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La VAE célèbre ses 15 ans

Née avec la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002, la VAE a 15 ans. Les pouvoirs publics viennent d’annoncer leur volonté de la relancer, en la simplifiant. L’occasion de rappeler des problématiques très actuelles : formation "tout au long de la vie", c’est-à-dire aussi hors du cadre professionnel, certification, blocs de compétences ou encore référentiels.

Le “père de la VAE”. Ainsi a été appelé Vincent Merle, aujourd’hui disparu, qui fut directeur de cabinet de la secrétaire d’État à la Formation professionnelle, Nicole Péry, de 1998 à 2002. Il a effectivement inspiré la transformation – par la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 – de ce qui était alors la “Vap”, validation des acquis professionnels, en un dispositif plus riche et d’une plus grande portée.
C’est d’ailleurs la première édition des Journées Vincent Merle [1], organisées en janvier dernier par le Carif-Oref Aquitaine Cap Métiers qui a lancé cette année l’anniversaire de la VAE.

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Vincent Merle © Cnam-Inetop
Vincent Merle, ici en 2010. Disparu en 2013, il était un
pédagogue et un sociologue, auteur en 1999 du livre
blanc "La formation professionnelle, diagnostics, défis
et enjeux", dans lequel il développait son idée d’un droit
individuel transférable et garanti collectivement à la formation.

Pour développer l’accès à la VAE

Le site de la modernisation de l’action publique a mis en ligne le 10 avril dernier [2] des études commanditées par le SGMAP (secrétariat général pour la modernisation de l’action publique) sur la notoriété du dispositif de VAE auprès des salariés, des demandeurs d’emploi et des dirigeants d’entreprise. Raccourcir les délais de recevabilité pour les candidats à la validation, simplifier les démarches administratives, homogénéiser les pratiques d’évaluation par les jurys ou développer l’accompagnement sont au nombre des mesures annoncées. Elles doivent être mises en œuvre dès 2017 et en 2018, dans le cadre des “Nouvelles mesures pour simplifier la vie des Français” présentées à la fin du mois de mars.

“Objet d’un compromis social”, la qualification se définit “comme une appréciation sociale de la valeur des travaux et non comme un phénomène technique individualisé”, a réagi à cette présentation Gilles Schildknecht, chercheur associé au Centre de recherche sur la formation (CRF-Cnam) : “Le processus de qualification incorpore un jugement de valeur, qui s’exerce globalement et produit des effets collectifs.” Mais plusieurs mouvements ont impacté cette conception, poursuit-il, avec notamment la séparation entre détention de certifications et classification dans les grilles professionnelles, dans la plupart des conventions collectives. Sans oublier l’apparition des “blocs de compétences” avec la loi de 2014 sur la formation. 

Caractériser l’“expérience”

“Nous avons l’habitude d’utiliser le terme expérience au singulier mais cela ne va pas de soi de la caractériser”, observait José Rose, professeur de sociologie à l’Université d’Aix-Marseille, en présentant la table ronde “Certification et reconnaissance de l’expérience” organisée le 17 janvier dans le cadre des premières Journées Vincent Merle.
Il existe de nombreux modes de reconnaissance : reconnaissance de soi par soi (qui entre en jeu dans la motivation des personnes qui s’inscrivent dans la VAE), de soi par son employeur, par le système éducatif et par la société dans son ensemble. À chacun de ces “référents” de la reconnaissance se posent des problèmes concrets et très différents, en termes de lieu, de durée et de forme de la reconnaissance.

L’apparition des blocs de compétences

La loi de modernisation sociale de 2002 a également créé le Répertoire nationale des certifications professionnelles (RNCP). La certification, pour Renaud Eppstein, rapporteur adjoint de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP), constitue une des formes de reconnaissance de l’expérience, mais ce n’est pas la seule. Le RNCP permet de s’informer sur l’offre des diplômes accessibles par la validation des acquis. L’un de ses raisons d’être est de donner de la visibilité à cette offre.

Puis la loi de 2014 relative à la formation a introduit la notion de bloc de compétences, qui permet désormais d’affiner le lien entre VAE et certifications. Même si elle fait référence à une modalité de prise en charge de la formation (d’une partie de certification, donc d’heures de formation) par le compte personnel de formation (CPF).

Cette description du bloc de compétences peut avoir des effets inattendus sur la logique d’accès aux certifications par la VAE. “On voit qu’il existe parfois une désarticulation entre la notion d’activité et celle de bloc de compétences, observe Renaud Eppstein. Le certificateur n’a pas conçu ces blocs comme un découpage logique des compétences au regard du profil professionnel identifié, il l’a fait au profit d’une logique purement formative, pour répondre à des besoins spécifiques en termes de formation.”

La description des diplômes en blocs de compétences pourra faciliter la tâche, avec des référentiels relativement proches ou qui montrent un transfert possible entre métiers. Les secteurs peuvent être éloignés et développer des compétences similaires.

Pour Chantal Labruyère, chargée de mission au Céreq sur le volet gestion de l’offre de formations et de certifications, les blocs peuvent permettre à un candidat de montrer qu’il peut, “compte tenu de son parcours et sans tenir une cible métier”, prétendre à un diplôme visé. Des outils facilitant en amont sa démonstration. 

par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2017

Le portail de la VAE

Le portail VAE.gouv.fr, ouvert à l’initiative du ministère du Travail, rappelle que toute personne, quels que soient son âge, son statut et son niveau de formation, qui justifie d’une expérience en rapport direct avec la certification
visée, peut prétendre à la VAE. Cette certification qui peut être un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle doit être inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).
Conçu et alimenté par Centre Inffo, le portail répond à nombre de questions.
Comme par exemple : les diplômes, titres ou certificats de qualification professionnelle obtenus par la VAE sont-ils identiques à ceux obtenus par la formation ? Qui les délivre ? À qui doit-on s’adresser ? Comment la financer ? Comment est calculée l’année d’expérience requise ? L’employeur peut-il refuser une demande de congé VAE ? Quelles sont les obligations ? Ou encore : comment devenir membre de jury de VAE ?

[1Organisées au Centre régional Vincent Merle à Pessac les 17 et 18 janvier 2017.

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