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Écoles de commerce - L’année de césure à l’étranger

Par Onisep

Les écoles de commerce sont de plus en plus nombreuses à permettre à leurs élèves d’interrompre leurs études un an pour faire des stages en entreprise. Une occasion que beaucoup saisissent pour engranger des expériences professionnelles à l’étranger.

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© Mosquito iStockphoto.com

De plus en plus fréquente

À Audencia, l’école supérieure de commerce de Nantes, l’année de césure est obligatoire. Tous les étudiants partent en stage en entreprise une année entière (de janvier à décembre) entre la 2e et la 3e année. "Cette césure permet de confirmer ou au contraire d’infirmer un projet professionnel avant le choix de la spécialisation en dernière année, explique Claude Lombard, directrice des études à Audencia. C’est aussi l’occasion de conforter son souhait de démarrer une carrière à l’international, ajoute-t-elle". Près de 35 % des étudiants de l’école nantaise en profitent pour partir en entreprise à l’étranger pendant une partie ou l’ensemble de la période.

Lorsque la césure est optionnelle, elle est choisie par un grand pourcentage d’élèves : 85 % à Grenoble École de management, par exemple. "Les 15 % qui ne la choisissent pas sont en alternance", précise Béatrice Nerson, directrice adjointe du programme grande école.

Préparer son départ

Si trouver un stage s’apparente à une première recherche d’emploi, en trouver un à l’étranger nécessite encore davantage d’efforts. Les élèves peuvent rarement compter sur les offres envoyées directement à leur école par les entreprises. Très peu concernent l’étranger. Et pourtant le nombre des annonces peut être très important (plus de 15 000 par an à Audencia).

Ils peuvent cependant s’appuyer sur le réseau des anciens élèves. Parmi eux, les écoles ont ce qu’elles appellent des "ambassadeurs pays", qui aident les promotions suivantes dans la recherche de stage ou de job.

Autre possibilité : s’adresser à des groupes français qui possèdent des filiales à l’étranger.

Dans tous les cas, les meilleures écoles assurent un accompagnement administratif particulier à ceux qui souhaitent partir à l’étranger : pour l’obtention du visa de travail, la souscription d’une assurance maladie, le décryptage du contrat de stage, etc. En s’appuyant notamment sur leurs "ambassadeurs". Car les législations locales peuvent être compliquées et les entreprises d’accueil pas toujours habituées à recevoir des étudiants internationaux.

Deux mois, c’est le temps qu’il a fallu à Léa Pigny (lire ci-dessous) pour trouver son stage à Hong-Kong, et deux mois supplémentaires pour obtenir son visa.

Des coûts supplémentaires

Pendant l’année de césure, les étudiants ne versent pas de frais de scolarité à leur école, mais seulement des frais administratifs (qui tournent généralement autour de 500 euros). Mais pas de répit pour autant. Partir à l’étranger donne souvent lieu à des dépenses importantes. Au billet d’avion, s’ajoutent les frais d’obtention du visa. Et selon la destination, le logement peut être très cher. Les plus chanceux verront le coût du voyage pris en charge par l’employeur et toucheront des indemnités de stage presque équivalentes à un salaire. Mais c’est loin d’être une généralité.

Et après ?

Même si le retour est parfois difficile, il est toujours gagnant. "Les étudiants reviennent transformés. Grâce à la césure, ils peuvent fixer le cadre de travail qui sera le leur, au moins au début de leur carrière. En France ou à l’étranger", défend-on à Audencia.

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Léa Pigny (DR)

L’expérience de Léa Pigny, en dernière année à Audencia Nantes, partie 6 mois en stage à Hong Kong

Pourquoi avoir fait ce choix de partir ?

Parce que la filière que j’avais choisie à Audencia (Audit et expertise comptable), ne comprenait pas de semestre d’études à l’étranger et que je voulais vraiment avoir une expérience à l’international pendant mes études.

Où avez-vous fait ce stage ?

Dans une filiale du Groupe français Richemont à Hong-Kong, spécialisée dans le luxe. J’ai rejoint le service Finance qui comptait 10 personnes pour une mission en contrôle de gestion. De toutes les entreprises que j’avais prospectées, c’est celle qui me proposait la mission la plus intéressante.

Comment avez-vous trouvé votre stage ?

Grâce à un ancien diplômé, « l’ambassadeur » de l’école à Hong-Kong. Il a transmis ma candidature à la directrice financière de l’entreprise qui m’a accueillie et qui, elle aussi, était française. Elle est devenue ensuite mon maître de stage.

Votre mission ?

Je participais à un audit interne des boutiques. Je devais vérifier les stocks, les comptes et que la politique commerciale du groupe Richemont était bien appliquée (les promotions, les remises…).

Comment ça s’est passé ?

Les débuts ont été un peu déstabilisants, tant la distance culturelle était grande avec mes collègues chinois. Il n’y avait ni bonjour, ni au-revoir. Les premières semaines, j’ai fait des erreurs, car je n’osais pas poser de questions. Puis progressivement, la glace s’est brisée et nous avons mieux communiqué.

Vous utilisiez quelle langue ?

Nous parlions tous anglais, ce qui ne me posait pas de problèmes, car j’avais un bon niveau avant de partir. J’étais allée en classes européennes au lycée, j’avais fait beaucoup de langue en prépa éco et je venais de suivre un semestre 100 % en anglais à Audencia.

Comment étiez-vous logée ?

J’étais en colocation avec un Chinois et un Américain, ce qui m’a permis d’agrandir mon réseau sur place. C’est très facile de communiquer à Hong-Kong. Les gens viennent de partout ! D’Amérique latine, d’Australie, des Philippines… J’en ai profité pour visiter les alentours. Quand on pense à Hong-Kong, on imagine tout de suite un paysage très urbain. Or j’ai découvert plein de petites îles magnifiques, avec des plages splendides. J’ai aussi fait quelques randonnées en montagne.

Et financièrement, comment avez-vous fait ?

J’ai obtenu une bourse par la fondation Audencia de 3 000 euros, qui m’a bien aidée. Car je ne gagnais que 550 euros par mois, l’équivalent de mon loyer. Le logement est encore plus cher à Hong-Kong qu’à Paris. Le billet d’Avion m’avait coûté 800 euros.

Le bilan de cette expérience ?

C’est à coup sûr une expérience enrichissante, professionnellement, mais aussi sur le plan personnel. Et puis ça fait grandir, car en plus de s’adapter à un nouvel environnement, il faut se prendre en charge de A à Z : trouver des billets d’avion, un appartement, etc.

Et le retour ?

Plutôt difficile. J’ai atterri en France un 24 décembre. Il faisait gris et froid, alors que je quittais une saison très douce à Hong-Kong. J’avais plein d’images en tête et j’étais très triste de quitter tout le monde ! Ça m’a vraiment donné envie de repartir, de découvrir d’autres pays, de rencontrer d’autres personnes !

par Onisep, 2014

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