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Florence Ghestem, des jardins familiaux au maraîchage bio

Par Centre Inffo

Portée vers la médiation et l’économie sociale et solidaire, Florence Ghestem s’est d’abord épanouie dans le développement local. À 40 ans et avec l’envie de « tester le pouvoir de décider », elle se tourne vers le maraîchage bio.

La rencontre a lieu au centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Saint-Ismier, au cœur de la vallée du Grésivaudan. Entre Belledonne et Chartreuse, la voilà sous un soleil printanier à nous expliquer son envie de poser ses valises. À l’écouter, il paraît clair qu’elle tourne moins le dos au développement local qu’elle s’emploie à l’expérimenter d’une autre manière.

Après avoir œuvré à créer les conditions de ce qu’elle espère pour la société, la voilà qui souhaite s’ancrer dans la terre pour créer les conditions de ce qu’elle désire pour sa famille. Les deux ne sont bien sûr pas à opposer mais pour en arriver là, Florence Ghestem a parfois joué l’un contre l’autre. Comme en 2005, lorsqu’elle entame un bilan de compétences avec l’idée d’en finir avec le développement local. « J’en avais assez des complexités partenariales et institutionnelles, je voulais faire avec mes mains. » Loin d’encourager le scénario d’une reconversion, le bilan conclut à une quête de sens tout à fait cohérente et recommande au contraire de se professionnaliser davantage. Ce sera une formation d’animateur de développement local au CFPPA de Digne Carmejane. Suivent de nombreuses missions et, peu à peu, une certaine spécialisation dans l’aide au développement de jardins familiaux de développement social.

Les mains dans la terre

Passionnée, elle n’en finit pas moins par être rattrapée par la fragilité économique des structures associatives et la bureaucratie qui pèse, selon elle, sur les enjeux d’intérêt général. Ajoutées aux limites d’un modèle qui peine à impacter l’alimentation des familles, les contraintes du travail salarié achèvent de lui donner l’envie d’un ailleurs : se former, avoir son propre jardin et produire.

C’est le retour en CFPPA, cette fois-ci pour un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole en maraîchage bio. Autre monde, autres enjeux et autres complexités : faute d’un projet d’installation suffisamment ancré dans le réel, elle n’a pas encore validé son diplôme.

Le problème, explique-t-elle, tiendrait à la pression immobilière qui s’exerce en vallée du Grésivaudan. Et sans foncier, difficile en effet de sortir de la fiction… Aujourd’hui salariée à mi-temps du CFPPA de Saint-Ismier sur une mission d’agent de développement, elle y représentera bientôt son nouveau projet : se « délocaliser » dans le Trièves, où elle se rend déjà chaque week-end pour commencer à tester culture de plantes aromatiques et cueillette de fleurs sauvages. Après avoir tant conseillé les autres, le temps d’expérimenter par soi-même est venu.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2017

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