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Fongecif Île-de-France, côté cour et côté jardin

Par Centre Inffo

Le Fongecif Île-de-France a trente ans. Cette maturité rime avec environ 230 millions d’euros de collecte nette annuelle, 500 visiteurs par jour et 15 000 bénéficiaires de prises en charge l’année dernière. Retour sur un anniversaire.

10 heures, les portes s’ouvrent. Dans les locaux du boulevard Saint-Martin, à deux pas de la place de la République, une quinzaine de personnes sont déjà en rang, certaines portent de gros dossiers sous le bras. Elles se rendent dans l’établissement situé au cœur de Paris, avec des projets de formation plus ou moins aboutis ou des questions sur les conséquences du temps passé en dehors de l’entreprise pour se former, ou sur la prise en charge de leur financement. Deux d’entre elles attendent en discutant. La première, employée dans une PME de maçonnerie souhaite "franchir le pas" et monter une entreprise dans le même secteur. La seconde, commerciale, n’a pas vraiment de projet arrêté. En poste depuis dix ans dans une grande enseigne de vêtements, elle voudrait pourtant "faire une formation pour évoluer".

Le quotidien des conseillers

La première étape consiste à analyser le besoin de toutes les personnes qui ont franchi la porte, dans un lieu agrémenté par les plantes vertes, les baies vitrées et des espaces ouverts propices à la création d’un milieu convivial. Souriants, les conseillers, rodés à cet exercice, accueillent et orientent rapidement les salariés. Ce pré-diagnostic peut s’accompagner de réunions d’information collectives qui ont pour objet de préciser au salarié le contexte dans lequel sa formation peut être faite. Un numéro leur est attribué : leur dossier dématérialisé est déjà ouvert et les suivra jusqu’à la fin du processus.
À ce stade, le visiteur est prêt à être accompagné pour la deuxième étape, c’est-à-dire la construction du projet professionnel.
Les conseillers sont habitués aux différents profils : certains salariés ont déjà conçu leur plan avec l’aide de documentalistes, comme Raphaël, la quarantaine, qui travaille dans un magasin de ventes de livres et de CD et rêve de passer à un "métier dans l’énergie". Selon l’avancée du projet et le profil du salarié, le conseiller l’oriente vers un face-à-face personnalisé de trois quarts d’heure en moyenne avec un autre agent (on compte environ 70 000 rendez-vous annuels) ou vers une réunion collective qui peut durer deux heures trente. Par exemple, l’atelier « lettre de motivation » aide à structurer les arguments que le salarié va mettre en avant pour monter son projet. Toutes les questions qui se posent encore vont être balayées ; les conseillers prennent tout le temps nécessaire pour que le candidat puisse, à ce stade, évaluer la faisabilité de son projet professionnel.

La notion de « plan alternatif », à chaque étape

Troisième étape : le choix de la formation. S’il est encore présent aux côtés du salarié, le conseiller a pour objectif de l’éclairer sur le parcours, de l’aider à chercher les offres disponibles. Tous les conseillers restent préoccupés par le risque de rejet du dossier et il est nécessaire de sensibiliser les candidats à la formation à un indispensable « plan alternatif » (choix d’une autre formation ou d’un autre dispositif, information sur les opportunités d’emplois via les études réalisées en temps réel au Fongecif Île-de-France...). À ce moment, certains rêves s’écroulent, en particulier si les salariés se projettent dans une formation sans réelle perspective d’employabilité. C’est également à ce stade que le salarié peut prendre conscience des implications d’une formation sur son quotidien et sur son avenir, en particulier s’il se dirige vers un apprentissage très éloigné de son actuelle vie professionnelle. Le conseiller doit pouvoir préconiser d’autres stratégies pour évoluer. Le bilan de compétences reste une valeur sûre pour structurer un choix.

Une fois que le salarié a fait son choix de formation, il doit s’atteler à la demande de financement (quatrième étape). Les conseillers qui l’aident à ne pas oublier une pièce essentielle pour le dépôt de son dossier sont également sollicités par les employeurs et les organismes de formation.
Enfin, il reste au salarié à déposer son dossier, qui sera examiné en commission paritaire (une à deux réunions par mois, au moins quatre les mois d’été qui préparent la rentrée de septembre). Si la réponse est favorable, la cinquième étape sera mise en œuvre : celle du suivi administratif par un référent du centre du boulevard Saint-Martin,tandis que le candidat sera en phase de formation.

La célébration
En trente ans, le Fongecif Île-de-France a multiplié par deux cents le nombre de reconversions financées. Huit bénéficiaires sur dix sont employés ou ouvriers. "Des salariés souvent dotés de faibles qualifications, et issus de TPE ou PME. Le Fongecif leur a souvent évité de passer par le statut de demandeur d’emploi. Et un an après leur CIF, sept sur dix se trouvent dans une situation plus favorable", résume Vincent Pigache, président (CFDT) du Fongecif, lors du discours inaugural de la soirée institutionnelle d’anniversaire organisée par l’organisme dans ses locaux parisiens, le 25 juin dernier. Au cours de la soirée, ont été attribués quatre trophées à des bénéficiaires d’un CIF pris en charge : les trophées de la reconversion, de la création d’entreprise et de la VAE. Plus un prix spécial du jury (voir notre article). Des distinctions remises par Catherine Beauvois, conseillère technique du ministre du Travail, Hélène Pauty-Sauret, directrice de la formation au Conseil régional, Pierre Havet, président de l’ANDRH [1] Île-de-France, et Jean-Marc Germain, député PS des Hauts-de-Seine.

Dans les étages, le dossier suit son parcours

Au rez-de-chaussée, le ballet incessant des visiteurs, à différents moments de leur projet, pourrait presque faire oublier qu’à l’étage, les agents de la plateforme téléphonique font également un travail d’information. Quinze agents polyvalents répondent à 800 à 1 000 appels par jour en moyenne. 75 % de ceux-ci proviennent de salariés, employeurs et organismes de formation (les autres appels concernent le 3939 "Orientation pour tous"). De début janvier à mi-mars, les 10 appels quotidiens des entreprises qui concernent le dispositif "collecte", passent à 300. Mais ce sont surtout les salariés qui s’informent. Avec un grand classique : ils appellent depuis le métro ou dans la rue. “Nous leur indiquons qu’il serait plus agréable pour eux de prendre le temps de nous parler en étant tranquillement installés...”, souligne le responsable de la plateforme téléphonique. Avec des saisonnalités : “De septembre à janvier, beaucoup de personnes se posent des questions sur leur avenir professionnel, alors qu’août, novembre et décembre sont des mois plus creux...” En cas de “débordement”, c’est-à-dire d’un trop grand nombre d’appels, une autre plateforme, située non loin de Châteaudun (Eure-et-Loir) − hors d’Île-de-France −, prend le relais.

"Crédibilité, conformité, cohérence, opportunité"

Toujours dans les étages, le cheminement du projet se fait en plusieurs lieux stratégiques. Un service examine chaque projet et en dresse une note de synthèse à partir de quatre critères : crédibilité (connaissance du métier et confrontation du projet à la réalité), conformité (reconversion et attentes du salarié), cohérence (choix de la formation la plus adaptée par rapport au projet), opportunité (vision réaliste du projet par rapport au marché de l’emploi).
Il sert de document préparatoire à l’étape suivante : l’instruction du dossier. Dans une vaste salle de réunion, une commission paritaire se réunit une à deux fois par mois, avec un pic l’été, qui peut conduire les partenaires sociaux à se voir chaque semaine. Tout se décide dans le secret des débats : chaque dossier a entre 40 et 50 % de chance d’être accepté. L’avenir professionnel des candidats à la formation se joue dans ces commissions paritaires.

Pour un dossier sur deux...

Le chemin des 50 % de dossiers acceptés se poursuit dans le service "gestion" où sont suspendus des dossiers roses (pour les Cif-CDI), saumon (VAE) ou rouges (Cif-CDD). Les dix-huit agents du service gèrent chacune en moyenne 1 100 dossiers "vivants" (les projets à différents moments, du premier au dernier décaissement).
Mais le dispositif ne pourrait pas exister sans le service qui collecte auprès des entreprises 277 millions d’euros brut, soit de 231 à 214 millions d’euros net chaque année, de février à fin mai. Une collecte nette qui reste stable en dépit de la crise de l’emploi. L’équipe de vingt personnes est alors très active.
Plus tard dans l’année, elle surveille les niveaux de contentieux (entre 3 000 et 4 000 courriers par an !) et prépare la campagne de sensibilisation pour l’année suivante, en gardant un œil vigilant sur l’évolution législative. Son rêve ? Aller vers la télédéclaration, à l’instar des services fiscaux. Mais la dématérialisation nécessite une vraie réforme qui se met en place progressivement, dans la mesure où les 70 % de PME ou TPE qui abondent au fonds ne sont pas les plus enclines à l’adoption de ce nouveau système.

En trente ans, le Fongecif Île-de-France a financé 250 000 projets, tous dispositifs confondus. Ils étaient à peine 1 200 salariés à se renseigner en 1983. Ils sont aujourd’hui 86 000 à oser franchir le pas.

par Claire Padych, Centre Inffo, 2013

PRIORITÉS
14 000 dossiers Cif-CDI analysés, 7 350 retenus. En 2012, la durée moyenne d’un Cif était de 962 heures pour un coût moyen de 27 250 euros. Le Fongecif Île-de-France a choisi que soient traités en priorité les dossiers des salariés n’ayant jamais bénéficié d’un Cif, issus des catégories socioprofessionnelles les plus modestes, de plus de 40 ans, ayant un niveau de formation inférieur ou égal au bac et travaillant dans les TPE-PME. A fortiori si la formation choisie est diplômante ou certifiante à vocation professionnelle.

À consulter :

[1Association nationale des directeurs de ressources humaines.

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