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De Bordeaux à Francfort, les apprentis misent sur la mobilité

Par Centre Inffo

À Pessac, près de Bordeaux, nous avons rencontré de jeunes apprentis de retour de mobilité. Enthousiastes.

JPEG Des étoiles plein les yeux. À croire que la mobilité a contribué à changer ces apprentis en profondeur. Au CFA de l’INHNI, organisme de formation du secteur de la propreté, de l’hygiène et de l’environnement, à Pessac, tout près de Bordeaux, deux membres de l’équipe pédagogique montent depuis deux ans un projet visant à faire partir les apprentis volontaires en Allemagne chaque année. Trois semaines pour découvrir la vie en entreprise chez les voisins germaniques. « Nous avons lancé un partenariat avec des confrères à Francfort pour permettre la mobilité de nos apprentis. Grâce à une enveloppe de l’agence Erasmus + combinée à des financements régionaux, nous couvrons l’intégralité des frais de déplacement et d’accueil sur place », explique Corinne Carrere, professeur d’anglais au CFA et référente mobilité. Le centre de formation organise au mois de décembre un séminaire d’une semaine sur place afin de repérer les lieux et préparer au mieux le départ des jeunes à la fin de l’année. « Nous avons fait le choix de la fidélisation avec un pays afin de pérenniser un partenariat solide. Cela nous permet de garantir à nos apprentis la sécurité et l’encadrement optimal sur place. La fédération allemande est très volontaire et la réputation du pays ainsi que les techniques professionnelles dans notre secteur d’activité ne sont également pas étranger à notre choix », confie la directrice du centre, Valérie Cadol.

Nouvelles perspectives

Pour pouvoir partir, les jeunes, au-delà de leur motivation, doivent présenter leur désir de mobilité à leur employeur en France afin qu’il accepte l’absence du site durant le voyage. « On s’applique à faire en sorte que le temps pris sur le travail en entreprise soit moindre afin d’encourager les employeurs de nos alternants à accepter le départ », reprend la directrice. D’où l’enjeu de mettre en avant les bénéfices que les entreprises françaises peuvent tirer du départ de leur apprenti. « En Allemagne, le travail que nous effectuons est très différent. On gagne une perspective nouvelle dans l’exécution des tâches », détaille Elodie, étudiante en BTS au CFA. « De retour chez mon employeur, j’ai pu lui apporter quelques idées nouvelles qui ont rapidement été prises en compte. »

"Une expérience exceptionnelle"

Sur place, les jeunes bénéficient d’une semaine de cours de langue pour favoriser l’immersion. Pas assez pour devenir bilingue, mais une entrée en matière qui enthousiasme les apprentis. « Je n’aimais pas du tout la langue allemande avant de partir. C’est grâce au professeur sur place que j’ai totalement changé d’avis. Aujourd’hui, on a quelques notions, même si sur place on se débrouillait plutôt avec l’anglais et la communication non verbale », relate Annabella, étudiante en bac pro. « Ça a été une expérience exceptionnelle car elle nous a permis de sortir des clichés que nous avions en tête. C’est une chance de pouvoir partir, surtout dans les conditions dans lesquelles nous étions. Je le recommande vraiment à tout le monde. ».

Capitaliser sur l’expérience

Une expérience unique offerte à ces jeunes qu’il est nécessaire de valoriser dès leur retour en France. Sophie Le Ruyet, coordinatrice à la plateforme Cap mobilité Aquitaine, effectue un travail de suivi des apprentis afin de leur permettre de capitaliser sur l’expérience. « Les jeunes, quand ils reviennent, sont souvent métamorphosés. Notre travail, avec les référents mobilité, consiste à leur permettre de mettre en avant cette expérience en aidant à l’auto-évaluation de l’apprenti à son retour. » L’intérêt : permettre au jeune d’avoir un argument supplémentaire pour s’insérer sur le marché du travail. Julien, étudiant en BTS, l’a d’ailleurs bien compris. « Une lettre de recommandation d’un patron allemand vaut en Europe tout l’or du monde ! »

Trois questions à Joël Laburthe, responsable du pôle Initiatives et Relations à la plateforme Aquitaine Cap Mobilité

Quels retours possédez-vous sur la politique régionale conduite en la matière ?
Je suis convaincu à titre personnel que la mobilité est un véritable plus pour les jeunes apprentis dans l’amélioration de leurs compétences professionnelles. Plusieurs études conduites notamment par le Céreq [1] démontrent qu’elle favorise l’insertion dans le marché du travail. Les jeunes ont plus de chance de trouver un emploi et le taux de rupture des contrats d’apprentissage est également orienté à la baisse. De plus, les financements régionaux sont très encadrés et n’est payé que ce qui est véritablement dépensé. C’est une politique qui doit prioritairement servir le tissu économique local. Pas question de payer la fuite des talents, au contraire !

Quelles sont les actions spécifiques que mène la Région Aquitaine pour favoriser la mobilité des apprentis ?
La Région a voté en 2007 un règlement d’intervention afin de mener une politique volontariste en la matière. Des bourses de mobilité ont été mises en place, s’adressant à quatre publics spécifiques : les apprentis, les stagiaires de la formation professionnelle, les demandeurs d’emploi et les étudiants du sanitaire et social. Un appel d’offres a désigné la plateforme Cap Mobilité pour promouvoir et accompagner cette politique.

Comment accompagnez-vous à la plateforme Cap Mobilité les institutions pour développer des projets mobilité ?
Nous communiquons auprès des structures sur les bénéfices de la mobilité afin qu’elles sensibilisent par la suite les publics éligibles aux bourses de mobilité. Dans chaque structure, nous identifions un ou plusieurs référents mobilité qui bénéficient d’une journée de formation à la plateforme. L’occasion pour eux d’acquérir les compétences pratiques pour monter des dossiers et se conformer aux principes qualité développés par une charte régionale. Nous les aidons également à trouver des partenaires à travers l’Europe.

par Célia Coste, Centre Inffo, 2014

En savoir plus

Chiffres clés :

  • 1000 apprentis bénéficient de la bourse régionale en 2014-2015.
  • 400 euros : montant de la bourse régionale par apprenti.
  • Répartition type du financement : pour 1 euro versé par la Région, 2 euros sont versés par l’Europe et 2 euros par d’autres circuits (partenaires, famille…).

[1] Etude d’impact national 2014 sur la mobilité européenne et la valorisation de l’apprentissage. http://www.agence-erasmus.fr/docs/2...

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