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Égalité professionnelle : au commencement était l’orientation

Par Centre Inffo

Comment attirer les filles dans les filières technologiques ou scientifiques ? Entreprises, écoles d’ingénieurs ou lycées professionnels multiplient les actions. Avec de faibles résultats à la clé…

Chaque année, à l’approche du 8 mars, journée internationale des femmes, le constat est le même : l’égalité dans l’accès à tous les métiers et les secteurs professionnels a bien du mal à s’ancrer dans la réalité… Les employeurs sont les premiers à regretter cette situation. En témoigne le réseau mixte So’Spie Ladies, créé par Spie [1] en 2015 avec, entre autres missions, l’augmentation des recrutements de filles. « Plusieurs fois par an, nous organisons des petits déjeuners dans des grandes écoles, des lycées et des collèges pour sensibiliser les élèves et les étudiantes à nos métiers. Il n’y a pas suffisamment de filles dans ces filières », regrette Alexandra Raimbault, responsable du développement des ressources humaines et du réseau So’Spie Ladies.

Les chiffres sont en effet sans appel. À la rentrée 2014, les filles représentaient 19 % des effectifs dans les CAP production contre 69 % dans les CAP services. Même constat pour les bac techno STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) qui accueillent 7,1 % de filles contre 69 % pour le bac techno ST2S (Sciences et technologies de la santé et du social). En lycée général, les filles représentent 46 % des effectifs en terminale S mais 78,9 % en terminale L, un choix qui a des répercussions sur les écoles d’ingénieurs où elles ne comptent que pour 28,4 % des promotions, selon la Cdefi (Confédération des directeurs d’écoles françaises d’ingénieurs).

Des clichés persistants

Parallèlement aux rencontres avec les collégiennes et lycéens, l’association Elles bougent, dont les membres sont originaires de grands groupes industriels hexagonaux (Airbus, Engie, Thales…) a lancé, il y a un an, le Challenge InnovaTech dans différentes régions françaises. « Pendant une journée, deux lycéennes, deux étudiantes en école d’ingénieurs et deux professionnelles conçoivent un projet autour de l’industrie du futur et le défendent devant un jury. Évoluant entre femmes, les participantes se sentent généralement plus à l’aise que dans les équipes mixtes et les filles gagnent confiance en elles », souligne Amélie Nicaise, directrice de la communication d’Elles bougent. L’initiative n’est pas neutre car le manque de confiance est souvent mis en avant pour expliquer la sous-représentation des filles dans les formations technologiques et industrielles. Mais ce n’est pas le seul problème… « Au moment de l’adolescence, à l’heure où les élèves doivent faire leur premier choix d’orientation, ils sont également influencés par le regard de leurs camarades », observe Françoise Vouillet, psychologue, professeur au Cnam et membre du HCE (Haut Conseil à l’égalité).

Les clichés des emplois faits pour les filles et des métiers pour les garçons ont la vie dure. Le ministère de l’Éducation nationale a d’ailleurs initié un module sur ces questions dans les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) pour former les futurs enseignants. Objectifs : faire évoluer les représentations chez les jeunes le plus tôt possible. « Reste qu’il n’y a pas de suivi dans sa mise en œuvre et les disparités sont grandes entre les Espe volontaires et les autres. De plus, il faudrait aussi pour que cette politique porte ses fruits, former les 900 000 enseignants déjà en activité », pointe la chercheuse. Un enjeu de taille compte tenu des créations d’emplois à la clé autour de la révolution numérique…

par Laurence Estival, Centre Inffo, 2017

À consulter :

[1Société spécialisée dans le génie électrique, mécanique et climatique, dans l’énergie, les réseaux de communication.

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