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La Bretagne inaugure l’expérimentation du service public régional de l’orientation

Après plusieurs mois de préparation en coulisses, l’expérimentation d’un service public régional de l’orientation (SPRO) destiné à remplacer l’actuel dispositif est enfin passée dans la lumière. Pilote de cette expérimentation conduite dans huit Régions, la Bretagne a salué l’événement par l’organisation d’un colloque, le 15 octobre à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), devant plus de 400 professionnels issus de tous les réseaux partenaires.

Mal accueilli par nombre de Régions et de professionnels de l’orientation, le service public d’orientation conçu par la loi du 24 novembre 2009 devrait donc enfin connaître un renouveau dans sa version remaniée par l’acte III de décentralisation. À charge pour les huit régions concernées d’expérimenter d’ici à septembre 2014 la mise en œuvre d’un service public régional de l’orientation, qu’elles devront « piloter, coordonner et animer ». Comme les Régions l’ont rarement hésité à le faire savoir depuis le vote de la loi, il ne s’agit pas de partir de zéro mais de relancer et de fixer de nouveaux objectifs aux complémentarités déjà mises en œuvre.

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Georgette Bréard (DR)

De la mise en réseau...

Ainsi de la Bretagne et de son réseau territorial de 350 Maisons de la formation professionnelle (MFP), déployé à partir de 2006 dans le cadre d’une « politique volontariste basée sur le partenariat et la coordination des acteurs de l’accueil, de l’information, orientation et accompagnement (AIOA) », rappelle Georgette Bréard. Intégré dès 2010 dans un processus d’orientation tout au long de la vie, le projet politique est renforcé par le CPRDF voté en 2011 qui voit la Région et l’État s’engager à inscrire le réseau des Maisons de la formation professionnelle dans le service public de l’orientation. L’impulsion suivante arrive en 2013, avec « la mesure 20 du pacte de compétitivité et la mesure I du plan Priorités Jeunesses qui proposent de créer un nouveau service public de l’orientation ». Ceci, afin de « répondre aux besoins d’accompagnement de chaque personne dans un objectif de développement social et économique des territoires », précise la vice-présidente de la Région. C.Q.F.D. : « dans ce contexte et dans la mesure où le projet de loi de décentralisation présenté en conseil des ministres le 10 avril dernier a défini le nouveau cadre du SPO organisé régionalement, nous avons répondu favorablement à la proposition interministérielle d’expérimenter la préfiguration du SPRO avec sept autres Régions ».

Citant la « charte de l’expérimentation » comme « socle de référence de l’engagement des acteurs », Georgette Bréard en énonce les « valeurs », à vrai dire peu éloignées des textes d’application de la loi du 24 novembre 2009 : « gratuité », « universalité », « égalité », « proximité d’accès », « neutralité », « objectivité » et, enfin, « respect de la personne ». Le tout, couronné par les « principes » fondateurs du réseau des Maisons de la formation professionnelle : « la valorisation dans un souci de complémentarité et non d’opposition du réseau et des structures partenaires, détentrices de compétences et de savoir-faire ».

Quid de l’État dans cette refondation ? « Surtout, [lui] laisser la définition de la politique d’information et d’orientation des élèves et des étudiants, ainsi que la politique d’accompagnement vers l’emploi relevant du service public de l’emploi », précise l’élue.

...à l’offre de services

Alors que la Région Bretagne dispose déjà d’un maillage territorial conséquent, reste à travailler l’offre de service en matière d’orientation. « Il faut se projeter », souligne Georgette Bréard, « la mise en réseau n’est pas suffisante, il faut aller beaucoup plus loin : développer l’égalité d’accès aux services », ainsi qu’ « être en capacité de définir le contenu et le niveau de service proposé par les différentes structures », ce qui suppose de « travailler les transitions » avec l’idée d’aller vers les « complémentarités d’action », insiste-t-elle. Interrogée en marge des rencontres, Laurence Jouan, directrice adjointe de l’égalité et de la formation tout au long de la vie en charge des questions d’orientation et de formation, évoque elle un SPO qui ne soit « ni de l’adéquationnisme, ni de l’orientation hors sol ». Et de préciser : « ce qui est nouveau, c’est de se diriger vers un SPO qui soit à la fois centré sur la personne et inscrit dans un territoire ».

Des contenus qui restent à préciser

Cette préoccupation, qui concerne l’ensemble des expérimentations régionales, interroge directement les contenus du service à rendre. Autant dire que pour les élus en charge de l’expérimentation du nouveau SPRO, il s’agit avant tout de ne surtout pas reproduire ce qu’ils considèrent comme l’erreur majeure du SPO version 2009 : avoir défini les procédures de mise en œuvre avant d’avoir suffisamment travaillé les contenus. Une tâche que la vice-présidente voit difficilement s’accomplir d’ici à la fin de l’expérimentation, prévue pour septembre 2014 : « la préfiguration ne permet pas d’apporter des réponses toutes faites, un tel challenge ne permet pas de s’exonérer de la problématisation, de travailler sur les concepts, les finalités, les principes et les frontières », prévient-elle. Évoquant l’« intelligence collective » à construire, Georgette Bréard conclut : « avec notre passé et notre habitude de travailler ensemble, nous réussirons, mais cela prendra plus d’un an ».

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

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