Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > France/USA : deux modèles d’écoles de commerce

France/USA : deux modèles d’écoles de commerce

Par Onisep

Elles s’appelaient Écoles supérieures de commerce (ESC). Elles sont de plus en plus nombreuses à se rebaptiser à l’anglo-saxonne, Business Schools. Mais qu’ont à voir les écoles françaises avec les établissements des États-Unis, mère patrie du monde des affaires ? Décryptage.

JPEG - 24.4 ko
Didier Bouvet (DR)
Entretien avec Didier Bouvet, en charge du
développement à l’international
de Skema Business School

À 44 ans, Didier Bouvet connaît bien les deux "business models" des business schools, de part et d’autre de l’Atlantique. Actuellement en charge du développement à l’international de Skema, l’école de Sophia-Antipolis, il a vécu pendant près de 20 ans aux États-Unis où il a géré les admissions de l’université privée Roger Williams de Bristol (Rhode Island)

La grande école existe-t-elle aux USA ?

Les deux modèles sont différents. Ainsi, n’y a-t-il pas de classe préparatoire, ni de grande école élitiste. Ce sont des « colleges of economics », intégrés aux universités américaines.

Le modèle américain comprend deux étages :

  • Premier palier : Le bachelor s’étale sur quatre années. Les deux premières sont assez académiques, avec un patchwork de matières. Elles sont généralistes, avec des humanités, de la peinture, de la danse, du théâtre, de la finance… Un programme à la carte en quelque sorte. La spécialisation s’affirme à compter de la 3e année.
  • Second palier : Le Master of Science in management ou le Master of business administration affinent la spécialisation en un ou deux ans. Bien souvent, ils sont préparés en cours du soir, payés par l’entreprise, après deux ou 3 années d’expérience professionnelle. Les allers et retours entre formation et entreprise sont fréquents.

Il n’y a pas d’alternative au bachelor ?

Une autre voie est possible sitôt le bac, avec le community college . Il s’adresse à ceux qui ont besoin de revoir les bases avant d’entrer ensuite au « colleges of economics ». 80 % sont publics, donc moins onéreux.

Les études sont-elles professionnalisées ?

Les chambres de commerce et d’industrie (CCI) sont à l’origine du modèle français des écoles de commerce, proches du terrain, en contact permanent avec le monde de l’entreprise. Ce qui n’est pas du tout le cas aux USA. Les stages obligatoires sont très rares en bachelor. De même que l’année de césure n’existe pas. Si les cours sont moins théoriques, la professionnalisation est moins à l’honneur, tout simplement parce qu’elle s’acquiert après le bachelor. En France, les stages font partie du cursus.

Et la qualité des cours ?

Ce qui surprend souvent les « frenchies », ce ne sont pas les matières au programme, mais la façon de les dispenser. Ici, on prend en note. Le professeur assène son cours, sans remise en cause des élèves. Aux États-Unis, contredire, interpeler est autorisé. C’est même ce que l’on attend des jeunes. Et le prof de « les laisser dans la zone grise », à réfléchir par eux-mêmes. Il y a beaucoup de travail par ailleurs. Le prof ne donne pas tout.

Est-ce judicieux de partir, sitôt le bac, en « college of economics » aux États-Unis ?

Mieux vaut partir étudier en 3e et 4e années de bachelor. Les deux premières ressemblent beaucoup au programme de première et terminale. Néanmoins, c’est vrai que l’on voit de plus en plus de jeunes français titulaires du bac aller aux USA pour suivre un bachelor, en quatre ans, avant de revenir en France pour intégrer le programme grande école, via les admissions sur titre. La tendance est perceptible depuis 3 ou 4 ans. C’est sans doute à rapprocher du désamour des jeunes pour les classes prépa : leurs effectifs baissent de 3 % par an depuis plusieurs années.

Et si les Américains doivent en découdre avec un test d’évaluation pour entrer en université, c’est à géométrie variable pour les étrangers. Souvent, cela se limite à regarder les notes de terminale et vérifier le niveau en anglais.

Quel est le coût des études aux USA ?

Entre le logement, les frais à l’université, la vie étudiante, il faut compter un budget annuel de 40 000 $ US, soit 30 000 €. Cette trajectoire n’est pas accessible à tous. Avec le système de bourses, très développé mais également compliqué, la facture annuelle se monte facilement à 15 000 €, ce d’autant que toutes les universités n’octroient pas d’aide aux étrangers.

Pour limiter l’addition il est préférable d’opter pour une école française qui dispose d’un campus sur place. Le nombre de places accordées est bien supérieur à celui obtenu via un simple partenariat avec un campus américain.

Obtient-on une équivalence au retour ?

Avec 4000 universités, peu de monde connaît la cote des unes et des autres. C’est un flou artistique qui peut profiter largement aux étudiants qui tentent l’aventure seuls, sitôt le bac. À leur retour en France, leur bachelor leur donnera accès à un programme grande école français, que ce soit un bon ou médiocre bachelor.

Pour aller plus loin...

Écoles de commerce, collection Dossiers

Parution : novembre 2012.

par Onisep, 2012

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement