Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > La formation des formateurs-consultants en nette croissance

La formation des formateurs-consultants en nette croissance

Par Centre Inffo

Activité de seconde partie de carrière, le métier de formateur-consultant indépendant accueille beaucoup d’anciens salariés. Si ceux-ci maîtrisent les compétences formation, ils sont souvent plus lacunaires en ce qui concerne l’ingénierie de services, la comptabilité ou encore la prospection commerciale. D’où la nécessité de passer par la case formation pour optimiser les chances de succès de leur nouveau projet professionnel.

JPEG - 70 ko
Françoise Laroye, directrice associée du Sipca-I2FC (DR)

La crise a entraîné une nette augmentation du nombre de professionnels indépendants de la formation. Une crise qui correspondait, d’ailleurs, avec un fort “gap générationnel” au sein de la profession, voyant une part non négligeable des formateurs freelances partir à la retraite. Certains voient dans la reconversion vers l’activité de consultant-formateur une voie de rebond après la perte d’un emploi salarié. Pour d’autres, c’est une fatalité, perçue comme une alternative au chômage de longue durée. Si le savoir-faire de ces reconvertis n’est généralement pas à remettre en cause, il n’en demeure pas moins difficile de quitter le salariat pour se lancer “en solo” sur un marché déjà concurrentiel, d’autant qu’à l’activité de formation proprement dite s’ajoutent désormais des fonctions de prospection commerciale ou de comptabilité.

Un diplôme de niveau licence

Autant de compétences qui ne s’improvisent pas et dont manquent souvent ces formateurs nouvellement arrivés sur le marché. “Une bonne formation générale, une solide expérience professionnelle et un bon réseau relationnel sont les principaux atouts de réussite dans la profession de formateur-consultant”, explique Françoise Laroye, directrice associée du Sipca-I2FC, le principal institut français de formation pour ces professionnels. Créé en 1954 et seul habilité à délivrer une certification de niveau II (niveau licence, reconnue par la convention collective des formateurs), cet institut parisien a vu ses effectifs de stagiaires grimper au fil des années, particulièrement depuis 2008. Profil des stagiaires  ? “Une majorité de demandeurs d’emploi souhaitant s’orienter vers cette profession, mais aussi des salariés venus au titre d’un Cif ou d’une période de professionnalisation”, décrit la directrice associée du Sipca.

Enseigner l’identité professionnelle du formateur-consultant

En moyenne, ce sont cinq groupes de quinze à dix-huit apprenants chacun qui, annuellement, viennent se former durant six mois (dont deux de stage pratique en entreprise) [1]. Quant à l’âge de ces étudiants particuliers, il oscille entre quarante-cinq et cinquante ans.
“Notre enseignement est pluridisciplinaire, souligne Françoise Laroye, outre les classiques cours de gestion administrative, comptable et de démarchage commercial, nous organisons des journées consacrées à l’environnement juridique du formateur indépendant, mais aussi à son identité professionnelle ou à la construction de son réseau.” Un dernier enseignement qui ne néglige pas l’aspect publicitaire de la promotion de ces professionnels, tant au format papier (plaquettes commerciales) que sur la toile (CV en ligne, gestion et animation d’un blog professionnel, etc.). “Nous travaillons aussi avec nos stagiaires sur l’offre de services qu’ils seront amenés à proposer dans leur cadre professionnel, ainsi que sur l’étude de marché à réaliser pour rendre leur projet viable, ajoute la directrice associée de l’établissement. Par ailleurs, nous avons créé des partenariats avec des cabinets d’outplacement ou Pôle emploi, pour les accompagner dans leur nouvelle carrière.”

Sélection drastique en amont, suivi renforcé en aval

La nouvelle carrière, justement. Six mois après leur formation, 75 % des ex-stagiaires exercent effectivement le métier de formateur-consultant et 50 % ont créé leur propre cabinet ou ont entamé les démarches pour le faire. Un résultat dont se félicite l’équipe pédagogique du Sipca, mais qui s’explique aussi par la sélection drastique en amont de la formation. “Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le tout-venant, reconnaît Françoise Laroye. D’une part, nous souhaitons nous assurer que le choix de carrière des candidats n’est pas un choix par défaut et qu’il correspond à une réelle ambition professionnelle. D’autre part, le renouvellement de l’agrément RNCP exige que nos résultats en termes de retour à l’emploi soient conformes aux objectifs fixés.” Aussi, l’institut a développé plusieurs outils pour permettre de suivre ses anciens stagiaires dans leur nouvelle carrière. Des évaluations à trois, six, douze et vingt-quatre mois sont organisées, tant pour évaluer le niveau d’emploi que de chiffre d’affaires des ex-apprenants. Lesquels peuvent également adhérer à l’association des anciens élèves (Faif), créée en 1997 pour bénéficier d’un réseau d’entraide et d’échange de pratiques.

Depuis les années 1980, près de 1 500 formateurs-consultants sont passés entre les murs de cet institut de la rue des Gobelins pour y apprendre leur métier.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2013
Extrait du dossier Les formateurs-consultants, armée de réserve de la formation professionnelle ?, B. d’Alguerre et K. Billy, L’Inffo Formation n° 828, 1er au 28 février 2013, pp. 15-22.

[1Depuis 2010, le Sipca propose, à destination des salariés en poste, un cycle d’alternance sur dix-huit mois (à raison de séminaires de deux ou trois jours par mois).

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement