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La rupture d’un contrat d’apprentissage est le plus souvent la conséquence d’un conflit entre l’apprenti et son employeur

Par Centre Inffo

Un contrat sur quatre ne parvient à son terme. C’était le cas dès 1995 et cette estimation a été confortée au fil des années. Peu d’enquêtes ont pu déterminer les raisons de ces ruptures, qui sont “une problématique en creux” pour les pouvoirs publics.

Une étude du Céreq, intitulée “Jeunes et entreprises face aux ruptures de contrat d’apprentissage” et commandée par le ministère de l’Éducation nationale, permet de faire un premier état des lieux des causes de ces résiliations. “Un questionnement important dans le contexte actuel”, soulignent les auteurs. À partir de rencontres avec des jeunes ayant rompu leur contrat et des entreprises ayant affronté cette résiliation dans deux régions (Paca et Nord-Pas-de-Calais), ils ont pu tirer un certain nombre de conclusions sur les conséquences de ces ruptures. “Des constats parfois attendus, mais parfois plus étonnants.”

En général, les ruptures concernent surtout les contrats visant une formation de niveau V (22 %) et de niveau IV (15 %) et touchent les entreprises de petite taille. Certains secteurs sont également plus propices que d’autres : l’hôtellerie-restauration, les métiers de bouche, le bâtiment et le commerce “constituent, de façon quasi permanente, les secteurs les plus touchés”.

Quelles sont les raisons évoquées par les apprentis eux-mêmes ? Très souvent, un conflit avec l’employeur, indique le rapport, l’arrêt d’“un processus de dégradation”. Conséquence d’un mauvais choix en amont, d’un décalage entre la représentation du métier et sa pratique. Les employeurs évoquent de leur côté le manque de maturité des jeunes, des problèmes de savoir être, de motivation. Mais les résiliations peuvent être également dues à des problèmes de trésorerie, des opportunités de mobilité professionnelle et, parfois, au “détournement de l’usage de l’alternance par l’employeur”. D’autres raisons sont inhérentes à la formation : le jeune bloque par rapport à l’apprentissage théorique, l’employeur constate de mauvais résultats scolaires, etc.

“Un investissement reconsidéré”

Quant aux conséquences, il apparaît que la rupture “peut n’avoir que peu d’impact sur les pratiques des entreprises” et cela pour deux raisons : soit l’apprentissage est ciblé pour son effet d’aubaine et la rupture n’a pas d’effet, soit l’entreprise a “intégré la survenue de cette rupture et le turn-over est anticipé par les pratiques managériales”. La rupture est alors sans conséquence, “un événement de main d’œuvre”.

Dans d’autres cas, elle “peut inciter les entreprises à modifier, repenser la gestion de l’apprentissage et à favoriser un investissement reconsidéré, voire réaffirmé”. Ainsi, le recrutement peut être réétudié et se traduire par une sélection accrue ou par un changement de niveau de recrutement. Les auteurs ont également constaté un renforcement, dans certaines entreprises, de la qualité de l’accueil de l’apprenti, choix qui les conduits à développer la formation du maître d’apprentissage et à valoriser cette fonction.

Le rapport analyse par ailleurs les conséquences de cette rupture sur les trajectoires des jeunes qui, pour la majorité d’entre eux, occupent un emploi précaire. S’il souligne que certains apprentis n’ont pas pour autant rompu la formation (60 % sont dans cette situation en Paca), certains ont pu rompre plusieurs contrats et se retrouver dans un processus d’insertion très ralenti. 75 % affirment avoir connu des expériences diverses, contre 56 % pour les apprentis ayant été au terme de leur contrat. En revanche, “la rupture ne semble pas nécessairement porter préjudice à la qualité de leur insertion”. De plus, “la rupture d’un contrat d’apprentissage n’est pas en elle-même nécessairement un échec” et “n’entraîne pas fatalement une fracture dans le parcours de formation et dans le processus d’insertion professionnelle du jeune”.

Les auteurs de cette étude listent enfin quelques pistes de travail sur le développement d’une information “plus fiable et complète sur l’apprentissage”. Ils soulignent également la nécessité d’une meilleure implication des pouvoirs publics, évoquant notamment la place que pourrait prendre le Service d’inspection de l’apprentissage de chaque académie.

par Sandrine Guédon, Centre Inffo, 2012

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