Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > La POE séduit les entreprises

La POE séduit les entreprises

Par Centre Inffo

Créée par la loi du 24 novembre 2009, la préparation opérationnelle à l’emploi (POE) est depuis juillet 2010 intégrée à la réglementation de Pôle emploi. Ouverte à tout demandeur d’emploi et à tout type d’employeur, elle ouvre droit à des aides financières à la formation. Les entreprises apprécient.

Le “Jaune budgétaire” formation professionnelle 2017 en témoigne, la préparation opérationnelle à l’emploi progresse. Tant au niveau des POE individuelles (POEI) qui passent de 77 formations achetées par Pôle emploi en 2010 à 20 413 en 2015, que des POE collectives (POEC), qui passent de 1 073 en 2011 à 15 591 en 2015.
Pour les Opca, contributeurs majeurs du dispositif, cela représente aussi une augmentation forte avec une dépense passée de 63 millions d’euros en 2013 à 124 en 2014. À cela, plusieurs explications, parmi lesquelles les politiques publiques de l’emploi, mais aussi l’engouement des entreprises.

Intensif et efficace

Exemple avec les intégrateurs de solution “open source” (code source ouvert) Alter Way et Smile, qui ont tous deux mobilisé l’Open Source School, école informatique créée par des acteurs de la branche, dans le cadre d’une POE initiée fin 2016. Avec, semble-t-il, un succès certain puisque, composée de profils variés (une mère de famille en reprise d’activité, un homme qui n’avait pas la formation d’un développeur mais qui en avait fait un loisir, un autre ayant un profil de commercial...), toute la promotion a aujourd’hui trouvé un CDI.
L’Open Source School entend renouveler l’expérience et cette fois-ci doubler l’effectif. Géraldine Moreau-Luchaire, responsable recrutement chez Smile, confirme apprécier un dispositif qui “forme à un métier et sait être très opérationnel”. Accompagné par Pôle emploi, Smile a sélectionné quatre candidats sur la quarantaine proposée, aujourd’hui tous en CDI après avoir suivi une formation intensive de développeur PHP (un langage de programmation) de 400 heures, dont 70 en stage. Précisant qu’il a fallu “vendre le projet aux managers”, Géraldine Moreau-Luchaire confirme aujourd’hui estimer cette forme de recrutement qui garantit, selon elle, un haut niveau de motivation des candidats.

Même tonalité chez Alter Way, où la responsable du recrutement, Audrey Auber, indique sa grande satisfaction quant au profil des deux personnes recrutées en CDI au terme du même processus. “Plus que les compétences techniques, nous avons recherché le “matching” en termes de valeur, de personnalité et d’inscription dans la durée”, explique-t-elle. Et là encore, le profil atypique des candidats a permis d’accéder à des personnes “hyper motivées, motrices pour l’entreprise”. Preuve de la réalité de l’intérêt porté au dispositif, Alter Way envisage une nouvelle POE, cette fois-ci pour recruter des administrateurs système en charge de l’hébergement et de l’infogérance.

Un dispositif qui fait évoluer l’offre de formation

Calibrée pour répondre aux besoins réels des entreprises et des territoires, la POE s’affiche clairement comme un dispositif de nature à répondre à la problématique des métiers en tension. Ainsi des Laboratoires dermatologiques d’Uriage, qui se sont associés à l’Afpa, Pôle emploi et Opca Défi pour une action de formation à la conduite de lignes automatisées.

Mise sous pression par des objectifs de développement international et la création de nouveaux produits, l’entreprise a souhaité étoffer les effectifs de son pôle de production. Si les Laboratoires d’Uriage “embauchent régulièrement des collaborateurs en intérim pour pourvoir aux remplacements et aux pics d’activité, explique Marie Bottin, responsable recrutement et formation, en 2016, nous avons travaillé sur notre organisation industrielle et avons souhaité prendre un engagement et pérenniser l’emploi de nos futurs salariés”.
Résultat ? Deux candidats en CDD et quatre en CDI, en poste sur le site de conditionnement d’Échirolles, en Isère (38), après trois mois de formation adaptée en POE collective.
Conseillère entreprise à Pôle emploi, Sylvie Angelini explique l’“accompagnement personnalisé” apporté par l’opérateur : “Notre collaboration lors d’un précédent recrutement nous a permis de nous adapter à leurs besoins spécifiques, nous avons assuré la diffusion de l’offre d’emploi, la réception et présélection des candidatures.” Ainsi, ce “sourcing” de l’opérateur et de ses partenaires a permis d’identifier une vingtaine de personnes remplissant l’un des prérequis suivants : être titulaire d’un diplôme ou avoir une première expérience dans l’industrie ou détenir des compétences transférables.

Directeur de l’Afpa Isère, Dominique Bissuel a vu l’évolution d’une mesure “de plus en plus connue et de plus en plus appréciée des entreprises”. La raison du succès ? La POE répond bien aux attentes d’employeurs soucieux d’être accompagnés pour des recrutements opérationnels à la signature du contrat de travail. Précisément ce que propose la POE : “Au lieu de partir des référentiels de formation nationaux, on part des fiches de poste”, explique-t-il. À la clé, des programmes courts de deux à trois mois qui privilégient les compétences comportementales et les compétences génériques de base du métier, à charge pour l’entreprise de compléter ensuite par une formation technique adaptée aux spécificités de son activité.

Un dispositif individuel et collectif
La préparation opérationnelle à l’emploi peut être individuelle (POEI) ou collective (POEC). Dans le premier cas, il s’agit de pourvoir à une offre déposée par un employeur à Pôle emploi par la formation d’un demandeur d’emploi aux compétences proches de celles requises pour le poste à pourvoir. La formation peut être réalisée soit par un organisme de formation interne à l’entreprise, soit par un organisme de formation externe, sans possibilité de mixage.
La POE collective permet à plusieurs demandeurs d’emploi d’acquérir les compétences nécessaires pour occuper des emplois correspondant à des besoins identifiés par un accord de branche ou, à défaut, par un Opca. La formation des demandeurs d’emploi de moins de 26 ans peut avoir lieu dans un centre de formation d’apprentis (CFA).

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2017

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement