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"La création d’entreprise n’a pas d’âge" (Prix Force Femmes)

Par Centre Inffo

Elles étaient au chômage à plus de 45 ans. À défaut d’avoir trouvé un emploi adapté à leurs compétences, elles ont décidé de monter leur entreprise. Elles ? Florence Pouzergue, Patricia Gros-Micol et Muriel Berradia, récompensées le 8 décembre dernier par la remise du Prix de la créatrice d’entreprise organisé pour la première fois par l’association Force Femmes.

Force Femmes

  • Plus de dix antennes dans toute la France ;
  • 300 bénévoles ;
  • 12 000 femmes accompagnées dans la création d’entreprise ;
  • 800 créations d’entreprises ;
  • deux entreprises sur trois créées dans les services humains.
    En France, seuls 30 % des créateurs d’entreprise sont des femmes. Force Femmes aide aussi les femmes de plus de 45 ans à retrouver un emploi salarié.

“Nous voulions donner envie en montrant des exemples. Ces femmes sont un peu des porte-flambeau ! Nous sommes ravies de cette première édition, et comptons bien renouveler l’expérience”, affirme Élise Moison, déléguée générale de Force Femmes, d’autant plus fière que les trois lauréates, en plus de la reconnaissance de chefs d’entreprise réputées, ont reçu du premier au troisième prix un chèque de 10 000, 7 000 et 5 000 euros.

Mais ce n’est pas tout. “Elles vont aussi bénéficier de l’accompagnement de nos partenaires qui vont mettre à leur disposition leurs compétences, leurs ressources humaines. Par exemple, Microsoft va offrir de la publicité gratuite sur des plateformes telles que MSN, ils vont aussi fournir des téléphones avec des applications entrepreneurs”, précise Élise Moison. Un joli coup de pouce, donc, que Force Femmes ne donne pas seulement une fois l’entreprise créée.

FLORENCE POUZERGUE : “TRÈS FIÈRE”

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Florence Pouzergue (DR)

“Je me suis sentie très fière de cette reconnaissance de mon travail par des professionnels”, se souvient Florence Pouzergue, 49 ans, qui a reçu le premier prix, accompagné d’un chèque de 10 000 euros. Cette ancienne responsable commerciale qui a travaillé plus de vingt ans dans les grands magasins a lancé Loulikids.com, un site qui permet de louer du matériel de puériculture, en avril 2011, après avoir été un an en couveuse d’entreprise. “Cette idée est née de mon vécu personnel : les week-ends avec des enfants en bas-âge, qui a envie d’embarquer tout son matériel avec soi ?” Loulikids permet de le réserver, et il attend les clients à la gare. Si Florence Pouzergue s’est trouvée au chômage, c’est une démarche volontaire de sa part puisqu’elle a négocié un licenciement pour monter cette entreprise. Elle est arrivée chez Force Femmes un peu par hasard, après avoir déjà travaillé six mois à son étude de clientèle. “Cela m’a beaucoup aidée à tous points de vue : notamment, je ne connaissais pas grand-chose aux nouvelles technologies ! Mais cela fait aussi du bien de se retrouver avec des personnes qui éprouvent ce que vous vivez, à un instant T.” Le placement de son entreprise en couveuse lui a permis de tester son projet pendant un an, et depuis avril, elle fait partie d’une coopérative. Une partie de ses bénéfices seront reversés à des associations d’aide à l’enfance.

“De l’énergie à revendre”

Cette association, fondée en 2005 par des femmes chef d’entreprise, répond à un besoin qui n’avait pas été comblé jusqu’alors. Toutes les femmes de plus de 45 ans qui sont inscrites depuis moins de deux ans au chômage peuvent frapper à la porte de la dizaine d’antennes de l’association, que leur projet soit déjà bien avancé ou aux prémices de sa construction. L’association propose des ateliers d’une demi-journée sur toutes les thématiques concernant la création d’entreprise. En parallèle, la porteuse du projet est accompagnée par une bénévole tout au long du processus. “L’idée est de les aiguiller et de les mettre dans les meilleures conditions. Le chef d’entreprise doit savoir tout faire : comptabilité, juridique, présentation de projet, marketing, etc.”

PATRICIA GROS-MICOL : “UN PROJET SOCIÉTAL”

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Patricia Gros-Micol (DR)

Handishare a été lancé voici tout juste un mois. Sa fondatrice, Patricia Gros-Micol, a reçu le troisième prix de la créatrice d’entreprise. De formation Sup de co, elle a travaillé dans le marketing puis en tant que directrice adjointe dans une société de valorisation des déchets végétaux. Après avoir écrit un livre sur un voyage humanitaire, Patricia Gros-Micol ressentait l’envie de monter un projet “avec un sens sociétal”. Le handicap, elle connaît, puisqu’elle a une maladie auto-immune. Licenciée en 2010, Patricia Gros-Micol ne voulait pas rester seule. Elle a une idée du secteur d’activité. L’association lui a apporté la “confiance en soi”, et lui a permis de “réellement réfléchir au projet”. Handishare, dont les salariés sont handicapés, propose des prestations de service bureautique et administratives aux entreprises.

Mais à ce titre, les femmes de plus de 45 ans ont plusieurs atouts dans leur manche. “Elles ont souvent plusieurs expériences, elles sont donc plus à l’aise sur le côté multi-casquettes du chef d’entreprise. De plus, elles ont un gros réseau, ce qui est primordial dans la création d’entreprise, d’ailleurs, elles sont souvent aidées par des personnes qu’elles ont rencontrées au cours de leur carrière.” Mais pour la déléguée générale de Force Femmes, “la création d’entreprise n’a pas d’âge. Il faut une bonne idée”.

Élise Moison se félicite de la sélection de ces trois projets “créés dans des secteurs tout à fait différents”. Ils ont d’abord été sélectionnés au sein des antennes régionales parmi quarante candidatures, puis au sein d’un jury national composé de partenaires de l’association Force Femmes et de journalistes. Reste que si les projets sont différents, les trois lauréates ont des points communs qui sont essentiels pour la réussite d’une entreprise : “Une forte personnalité et beaucoup de dynamisme, de l’énergie à revendre.”

MURIEL BERRADIA : “UNE BONNE FÉE !”

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Muriel Berradia (DR)

La fondatrice de la marque de produits de beauté Nuhanciam, dont la commercialisation a débuté en janvier 2011, n’est pas arrivée dans ce secteur par hasard. Après avoir évolué au sein de grands groupes tels que Nina Ricci ou Caudalie, Muriel Berradia souhaitait développer son entreprise en proposant des produits de beauté pour les peaux foncées, étant elle-même d’origine indienne. Au chômage en 2008, s’est offert une année sabbatique. “Je cherchais du travail, mais ne trouvais rien en tant que responsable d’achats. Je me suis dit que j’allais monter mon entreprise.” C’est à la suite d’un forum, à Paris, que plusieurs de ses amies lui ont parlé de Force Femmes. “Une semaine après, j’avais rendez-vous.” Muriel Berradia considère l’association comme “une bonne fée”, offrant l’opportunité “de rencontrer du monde, car il n’est pas évident de travailler toujours seule”. Chaque semaine, la future chef d’entreprise se rendait aux ateliers. Les 5 000 euros reçus avec le troisième prix de la créatrice lui permettront d’investir dans la communication, Nuhanciam étant déjà distribué dans 150 points de vente.

par Agathe Descamps, Centre Inffo, 2011

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