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Delphine Chartron, VasiMimile !

Par Centre Inffo

Et ta grand-mère, elle fait du vélo ? Oui et elle était couturière ! Voilà pour la généalogie de Delphine Chartron, 39 ans et chef d’une entreprise sociale qui revisite la protection des cyclistes.

L’allure nonchalante, je suis doublé par une cycliste à l’air pressé qui, remarquant mon gilet de protection, me lance : « C’est moi la créaaatrice !!! » J’accélère, le temps de répondre : « Et moi, j’ai rendez-vous, ... avec vous ! » Hasard des pistes cyclables, telles sont les circonstances de ma rencontre avec Delphine Chartron, créatrice d’accessoires de visibilité pour cyclistes urbains. Objectif : en savoir plus sur une drôle de jeune femme, ingénieure de formation qui a tout plaqué pour tenter de rendre moins moches les cyclistes. Sur mes épaules ce jour, le produit phare : la chasuble Izocel, infiniment plus pratique qu’un gilet standard et fabriquée localement avec la participation de travailleurs handicapés. Le concept pourra paraître un brin "bobo", il convainc chaque jour davantage de particuliers comme d’institutionnels – le Département de l’Isère vient de commander 2 000 brassards à destination d’élèves de 6ème –, séduits par la globalité du projet : répondre de manière pratique, esthétique et socialement responsable au besoin de visibilité des adeptes de la circulation douce en terrain hostile. D’abord baptisée Paulette on the moon, nom jugé trop repoussant pour ces messieurs, l’entreprise devient VASiMIMILE : la sécurité est un sujet sérieux que l’on peut endosser avec humour !

Des compétences en interne sur des postes clés

Ce sens de la communication, Delphine Chartron l’a d’abord expérimenté durant dix années de vie professionnelle dans le milieu de l’environnement, sans lien avec le vélo qui a pourtant très tôt compté. « Je me souviens encore de la sensation de liberté le jour où j’ai enlevé les roulettes », s’amuse-t-elle. Et c’est bien cette même liberté qui lui fait franchir le pas lorsque surgit, en 2013, l’idée d’habiller autrement les cyclistes. Après avoir testé ses idées sur la machine à coudre familiale et impliqué le fonds participatif Ulule, résolue à ne pas laisser ses valeurs de côté, elle embarque deux Esat, une entreprise adaptée et un atelier d’insertion dans l’aventure. Parce que produire en France a un coût, elle se sent aujourd’hui face à un seuil et s’apprête à embaucher un responsable de production : « Quelqu’un qui m’aidera à rationaliser et structurer la production et, surtout, me dégagera du temps pour vendre et créer », espère-t-elle. Le plus important ? « Avoir des convictions, poser un minimum de jalons quand on a une bonne idée et y aller. » Avec un peu de sérénité dans les sacoches, celle qui est devenue chef d’entreprise par la force du projet en est sûre, elle va continuer d’avancer, « un coup de pédale après l’autre... »

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

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