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L’expérimentation bourguignonne du CEP
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La Région Bourgogne a mis en place dès 2013 un service de conseil en évolution professionnelle (CEP). Objectif : permettre aux salariés confrontés à un contexte économique et social d’insécurité de bénéficier d’un temps et d’un accompagnement pour réfléchir à leur projet professionnel.

La Région s’est appuyée sur les Points relais conseil en validation des acquis de l’expérience (PRC VAE) « qui, par leur expérience et leur positionnement géographique, constituent le réseau le mieux adapté », souligne Fadila Khattabi, vice-présidente du Conseil régional de Bourgogne en charge de la formation professionnelle, dans l’éditorial de l’ouvrage consacré à cet accompagnement « sur mesure » des salariés mené pendant deux ans. L’enjeu du livre intitulé « Le CEP — L’activité des bénéficiaires et le métier des conseillers : deux ans d’expérience en Bourgogne » est de favoriser le rapprochement entre les initiatives régionales et nationales, ces dernières étant consécutives à l’instauration d’un CEP par la loi du 5 mars 2014 relative à la formation. Il faut noter que le CEP bourguignon et le CEP national divergent notamment sur l’offre de services. En effet, le CEP national comporte un niveau supplémentaire par rapport au CEP bourguignon qui s’arrête au niveau II, c’est-à-dire à la formalisation avec le salarié de son projet en évolution professionnelle (via une formation, une VAE…). Ce niveau supplémentaire consiste à accompagner le bénéficiaire jusqu’à l’ingénierie financière de son projet.

Professionnalisation des acteurs

Dans la mesure où la Région a favorisé un accompagnement « sur mesure », le principe de professionnalisation des acteurs du réseau des PRC s’est vite posé afin d’alimenter et d’enrichir les pratiques mais aussi de développer une culture commune. Dans l’ouvrage, Caroline Perrin, chargée de mission CET et VAE au C2R (Carif-Oref) de Bourgogne, rappelle que les conseillers des PRC ont bénéficié d’un dispositif de professionnalisation pour s’approprier ce nouveau métier.
Cette professionnalisation, axée sur l’information et l’acculturation des conseillers, s’est traduite par la rencontre avec différents partenaires (Opca, Opacif, Aract…) à même d’apporter des connaissances nouvelles ou d’actualiser celles déjà acquises par les conseillers, et ce, sur différentes thématiques (dispositifs existants, risques psychosociaux…). Dans sa phase initiale, comme l’explique Patrick Mayen, enseignant-chercheur à Agrosup Dijon, qui a dirigé l’élaboration du livre, les professionnels ont tout d’abord découvert et identifié le cadre politique institutionnel, réglementaire et organisationnel (Quels sont les enjeux et les finalités du CEP ? Quels sont les publics concernés ? Quelles sont les conditions pratiques du CEP ?), de ce qui est un nouveau droit pour des usagers. Cela constitue une nécessité « pour construire une connaissance et une compréhension de ce qu’est la situation de travail, son périmètre, ses limites, ce qu’il est possible et impossible de faire », indique Patrick Mayen.

Une "alliance de travail"

En outre, le travail de conseil est un « travail solitaire, sans feed-back, sous forme d’une intervention rapide sur la trajectoire de vie d’une autre personne », fait-il valoir. Il présuppose néanmoins la mise en place d’une « alliance de travail » entre le conseiller et la personne. Ce qui signifie que les deux acteurs ont ensemble un rôle à jouer, des buts communs à viser. Et suppose donc que le conseiller « en conduise l’explicitation et l’explication » : il rappelle le cadre, précise sa position et son rôle, expose les règles qui régissent l’interaction entre les deux personnes.

"Une certaine norme s’est dégagée de l’expérimentation"

Quant à la durée d’un entretien de CEP, elle ne peut guère être estimée a priori, avant que des professionnels et des usagers n’aient éprouvé les possibilités et les limites d’une durée donnée. Ainsi, en Bourgogne, la durée moyenne est d’environ une heure quinze et les personnes ont la possibilité de demander un deuxième, voire un troisième rendez-vous. Patrick Mayen observe que « cette durée s’est imposée dans et par l’exercice de la pratique ».
« Une certaine norme, ouverte, ajoute-t-il, s’est ainsi dégagée de l’expérimentation, autrement dit, de l’expérience réfléchie ». Il ressort surtout de l’expérimentation que c’est un processus d’adaptation et d’ajustement, de redéfinition et de réélaboration par les conseillers avec les usagers qui permet au CEP de réaliser ses intentions et ses principes.
L’expérimentation bourguignonne met à disposition de tous les acteurs le processus de découverte, d’appropriation, d’ajustement du CEP par les conseillers ainsi que quelques aspects de la définition et de la construction du métier de conseiller. Elle pourrait se poursuivre par d’autres biais, notamment un travail de coordination avec les cinq opérateurs nationaux du CEP (Pôle emploi, Cap emploi, Apec, Missions locales et Opca). Les auteurs du livre espèrent d’ailleurs que leurs témoignages pourront constituer une aide pour tous les acteurs engagés dans le dispositif.

par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2015

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