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Être champion sportif et handicapé

Par Onisep

Jusqu’au 9 septembre dernier, des sportifs handicapés participaient aux Jeux paralympiques. Comment parvenir à concilier le sport de haut niveau et le handicap ? Rencontre avec Julien Héricourt, directeur sportif d’athlétisme à la fédération française Handisport. Des pistes, des conseils.

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© D. Echelard
"Faire du sport de haut niveau, c’est un vecteur
d’intégration pour les athlètes en situation
de handicap."

Comment devient-on sportif de haut niveau avec un handicap ?

"La plupart des athlètes ont participé à des événements "jeunes" (grands prix, jeux nationaux), mis en place par la fédération française Handisport. Ces événements pluridisciplinaires ouverts à tous les handicaps permettent de repérer les jeunes présentant un profil intéressant. Un athlète en situation de handicap peut venir dans une structure adaptée, avec un entraîneur formé et des créneaux horaires qui puissent lui convenir. Il lui faut une famille qui soit volontaire derrière pour l’accompagner et l’encourager. Ensuite, il pourra intégrer le circuit de compétition et participer à des championnats de France afin d’obtenir des minima de qualification pour des compétitions internationales, comme les Championnats du monde ou les Jeux paralympiques. Les critères de sélection sont très exigeants."

Un conseil pour les jeunes sportifs handicapés qui souhaitent continuer vers le haut niveau ?

"Il faut d’abord trouver un club à proximité de chez soi, avec des copains d’entraînement pour ne pas être seul dans un groupe avec des valides. Des athlètes en fauteuil peuvent difficilement s’entraîner en même temps que des valides. Nous avons des centres spécialisés, notamment à Garches, à Gonesse, où des professeurs d’EPS spécialisés dans le handicap ouvrent des créneaux d’entraînement en athlétisme, haltérophilie… En athlétisme, ils accompagnent les jeunes sur des compétitions où ils peuvent se mesurer aux athlètes de haut niveau. Il faut en moyenne 3-4 ans de préparation pour arriver à un niveau satisfaisant."

Au-delà des bienfaits qu’apporte le sport, qu’est-ce qui motive les athlètes à franchir les étapes ?

"La plupart des athlètes en situation de handicap font du sport pour prendre une revanche sur la vie. Ils ont tous des parcours différents. Faire du sport de haut niveau, pour eux c’est un vecteur d’intégration. L’athlétisme est un sport universel. La plupart des clubs d’athlétisme sont ouverts aux athlètes valides et handicapés. Cela motive le jeune à continuer, à suivre ensuite la filière de performances pour faire des compétitions nationales, puis franchir les barrières de notre pays pour aller rencontrer d’autres jeunes dans la même catégorie de handicap."

Certains deviennent-ils sportifs professionnels ?

"Il n’y en a pas chez nous à l’instar de sportifs en situation de handicap dans d’autres pays. Certains arrivent à subvenir à leurs besoins grâce à des contrats publicitaires (sponsoring) qui leur permettent d’acheter du matériel, afin de faire des stages, des compétitions en France, à l’étranger ou de rémunérer un entraîneur. La plupart travaillent, bénéficient d’un contrat qui leur permet, en accord avec la fédération et l’employeur, d’avoir des temps d’entraînement.

Pour bénéficier du statut de haut niveau, ces athlètes doivent être inscrits sur les listes ministérielles. Seules les médailles obtenues sur des compétitions à l’internationales leur permettent d’entrer sur ces listes et d’obtenir ensuite des aménagements spécifiques avec des bourses pour se préparer au mieux."

par Onisep, 2012

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