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Laurent Cayron : de la direction financière à la plomberie

Par Centre Inffo

Quand le licenciement survient à 52 ans, la recherche d’un nouvel emploi à hauteur du précédent peut s’avérer problématique. Pour Laurent Cayron, c’était l’occasion de réaliser un vieux rêve : reprendre une entreprise.

Expert-comptable de formation initiale, Laurent Cayron a déroulé une première carrière professionnelle dans le secteur de l’informatique. Un temps chef comptable pour Commodore, l’un des pionniers de l’informatique personnelle, il deviendra contrôleur financier chez Mentor Graphics avant de poursuivre chez Sybase où il gravira tous les échelons jusqu’à en devenir le directeur financier pour l’Europe du Sud. Également en charge des distributeurs pour les pays de l’Est, le Moyen-Orient et l’Afrique, le temps est aux voyages et à l’anglais professionnel. Il s’y plaît et pourrait y être encore, si l’éditeur SAP n’avait pas licencié les effectifs à la suite du rachat de l’entreprise. Lui se souvient alors qu’il a longtemps caressé l’idée de reprendre une entreprise. Démarre alors une prospection basée sur un cahier des charges simplissime : « du fait de la concurrence d’internet, je ne voulais pas du secteur marchand classique et je cherchais une activité non délocalisable ». Verdict ? « Et pourquoi pas la plomberie ? »

Pas sur internet et non délocalisable

Car après tout, s’amuse-t-il, « de quels services a-t-on besoin dans sa maison ? » Et d’ajouter : « même s’il y a des périodes de creux, ...il y aura toujours des fuites ! » Par ailleurs doté d’un certain penchant pour le bricolage, il décide alors de se mettre en quête d’un CAP plomberie. Preuve que l’objectif n’a toutefois jamais été de se reconvertir en installateur-réparateur, la première formation qu’il suivra sera d’abord un cursus de repreneur d’entreprise. « Le CAP, c’était parce qu’il fallait que j’en connaisse un minimum », commente-t-il en déniant toute prétention d’être un fin praticien : « je sais cintrer et souder, mais le métier de plombier - trouver des solutions en fonction du problème qui se présente-, on l’apprend sur le terrain ».

Lui entend bien rester dans son rôle de chef d’entreprise. La sienne, qu’il a trouvée sur internet, ajoute le chauffage et la couverture à la plomberie, ce qui lui permet de moins subir les aléas du marché. Passé de six salariés à dix en trois ans, il envisage désormais d’étendre son activité en rachetant une deuxième entreprise. Sur le pont de 7h à 19h et parfois davantage, du lundi au vendredi et parfois le samedi pour la comptabilité, Laurent Cayron, l’ancien directeur administratif et financier, vit désormais au rythme de l’une des 1 million d’entreprises que recense l’artisanat. Autant le dire, le bilan de la reconversion n’est pas à chercher dans le gain financier. Lui qui gagnait « très très bien sa vie » se rémunère moins qu’avant, travaille plus et a quitté le confort du salariat. De quoi avoir des regrets ? Un seul : « ne pas avoir franchi le pas 10 ans avant ! »

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

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