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Formation professionnelle

Ce n’est pas le volet le plus médiatique de l’affaire Cahuzac mais pas non plus la moindre des conséquences : le remaniement ministériel qui s’en est suivi aura conduit à la suppression du ministère délégué à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage. Belle occasion pour s’entretenir avec Michel Sapin, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social.

Questions à... Michel Sapin,
ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue Social

La disparition du ministère délégué à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage est perçue comme un « mauvais signal » par certains acteurs. Que répondez-vous ?
Depuis ma nomination le 16 mai 2012, je suis en charge de la formation professionnelle. Thierry Repentin m’a épaulé dans cette importante mission depuis juin et jusqu’à la semaine dernière. Il a été un talentueux ministre délégué à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage. Son implication est reconnue par l’ensemble des acteurs. Je reprends désormais totalement le pilotage de cette politique, en m’inscrivant dans la continuité des chantiers que nous avions lancés ensemble et je m’investirai pleinement dans cette mission. Le président de la République a annoncé à Blois le 4 mars une réforme de la formation professionnelle : peut-il y avoir meilleur signal de l’importance que nous accordons à cet enjeu ?

Est-ce le signe d’une réorientation des fonds de la formation vers la politique de l’emploi ?
Thierry Repentin et moi-même avons toujours conçu la formation professionnelle comme un outil majeur de la bataille pour l’emploi. C’est pourquoi, à la suite de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012, ont été lancés sur les territoires des plans d’action pour la formation des demandeurs d’emploi et des pactes pour la réussite éducative et professionnelle des jeunes, notamment les jeunes décrocheurs, en cohérence avec l’engagement du président de la République en faveur de la jeunesse. La nouvelle convention-cadre 2013-2015 conclue en janvier dernier avec les partenaires sociaux du Fonds paritaire pour la sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) oriente de même des ressources supplémentaires vers les personnes à la recherche d’un emploi, par exemple les jeunes qui entrent en emploi d’avenir.

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Michel Sapin - Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation
professionnelle et du Dialogue social (DR)

De manière générale, que répondez-vous aux voix qui s’élèvent pour dénoncer une politique gouvernementale qui n’envisage la formation professionnelle qu’à travers le prisme de la lutte contre le chômage ?
J’assume pleinement l’héritage de la loi fondatrice de juillet 1971, largement inspirée par Jacques Delors. La formation professionnelle poursuit trois objectifs : l’emploi, l’accès à la qualification et la promotion sociale et culturelle. Il est certain que dans un contexte caractérisé par plus de 3 millions de chômeurs, l’emploi devient prioritaire car il est la condition de toutes les autres réussites. Mais l’accès à la qualification pour ceux qui ont déjà un emploi est tout aussi important : il sécurise le parcours professionnel dans la durée et accompagne les promotions professionnelles et sociales. Regardez le compte personnel de formation créé dans l’accord du 11 janvier 2013 : il permettra à chacun de concrétiser de multiples projets d’évolution professionnelle.

Les salariés qualifiés ne sont-ils pas les oubliés de la future réforme ?
Les contours de la future réforme ne sont pas encore délimités même si le président de la République a fixé un cap : mieux orienter les ressources vers ceux qui en ont le plus besoin.
Notre objectif n’est pas d’opposer des catégories de publics entre elles, les qualifiés contre les non-qualifiés, les salariés contre les demandeurs d’emploi. Nous ne voulons pas non plus dégrader l’accès à la formation des salariés qualifiés, car ils apportent énormément à l’entreprise et, eux-aussi, ont besoin d’adapter leurs compétences, de progresser ou parfois de se reconvertir. La formation professionnelle est au cœur de la compétitivité de notre économie, et c’est une composante fondée sur la qualité, dont nous avons la maîtrise.
Mais nous sommes aussi animés par l’esprit de justice et de solidarité. La formation professionnelle doit sécuriser le parcours professionnel des plus fragiles. Elle est une clef pour un emploi durable et de qualité. Je pense particulièrement aux jeunes qui n’ont pas réussi à l’école, aux demandeurs d’emploi, aux salariés démunis face aux mutations économiques et technologiques. La formation professionnelle doit constituer pour eux une véritable nouvelle chance.

Sécurisation des parcours, décentralisation, emplois d’avenir, future réforme de la formation… De nombreux textes de loi touchent, en 2013, à la formation professionnelle. Pourriez-vous préciser le calendrier et l’articulation des réformes ?
La loi portant création des emplois d’avenir a été adoptée le 26 octobre 2012. Elle comporte en effet un volet exigeant en matière de formation professionnelle pour les bénéficiaires de ces emplois, qui sont majoritairement des jeunes sans qualification. L’objectif des emplois d’avenir est de « mettre le pied à l’étrier » de jeunes jusque-là laissés pour compte, mais aussi de leur permettre d’acquérir un bagage pour poursuivre leur carrière à la sortie du dispositif.
Quant à la loi de décentralisation et de réforme de l’action publique, elle sera présentée en Conseil des ministres le 10 avril prochain avant d’être examinée en première lecture au Sénat au mois de juin. Le processus parlementaire se poursuivra jusqu’au terme de l’année 2013. Décentraliser permettra de clarifier les compétences de chaque acteur, et d’assurer leur meilleure coordination.
La réforme de la formation professionnelle sera négociée, pour sa part, au second semestre 2013. Elle portera sur les dispositifs, leurs finalités et leur financement. Je veillerai soigneusement à la cohérence entre ces différents chantiers répartis dans l’année.

Propos recueillis par David Garcia, Aurélie Gerlach et Béatrice Delamer, Centre Inffo, 2013
extrait de l’article Apprentissage et formation : "un même texte portera les réformes", L’Inffo formation n° 831, 1er au 15 avril 2013, pp. 3-5

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