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Euroguidance et ReferNet, “une façon de faire l’Europe”

Euroguidance et ReferNet fêtent respectivement leur 20e et 10e anniversaire. L’occasion de faire le point sur le rôle ces deux réseaux au sein de l’Union européenne en matière d’orientation et de formation.

Initié voici vingt ans par la Commission européenne, Euroguidance est un réseau qui regroupe 65 centres de ressources répartis dans 31 pays. Son objectif : développer la dimension européenne dans les actions d’orientation. En France, sept centres Euroguidance [1] sont coordonnés par l’agence Europe éducation-formation France (2E2F) : l’Onisep, Centre Inffo, le Carif-Oref Auvergne et quatre centres d’information et d’orientation (CIO de Strasbourg, Lille, Marseille et Lyon). En France, les ministères de l’Emploi et de l’Éducation nationale travaillent en collaboration avec l’agence.

“Notre public-cible, ce sont les conseillers d’orientation, avant tout un réseau de professionnels”, explique Laurent Lascrou, chargé de développement Europass-Euroguidance à l’agence 2E2F, “le fil rouge du réseau étant de développer la dimension européenne de la mobilité”. Ainsi, “les centres Euroguidance ont pour mission de promouvoir le rôle de l’orientation au sein de l’Union européenne, de donner des conseils sur la mobilité, avec une volonté forte : se confronter à l’autre pour voir ce qu’il se passe ailleurs”, énonce Laurent Lascrou. En effet, les centres Euroguidance informent les professionnels (mais aussi le grand public) sur les études et les formations accessibles en Europe, les systèmes d’éducation et de formation des pays européens, les opportunités de mobilité (y compris les stages en entreprise), les programmes européens (Europass, Éducation et formation tout au long de la vie, Tempus et Jeunesse), ainsi que les modalités d’installation dans un autre pays (recherche de logement, cadre juridique pour étudier, sécurité sociale, etc.). Le réseau facilite par ailleurs les échanges d’information entre les services d’orientation des différents pays de l’Union, au travers notamment de groupes de travail organisés sur différentes thématiques. Il existe également une plateforme d’information et de discussion, ainsi qu’un portail intitulé Ploteus (“Portail sur les opportunités d’études et de formation en Europe”).

Un “go between”
Centre Inffo est depuis dix ans membre du réseau. “Cette relation avec l’Europe est intéressante car elle permet d’être un go between entre les politiques européennes et leur mise en œuvre sur le territoire”, explique Régis Roussel, responsable de la mission Europe-international de Centre Inffo, et référent Euroguidance. “Cela permet de mieux comprendre ce que veut l’Union européenne, de faire connaître sa politique dans le champ de l’orientation, ceci afin de la mettre en œuvre dans notre logique nationale.” Par ailleurs, l’existence du réseau permet de lever certains freins : “L’avantage est de trouver des actions communes et de travailler ensemble. Notamment, pour produire des supports d’information communs, qui sont diffusés dans l’ensemble du réseau”, ajoute-t-il.

Chaque année un programme d’activités est déterminé par appel d’offres, transmis par l’agence 2E2F, “une simple formalité, une tacite reconduction”, reconnait Laurent Lascrou, puisque les interlocuteurs ne changent pas et que le programme “ne varie pas beaucoup”. Mais il s’agit tout de même d’un cadrage formalisé par l’Union européenne. “Un plan de travail est en effet proposé au réseau pour réfléchir à des mesures phares, toujours avec l’objectif de proposer une information pertinente et efficiente.”

Pour 2013, ce plan prévoit, entre autres, un travail en synergie avec le réseau ELGPN (European lifelong guidance policy network, qui vise au développement des politiques publiques en matière d’orientation dans chaque État membres) et le déploiement d’un didacticiel (enseignement en ligne) destiné aux professionnels de l’orientation. “Cet outil doit faciliter le premier entretien en donnant au professionnel les bons réflexes, avec les questions indispensables à poser pour accompagner les projets de mobilité”, précise Régis Roussel.

Malheureusement, “Euroguidance souffre d’être méconnu, y compris parmi les acteurs des AIO, qui sont pourtant les premiers concernés”, regrette le chargé de mission. Selon lui, le réseau pâtit également d’une autre difficulté : “Tout le monde parle de mobilité, mais peu de personnes en France en bénéficient. S’il n’y a pas de projet, les personnes ne vont pas aller rechercher des informations sur la mobilité.” Une situation qui se retrouve principalement dans les pays du sud de l’Europe. “Les pays du Nord sont en effet plus enclins à la mobilité. Un jeune sur deux la recherche.” Il est donc indispensable de communiquer et d’informer sur les possibilités offertes au sein de l’Union. Régis Roussel insiste : “Plus nous parlerons de mobilité en Europe, plus nous susciterons des envies.”

“Permettre à la Commission de travailler”
Quant à lui, ReferNet, système de collecte et de diffusion d’informations sur la formation et l’enseignement professionnels, a été créé voici dix ans. Piloté par le Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle), il est un outil d’information pour la Commission européenne. Les membres du réseau, un consortium par pays – Centre Inffo gère le consortium français – transmettent toutes les données sur leur système national de formation professionnelle (réformes, chiffres, actualité, rapports, etc.). Vingt-sept pays de l’Union y participent, auxquels s’ajoutent l’Islande et la Norvège. Les institutions proposées par les pouvoirs publics nationaux sont ensuite sélectionnées sur appel à propositions émis par le Cedefop, pour quatre ans. Chaque année, ils se repositionnent sur un nouvel appel à projets pour la réalisation d’un programme de travail défini par le Cedefop.

“Le réseau est important, car la Commission a besoin de ses informations pour élaborer sa politique et, surtout, rédiger ses recommandations à l’attention des États membres”, explique Sylvie Bousquet, coordinatrice de ReferNet au Cedefop. Ce dernier “digère” ces informations, fait des comparaisons et les transmet à la Commission. “Une manière de faire l’Europe !”, selon elle. “C’est une approche particulière qui permet de voir autrement notre propre système de formation, notamment parce qu’on doit l’expliquer à des non francophones”, observe Régis Roussel.
Il regrette cependant que ReferNet “soit passé d’une logique de partenariat à une relation commanditaire-prestataire”, alors que le Cedefop est “entré dans une logique propre à l’UE, très bureaucratique”. En dix ans, le réseau a franchi trois étapes dans sa construction. Selon Régis Roussel, “le Cedefop a fait évolué ReferNet car la demande de l’Union européenne a évolué”. D’abord réseau de documentalistes référençant toutes les productions écrites sur la formation professionnelle, jusqu’en 2002, il a évolué vers la rédaction de rapports et d’articles descriptifs des systèmes (téléchargeables sur www.centre-inffo.fr/refernet). “Depuis deux ans, le réseau a franchi une troisième étape, avec un nouveau rôle confié par la Commission, celui de lui rédiger des rapports plus politiques”, souligne Sylvie Bousquet. ReferNet est donc devenu un réseau d’experts qui “partagent leurs visions et leurs analyses” et dont les travaux sont de plus en plus pointus.

La coordinatrice souligne qu’en 2012, “le réseau a beaucoup travaillé sur sa visibilité et sur celles de ses partenaires” et qu’en 2013, “un travail sur la qualité des travaux sera mis en œuvre, afin d’avoir des rapports plus pointus et globaux”. Il s’agit, pour ReferNet, d’améliorer la lisibilité de ses travaux, c’est-à-dire de faire en sorte que les documents soient compris par tous. “Souvent les rapports sont flous, peu lisibles par un étranger au système national. Il faut que n’importe quel lecteur européen comprenne le système de formation d’un autre État membre !”, précise Sylvie Bousquet. En France, “tout le monde utilise les sigles et les Français ne comprennent pas que cela peut être gênant ! Il est nécessaire que la lecture soit claire et cohérente...”.

Ploteus
Le “Portail sur les opportunités d’études et de formation en Europe” a été réalisé afin de répondre aux conclusions des Conseils européens de Lisbonne et de Stockholm (mars 2000 et mars 2001), qui préconisaient la création d’un outil européen informant sur les opportunités d’emploi et d’études dans l’espace européen.
L’enjeu de Ploteus est de faciliter la libre circulation des Européens en leur fournissant les informations nécessaires à sa réalisation. Le travail d’identification et de classification des ressources d’information est confié aux Centres nationaux de ressources pour l’orientation professionnelle (CNROP-Euroguidance).

par Sandrine Guédon, Centre Inffo, 2012

À consulter

[1Centres nationaux de ressources pour l’orientation professionnelle (CNROP-Euroguidance).

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