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Compétences

Questions à François Michaux, consultant pour Confrontations Europe

“Pas une utopie d’envisager des outils de formation uniformes dans tous les pays européens”

Vous prédisez une “crise durable des compétences” en Europe...

François Michaux : Plusieurs éléments permettent de l’affirmer.
D’abord, l’accélération mondiale des mutations
technologiques et la diversification des
innovations imposent des mises à jour des
compétences de plus en plus fréquentes, de plus
en plus lourdes, de plus en plus chères, dans
des secteurs de plus en plus nombreux. Ensuite,
l’effondrement démographique va être de
plus en plus important, notamment en Europe.
En 2050, la population active aura baissé en
Allemagne de 29 %, en France de 6 %, en Italie
de 24 %, en Espagne de 13 %. En Europe de
l’Est et en Russie, la baisse des 15-29 ans est
évaluée à entre - 30 et - 40 % à l’horizon 2028.
Ce qui impose de mobiliser des compétences à
partir de niveaux de qualification plus faibles.
Il faut aussi prendre en compte l’affaiblissement
des systèmes éducatifs en Europe, lié aux
difficultés à réformer, à la faiblesse des
financements publics, au renouvellement
démographique massif du corps enseignant,
et à l’incapacité des programmes à suivre le
rythme de l’innovation. À cela s’ajoute encore la
diversité croissante des publics à former (jeunes
issus de la diversité, immigrés récents, adultes
en reconversion aux niveaux de qualification
hétérogènes), nécessitant une individualisation
beaucoup plus fine des méthodes éducatives
(tests de niveau, pédagogies différenciées).
Enfin, il y a en Europe une incapacité globale
des systèmes de reconversion des chômeurs à
répondre à la demande. Faute d’outils
pertinents, de méthodes adaptées,
de moyens financiers suffisants pour
accompagner l’explosion des besoins
de reconversion. Tous ces éléments
suffisent à comprendre ce qui nous
attend en termes de compétences.

Les acteurs européens concernés ne prennent-ils pas des initiatives pour faire face à cette situation ?

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François Michaud (DR)

François Michaux : L’Europe ne s’occupe pas des
problèmes de formation, estimant
que ceci relève de la compétence
des États. Une des vraies politiques
d’emploi et de formation que l’Europe
devrait pousser serait d’inciter les
États à fédérer des projets communs.
Elle leur garantirait l’accompagnement,
au niveau du Feder [1] notamment dans les pays
de l’Est qui bénéficient de crédits d’insertion,
de projets touchant à l’emploi et à la formation.

Pensez-vous que l’Europe devrait se doter d’un système de formation professionnelle harmonisé ?

François Michaux : Je prône la mise en place d’un TOEIC [2]
européen, c’est-à-dire un test de compétences
unique en Europe qui force à revaloriser
ses compétences tous les sept ans. C’est
une façon d’introduire l’idée d’un diplôme
professionnel européen, qui oblige par ailleurs
à disposer d’outils de formation uniformes
dans tous les pays européens − et dans une
langue commune. Ce n’est pas une utopie.
Il suffit que les organisations syndicales et
patronales européennes s’entendent pour
l’exiger.

Propos recueillis par Knock Billy, Centre Inffo, 2014

[1Le Fonds européen de développement
régional et ses instruments financiers (fonds
de capital-risque, fonds de développement
local, etc.) a investi 23,3 milliards d’euros
dans les régions françaises pour la période
2007-2013.,

[2Test of english for international
communication.

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