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Des "écoles de production" appelées à se développer

Par Centre Inffo

Elles existent depuis 1882 mais ne sont que 12, à accueillir près de 600 jeunes chaque année qui obtiennent à près de 90% leurs diplômes et, mieux encore, un taux de placement en entreprise proche de 100%. Elles ? Les « écoles de production »...

Jean-Claude Carle (DR)Alternative à l’alternance encensée par Anne Lauvergeon, présidente du fonds Agir pour l’insertion dans l’industrie (A2I), le concept des écoles de production pourrait bien connaître un renouveau à la suite d’une proposition de loi présentée au premier trimestre 2012 par le sénateur de la Haute-Savoie Jean-Claude Carle (UMP). Objectif des sénateurs : fournir un cadre juridique à même de permettre le développement d’un modèle pédagogique méconnu, qui « se révèle être un levier sûr et éprouvé pour conduire des jeunes en situation de rupture scolaire, voire sociale, vers l’emploi durable ».

« Cette proposition de loi est une bonne chose », commente Christophe Girard, délégué général de la Fédération nationale des écoles de production (Fnep) : « entre les lycées professionnels et les CFA, nos écoles ne sont ni connues ni reconnues et l’absence de cadre juridique entraîne de nombreux problèmes administratifs qui freinent notre développement », explique-t-il. Lever les obstacles à un déploiement accru des écoles de production est justement l’objectif des sénateurs au travers des six articles de la proposition de loi qui, au-delà d’une reconnaissance juridique, visent à favoriser un éco-système financier favorable. Ainsi par exemple de l’article 4, qui introduit l’exonération totale ou partielle de la taxe d’apprentissage pour la clientèle des écoles de production, ou de l’article 6, qui permettra aux élèves de bénéficier le l’aide à la scolarité et des bourses nationales, « ce qui n’est pas le cas aujourd’hui alors que 75% de nos élèves pourraient y prétendre », souligne Christophe Girard.

Proche du modèle de l’apprentissage en apparence, les écoles de production s’en distinguent par une pédagogie qui intègre en un même lieu enseignement théorique et activité de production. Conduite en lien avec un « maître-professionnel », celle ci s’apparente à « une mise en situation professionnelle réelle, par la réalisation de commandes aux conditions du marché pour des clients industriels ou particuliers ». Soit une mise en situation du jeune qui constitue « l’essentiel de notre pédagogie », commente Christophe Girard : « en réalisant de vraies commandes, le jeune voit l’utilité de ce qu’il fait et est obligé de se conformer à un haut niveau d’exigence puisqu’il doit produire une pièce parfaite répondant aux conditions du marché ». Et de développer : « non seulement ce qu’il fait en production prend du sens, mais l’apprentissage des maths et du français s’en trouve facilité car ces matières sont directement reliées à ce qu’il fait tous les jours. De plus, le jeune étant sur place, nous ne sommes pas obligés de lui faire suivre une semaine de cours théorique avant d’alterner avec des périodes pratiques. Et surtout, le maître-professionnel travaille AVEC le jeune », insiste-t-il : « en mettant son honneur professionnel dans la réussite de la pièce qui sera livrée au client, il transmet le métier et les compétences mais développe aussi les savoir-être du jeune ».

Commentant les résultats exceptionnels ainsi obtenus en termes de qualification et d’insertion, le délégué général de la Fnep rappelle que le public des écoles de production est pourtant composé à 90% de jeunes en difficulté avec l’enseignement traditionnel, qui sont souvent délaissés de l’alternance classique : « du fait de la nécessité de trouver un employeur, l’apprentissage est un système élitiste dans lequel les jeunes bien dans leurs baskets seront toujours préférés. Nous, n’effectuons pas de sélection particulière sur le dossier scolaire, sauf quand il s’agit d’écarter des jeunes susceptibles de comportements dangereux avec les machines », assure-t-il. Si en revanche, à la différence des jeunes apprentis en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, les jeunes des écoles de production restent des élèves non rémunérés, Christophe Girard rappelle que le fruit de la production est réinvesti dans les écoles, permettant ainsi la « gratuité ou quasi-gratuité [1] de la scolarité alors qu’il s’agit d’établissements privés hors contrat ».

Insistant en conclusion sur le taux d’insertion proche de 100% sur des emplois durables, Christophe Girard assure également avoir « une forte proportion de jeunes qui montent leur propre entreprise au bout de quatre ou cinq ans ». Et de se réjouir de la performance alors que, rappelle-t-il, « les jeunes qui arrivent chez nous présentent pour la plupart un niveau de confiance en eux extrêmement bas ».

Déclarées au rectorat de l’académie, les écoles de production accueillent tous les jeunes, dès 14 ans, pour des formations diplômantes dans cinq secteurs (art, automobile, industrie, services, bâtiment). Un minimum de 60% de l’horaire total est consacré aux heures de formation en situation de production.

Le site de la Fnep

Témoignage vidéo de l’école de production Boisard (Vaulx-en-Velin)

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

[1Certains élèves s’acquittent de frais de scolarité pouvant aller jusqu’à 500 €.

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