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En Allemagne, l’apprentissage est le “mode d’accès normal” à certaines professions

Par Centre Inffo

1,5 million de jeunes étaient
inscrits en 2010 dans un cycle
d’apprentissage en alternance en
Allemagne, soit environ 16 % de
la population âgée de 15 à 24 ans,
contre seulement un peu plus de
5 % en France (400 000 apprentis). Zoom.

La Dares (direction des statistiques
du ministère du Travail
français) vient de consacrer une
étude [1] au modèle “dual” − en alternance
− allemand, “de plus en
plus souvent présenté comme un
exemple à suivre en Europe”
.
L’étude précise d’ailleurs que
l’alternance constitue en
Allemagne “une filière à part
entière d’un système éducatif
fortement segmenté et, la
plupart du temps, la seule
voie d’accès à certains
métiers qualifiés”
. De plus,
en l’absence d’un mécanisme
de mutualisation
des coûts, la quasi-totalité
de la formation pratique y
est à la charge des entreprises.
Les partenaires
sociaux sont fortement
impliqués dans la régulation
de la formation.

Contrat validé par un organisme consulaire

Sur le plan de l’organisation institutionnelle,
la formation des
apprentis allemands se déroule
entre, d’une part, les “écoles
professionnelles”
, pour une formation
d’une durée d’au moins
douze heures par semaine (enseignement
des matières générales,
ainsi que les bases théoriques du
métier choisi) et, d’autre part, un
apprentissage dispensé en entreprise
à raison de trois ou quatre
jours par semaine. “L’apprenti
et l’entreprise sont liés par un
contrat validé par un organisme
consulaire [telle que, en France,
une chambre de commerce, de
l’artisanat, d’agriculture] qui engage
chaque partie à dispenser
ou à acquérir les connaissances
et les aptitudes requises par le
métier concerné. Ce contrat fixe la
durée de la formation et son contenu,
les modalités de licenciement
et la rémunération qui dépend des
conventions collectives en vigueur
dans la branche.”

Élévation du niveau des apprentis

L’étude relève par ailleurs
que “contrairement à la
France, où l’élévation du
niveau des apprentis s’explique
par une élévation du
niveau des diplômes préparés
en alternance, on observe
plutôt en Allemagne un phénomène
d’éviction des moins
diplômés par les plus diplômés
dans un contexte de rationnement
des places”.

En outre, plus d’un jeune sur cinq
ne va pas jusqu’au terme de son
contrat d’apprentissage. La majorité
des ruptures a lieu au cours de
la première année, dont la moitié
durant la période d’essai.

“Pas un instrument de la politique de l’emploi”

Autre caractéristique du système
allemand : “Trois ans après leur
apprentissage, plus de 70 % des
personnes sont en emploi.”
À ce
titre, la Dares souligne que ce résultat
peut paraître relativement
modeste par rapport aux résultats
enregistrés par le système
d’apprentissage français, soit
un taux d’emploi de 86 % trois
ans après la sortie de l’apprentissage.
Cependant, fait valoir
l’étude, “l’apprentissage en
Allemagne n’est pas réellement
envisagé comme un instrument
de la politique de l’emploi et de la
formation, mais plutôt comme le
mode d’accès normal à certaines
professions”
.

par Philippe Grandin, 2014

[1“Le modèle dual allemand, caractéristiques
et évolutions de l’apprentissage
en Allemagne.” Guillaume
Delautre, Dares, 36 pages.
http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/
pdf/DE_185.pdf

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