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Hélène Sigurani, décoratrice d’intérieur

Par Centre Inffo

Elle n’a pas encore atteint ses 40 ans qu’elle décide, volontairement, de se reconvertir. Un congé individuel formation, la prestigieuse École Boulle et quelques années plus tard, la voici passée de secrétaire médicale assistante dentaire à décoratrice d’intérieur. Aujourd’hui à son compte, elle vient de recevoir un prix "Coup de cœur de l’évolution professionnelle". Témoignage.

“Coup de cœur de l’évolution professionnelle en Savoie”

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Hélène Sigurani (DR)

Organisé par la Mife de Savoie [1], le premier “Trophée de l’évolution professionnelle” vient de décerner son “coup de cœur” à Hélène Sigurani, secrétaire médicale assistante dentaire devenue décoratrice d’intérieur. Comme dans bien des reconversions souhaitées, il s’agit là d’un retour aux sources avec une passion qui ose enfin devenir un métier. De sa formation initiale, la lauréate semble retenir le souvenir d’une orientation subie : “Je suis allée là où les études m’ont emmené, c’est-à-dire pas très loin”, raconte-t-elle. Par faute d’un passage refusé en seconde générale, malgré un “11 de moyenne”, ce sera la voie professionnelle avec un CAP de comptabilité et un BEP agent des services administratif et informatique. Tout le contraire d’un choix de cœur, mais tout de même le sésame pour une insertion professionnelle réussie. À la clé, vingt ans d’exercice en cabinet dentaire, carrière qui aurait bien pu se poursuivre jusqu’à la retraite. Mais l’évolution de la profession, défavorable à ses yeux, la conduit finalement à se questionner. Alors que ses proches étaient jusqu’à présent les seuls à avoir bénéficié de ses talents de décoratrice amateur, elle décide d’en faire son métier. Et part alors à la rencontre de professionnels pour s’assurer de la faisabilité de son projet.

L’ANPE assure le premier accueil, le Fongecif confirme la possibilité d’un congé individuel formation et, surtout, la Mife de Savoie, suggérée par une amie, prodigue l’accompagnement au long cours. Lequel se révèle tout aussi utile pour avancer de façon pertinente dans la construction de son projet que pour faire face à ce qui relève, parfois, du “parcours du combattant”. Déterminée à soigner sa demande de Cif, elle adresse un dossier de 100 pages composé du formulaire d’instruction et d’un book conçu spécialement pour l’occasion. Égaré à deux reprises par le Fongecif − elle se demande encore s’il s’agissait-là d’un test de motivation… Pas vraiment de nature à reculer devant l’obstacle, elle choisit un organisme de formation à 600 km de son domicile : “J’ai demandé aux architectes professionnels à quelle école ils seraient sensibles si je venais demain leur demander du travail, tous m’ont désigné l’École Boulle.” Ce seront donc quatre mois à Paris, après un entretien mémorable avec le Gréta des Arts appliqués : arrivée aphone pour cause de stress à l’entretien de sélection, elle voit la directrice adopter un filet de voix tout aussi inaudible dans le but de la mettre à l’aise…

Au terme de sa formation qui lui permet tout autant d’acquérir des techniques que de bénéficier de l’expérience professionnelle des intervenants, elle peut enfin franchir le Rubicon : démission et adoption du statut d’auto-entrepreneur. “Si c’était à refaire, j’irais apprendre les ficelles du métier chez un architecte”, reconnaît-elle. Et d’expliquer la difficulté de s’imposer en tant que femme dans un milieu jugé encore assez “macho” : “travailler en bonne harmonie avec les artisans, la plomberie, la maçonnerie, les plaquistes, …ce n’est pas évident”, estime-t-elle. Alors qu’elle s’apprête à rentrer dans sa cinquième année d’activité, elle affiche une clientèle composée à 90 % de particuliers et 10% de professionnels du secteur tertiaire. Ravie d’avoir retrouvé le sourire, elle “conseille à tout le monde de foncer et d’occulter peurs et inquiétudes : il ne faut pas se mettre de barrières, on a plus de capacités qu’on ne le croît”, assure-t-elle. Et d’avouer tout juste souffrir de “l’effet crise”. Ceci, d’autant plus qu’ayant choisi de “démocratiser” la décoration d’intérieur, elle ne prospecte pas une clientèle fortunée. Créative, elle travaille à compenser la solvabilité relative de son marché par l’innovation, en proposant par exemple des stages et ateliers à ceux qui ne peuvent financer une prestation globale.

Avouant des limites en matière de communication, Hélène Sigurani envisage maintenant de retourner en formation, cette fois ci pour suivre un stage de développement commercial proposé par une décoratrice du Nord de la France. Souhaitons-lui d’y trouver quelques pertinents conseils méthodologiques et astuces pratiques. Pour la communication verbale, nous nous rangeons à l’avis du ministre Thierry Repentin formulé à l’issue de la remise des Trophées : “Madame Sigurani nous a dit qu’elle avait du mal à parler mais, c’est un diesel, une fois qu’elle a démarré, on ne l’arrête plus…” Macho ?

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

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