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Le Compte Personnel de Formation

Questions à Bertrand Martinot, ancien DGEFP

Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle de 2008 à 2012, Bertrand Martinot est l’auteur d’un livre-programme intitulé Chômage : inverser la courbe [1]. Il a également publié sur le site Slate.fr une tribune sur le thème : "Décentralisation : la France peut-elle encore se permettre de gaspiller ?". Extraits d’une interview exclusive accordée à L’Inffo Formation.

Le compte personnel de formation est au cœur de la réforme en cours. Or, vous le décrivez comme une mesure "cosmétique"...

Bertrand Martinot - Au risque d’aller à contre-courant d’un consensus qui se forme autour de cette idée, je doute qu’une telle mesure, qui traite de la même manière les salariés quels que soient leurs besoins réels de formation, aient beaucoup de sens. Elle risque même de diminuer les ressources qu’il faudrait consacrer à la formation et à la reconversion des chômeurs et des salariés des secteurs en difficulté.
Le droit individuel la formation a été un échec. Il s’est révélé inapproprié comme outil pour les salariés comme pour les demandeurs d’emploi. Les entreprises en ont fait un adjuvant du plan de formation. Et les salariés n’ont jamais compris que le Dif pouvait être un outil de maintien de leur employabilité. La raison principale de son échec est que par construction, le Dif n’était pas ciblé en direction d’une population déterminée en fonction des besoins prioritaires. Quand il aurait fallu faire l’inverse.
Dès lors, faut-il persévérer et consacrer plus d’argent à un dispositif du même type, compte personnel de formation ou autre ? Pourquoi créer une nouvelle usine à gaz, quand il faudrait au contraire privilégier ceux qui ont le plus besoin de la formation professionnelle ? Le CPF est une "belle" idée, très technocratique. Dans un contexte de comptes publics dégradés, mieux vaut cibler, avec un compte mobilisable par les chômeurs, plutôt que de créer des droits faussement égalitaires.

Comment faire ?

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Bertrand Martinot (DR)

Bertrand Martinot - Dans mon livre, je préconise une orientation beaucoup plus forte des fonds de la formation professionnelle gérés par les partenaires sociaux vers les salariés qui sont en situation de transition professionnelle. Soit à l’intérieur de la même entreprise, soit entre deux entreprises différentes, soit au chômage. Pour résumer, il faudrait passer d’un système où les organismes collecteurs paritaires gérant les 6,5 milliards d’euros de fonds mutualisés jouent pour l’essentiel le rôle des teneurs de comptes courants sur lesquels les entreprises tirent en fonction de leurs besoins, à un système où ces organismes, par délégation des branches professionnelles, auraient la capacité de mettre en œuvre de véritables politiques de formation.

Propos recueillis par David Garcia, Centre Inffo, 2013

[1Éditions Manitoba-Les Belles lettres, 191 p., 2013.

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