisés ont été amenés à estimer les retombées de leur participation au SPO. Pour chacun des répondants, six domaines ont été analysés : présentation ; organisation ; accessibilité ; outils et actions à destination du public ; informations sur les publics accueillis ; évolutions et perspectives.

Les Missions locales PAIO, Pôle emploi, le Réseau Information Jeunesse et les CIO figurent en tête des organismes labellisés, suivis des Fongecif, des Cap Emploi, des chambres consulaires et des universités, des CIDFF et des Cités des métiers. Une catégorie "Autres partenaires" regroupe notamment les Maisons de l’emploi, les associations et les déclinaisons régionales des dispositifs d’AIO (Points relais emploi, points accueil emploi, espaces info formation, points multimédias, etc.). Au nom d’un « gage d’ouverture et d’enrichissement mutuel », le rapport salue tout particulièrement la participation au SPO des services d’orientation des universités dans sept Régions.

Partages et répartitions

Parmi les effets positifs de la labellisation pour les professionnels de l’orientation, le rapport souligne le partage de professionnalités, la réalisation d’actions et d’événements communs, le partage d’informations en ligne, une meilleure répartition de la charge de travail et des horaires plus souples, une amélioration de l’ambiance de travail et du dialogue avec les différents niveaux décisionnels et opérationnels ainsi qu’une réflexion sur l’évaluation commune de l’activité et des services à rendre au public.
Tout en soulignant qu’il est aujourd’hui « prématuré » d’établir une synthèse des retombées pour les usagers, les autoévaluations font notamment état d’avancées en matière de lisibilité et d’équité devant l’information.

Éviter la "table rase"

À noter que des documents de travail innovants témoignant des actions engagées ont parfois été transmis au DIO, à l’instar du "rapport d’étonnement" produit par le CIO d’Elbeuf (76) : invités à s’immerger dans les structures partenaires pour mieux se connaître, les conseillers doivent ensuite produire un reporting des « ressentis et observations » destiné à être présenté aux autres conseillers.

Principale difficulté avancée par les répondants : l’absence de financements destinés à la production commune d’actions de formation ou de documents. Réponse du DIO : profiter de la décentralisation pour recourir davantage à l’appui technique des Carif-Oref, ainsi que cela est fait depuis plusieurs années en Rhône-Alpes et Bretagne en matière de professionnalisation des acteurs de l’orientation.

Alors que l’acte III de la décentralisation s’apprête à revisiter le cadre fixé par la loi de 2009, Jean-Robert Pitte souligne une fois de plus qu’il a toujours jugé « important et légitime que les instances régionales, ainsi que les autres collectivités territoriales, jouent un rôle plus actif dans le fonctionnement coordonné du service public de l’orientation ». Un service public au nom duquel le DIO estime également qu’ « il serait sans doute contre-productif d’enterrer trop vite le principe d’un label national ». D’où sa proposition que le futur CNEOFP [4] travaille à la création d’un « cahier des charges socle » que les Régions pourraient adapter à leurs spécificités.

SPO version 2014...

Le plaidoyer de Jean-Robert Pitte en faveur d’une certaine continuité sera-t-il entendu ? Difficile de le savoir à l’heure où, d’après nos informations, une expérimentation pilotée par cinq ministères dans six Régions teste actuellement la configuration que pourrait prendre un service public de l’orientation territorial. Réponse du berger à la bergère rendue possible par l’alternance, ce SPO version 2014 prendrait acte de la loi de décentralisation à venir et s’appuierait sur trois groupes de travail. Le premier aurait en charge la définition d’une charte de l’orientation, le second la rédaction des grands principes des conventions État-Régions à venir et, le troisième, qui ne serait pas encore constitué, s’intéresserait lui aux ressources support du SPO. À suivre...

European Lifelong Guidance Policy Network
Alors que la France est à ce jour représentée au sein du réseau ELGPN (European lifelong guidance policy network) par le délégué à l’information et à l’orientation et la Direction des relations européennes, internationales et de la coopération du ministère de l’Éducation nationale, Jean-Robert Pitte suggère que cette représentation soit confiée au secrétariat général du futur Conseil national de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle (CNEOFP). La proposition figure en annexe de l’état des lieux du service public de l’orientation remis au Premier ministre par Jean-Robert Pitte. Appelant à ce que les travaux du réseau ELGPN servent davantage la comparaison internationale, le DIO rappelle le programme de travail 2013-2014 proposé par la France : orientation des jeunes et notamment des jeunes femmes vers les études et métiers scientifiques et technologiques ; financement de la politique d’orientation tout au long de la vie ; place de l’ "éducation à l’orientation" dans la formation initiale des enseignants.

  • Le service public de l’orientation - État des lieux au 1er juin 2013.- Jean-Robert Pitte, délégué à l’information et à l’orientation. 79 pages, 2013.

[1] Voir notre article

[2] Contrat première embauche.

[3] Bernard Thomas, Pierre Lunel et Bernard Saint-Girons.

[4] Conseil national de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle.

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