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Deux “Fermière” sur le podium

Par Centre Inffo

Entre la responsable logistique et la responsable production de l’entreprise de produits laitiers La Fermière, l’Agefos-PME Paca n’a pas voulu trancher : toutes deux candidates au Prix de la professionnalisation organisé par l’Opca interprofessionnel, toutes deux lauréates. Non pas que leurs carrières se ressemblent ou que leurs missions se conjuguent à l’unisson, mais plutôt une façon de témoigner de la diversité des excellences.

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Chrystelle Budin et Laurence Pauchet reçoivent
le prix Agefos-PME PACA de la professionnalisation

Deux parcours reconnus

Réunies sur le podium, Chrystelle Budin et Laurence Pauchet avaient jusqu’alors cheminé chacune de leur côté. La première n’a quitté la Corse que pour tenter de devenir dentiste, la seconde a grandi dans les quartiers Nord de Marseille et se rêvait reporter-photographe.
L’une et l’autre ont dû revoir leur orientation et su trouver de nouvelles motivations. Ainsi de Chrystelle Budin, 32 ans, qui au prix d’une mobilité géographique sans faille, a finalement décroché un master en agro-alimentaire et gravi les échelons dans le domaine Qualité Sécurité Environnement. De la TPE au grand groupe, elle aura pu apprécier l’éventail des tâches avant d’intégrer La Fermière, en 2011, sur une mission de responsable sécurité. Passée maître dans l’art d’exploiter les marges de sa fiche de poste, elle est aujourd’hui devenue responsable production.

Très tôt intéressée par la gestion des stocks alimentaires, Laurence Pauchet, 43 ans, choisit d’abord la restauration collective avant qu’un licenciement économique ne confirme via un bilan de compétences son attrait pour la logistique. Embauchée à La Fermière pour assurer en remplacement la responsabilité du service expéditions de ce qui n’est alors qu’une entreprise régionale, elle se voit confier la logistique lorsque s’affirme la vocation nationale. Entrée dans la société quand celle ci comptait plus de trois fois moins de salariés qu’aujourd’hui, Laurence Pauchet doit faire face à une crise de croissance qui place l’entreprise en plan de sauvegarde. Compétente mais menacée dans son employabilité par l’absence de diplôme en logistique, elle décide alors de passer une licence professionnelle Management logistique opérationnel en milieu industriel. Et plutôt que de se tourner vers la VAE, choisit la formation continue pour bénéficier des cours et, surtout, d’un réseau : “C’est important d’avoir un réseau social professionnel pour pouvoir partager ses expériences, et ce réseau là, à
part mes prestataires de services, je ne l’avais pas parce que je n’avais pas de collègues de formation, chose que j’ai aujourd’hui”
, se félicite-t-elle. Autorisée à s’absenter les vingt-huit jours nécessaires sous réserve de maintenir son travail, Laurence Pauchet ne cache pas l’ampleur de l’investissement personnel mais dit aussi tout le profit qu’elle a retiré de ses efforts.

Un Prix… pour les autres

Alors que le Prix de la professionnalisation leur a été remis par Françoise Rastit, déléguée régionale aux droits des femmes et à l’égalité, Chrystelle Budin tient à rappeler que l’égalité ne va pas de soi : “Ce n’est pas toujours évident pour une femme qui approche la trentaine de faire valoir en entretien que l’on est une personne et pas une future mère, je suis passée à côté de beaucoup d’opportunités à cause de mon sexe et de mon âge, c’est assez injuste”, dénonce-t-elle.

Très engagées dans leur vie professionnelle, les deux lauréates ne s’en mettent pas moins en retrait lorsqu’on les interroge sur le sens de leur prix, pourtant individuel. Pour Chrystelle Budin, c’est avant tout la satisfaction d’augmenter le budget formation de l’entreprise grâce au chèque remis par
Agefos-PME Paca. S’avouant sans ambages beaucoup plus émue par sa licence que par son Prix, Laurence Pauchet serait, elle, ravie de faire des émules : “Si cela pouvait motiver des gens de mon âge à reprendre
une formation, cela aurait un intérêt... On a encore du potentiel passée la
quarantaine !”
, encourage-t-elle. En phase de réflexion sur son avenir après une année bien remplie, Laurence Pauchet n’a pas encore défini l’orientation qu’elle souhaiterait désormais donner à sa carrière. Chrystelle Budin continue elle à penser évolution : “Mon but, c’est d’aller vers plus de terrain et d’évoluer sur les différentes facettes de ma mission. Même si je suis assez autonome, je pense qu’il y a une grosse marge de progrès et que les prochaines années seront bien occupées à compléter tout le panel de compétences que demande le poste de responsable production”. Et quand on lui demande si cela augure d’un retour prochain en formation, celle qui, armée d’une solide formation initiale, n’aura fait que de brèves incursions en formation continue, rappelle la pertinence de la formation informelle : “Que
ce soit par le management, le terrain ou les différents services qui apportent chacun une petite touche à l’édifice, on est chaque mois un peu plus riche !”
, insiste-t-elle.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

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