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Colas Potvin, éduca(trice)teur de jeunes enfants

Par Centre Inffo

« Oui, un homme qui travaille dans la puériculture a toute sa place ! » Signés du vice-président de la Seine-Saint-Denis en charge de la formation professionnelle [1], ces quelques mots pourraient s’adresser à Colas Potvin, 41 ans et éducateur de jeunes enfants. À ceci près que ce dernier n’a pas eu besoin du projet "Libérez votre avenir professionnel", auquel se référait l’élu du 93 [2].

Que son emploi soit avant tout occupé par des femmes, la fiche diffusée par l’Onisep le confirme : "L’éducateur de jeunes enfants (EJE) ou plutôt l’éducatrice (la profession est essentiellement féminine) intervient auprès des enfants âgés de 0 à 7 ans." Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit d’un métier de femme, n’est-ce pas ? En tout cas, pas pour Colas Potvin, qui a fini par faire de son ancien job d’étudiant sa profession.

De la culture...

Et à bien y regarder, atypique d’un point de vue statistique, son parcours n’est somme toute pas si étranger à l’époque : une première orientation réajustée en fonction de ses aptitudes réelles, un premier projet professionnel contrarié par le marché de l’emploi et, finalement, une insertion durable à la faveur d’un retour aux sources de la première expérience. Adolescent attiré par les sciences naturelles, Colas Potvin a d’abord pensé à l’agronomie. Mais davantage doué pour les lettres que pour les mathématiques, c’est finalement doté d’un bac littéraire qu’il abordera l’enseignement supérieur. Études d’art, de cinéma et de communication audiovisuelle, son choix est guidé par un nouveau projet : travailler dans le milieu culturel. Problème : après une objection de conscience effectuée au service communication de l’association Aides, l’accès à l’emploi se révélera impossible. Qu’à cela ne tienne, Colas Potvin se lance avec une amie pour créer et développer une association de promotion et de diffusion de films africains. Riche de voyages et de rencontres, le projet vivra pendant quatre ans, jusqu’à ce que son associée opte pour une activité plus stable. De quoi le décider à saisir à son tour une opportunité. Laquelle a tout à voir avec la face B de son parcours...

... à la petite enfance

Issu d’une famille d’ « instituteurs militants pédagogiques », il explique avoir toujours été poussé à travailler durant ses études, ce qu’il fit en tant qu’animateur dans le cadre de centres de vacances et de centres de loisirs d’écoles maternelles. Vacataire au long cours, y compris pendant sa période africaine, il aura finalement connu une professionnalisation continue en parallèle de son itinéraire officiel. Constant et à l’aise dans son engagement en milieu scolaire, toujours sans perspective d’emploi durable dans le secteur culturel, il tranche et accepte une proposition de titularisation de la ville de Bagneux pour devenir assistant de réussite éducative. Après avoir été ensuite directeur d’un centre de loisirs, il décide de se tourner vers la petite enfance et accepte cette fois-ci un poste d’agent territorial de catégorie C, pour faire fonction d’auxiliaire de puériculture. L’objectif est cependant ailleurs, dans la promesse d’une formation d’éducateur de jeunes enfants qu’il obtiendra deux ans plus tard. Résultat ? « Génial ! J’ai beaucoup évolué et c’était juste ce qu’il me fallait pour rassembler et affiner toutes les connaissances que j’avais pu acquérir dans le monde de l’enfance », s’enthousiasme-t-il. Quant au fait d’être un homme dans une « profession essentiellement féminine », il n’est pas loin de penser avoir bénéficié d’une forme de discrimination positive, en formation comme en emploi. A priori favorable, certes, mais pas sans revers : « Quand vous êtes accueilli comme le messie, s’amuse-t-il, forcément, le risque de décevoir est grand ! » Lui tempère : « Homme ou femme, c’est différent parce que le regard que l’on pose sur toi est différent. Mais plus qu’au sexe, la vraie différence tient aux manières d’exercer des individus... » La sienne pourrait se résumer à un combat : « Le décloisonnement, il faudrait arrêter de nous confiner en crèche alors que l’on pourrait travailler n’importe où, en école comme en bibliothèque ou ailleurs ! » Transgressif, Colas Potvin ?

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

Dates clés

1998 - Maîtrise de communication audiovisuelle

2007 - Agent territorial petite enfance

2012 - Éducateur de jeunes enfants

[1Jean-Charles Nègre.

[2Voir notre article.

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