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Coaching : forte concurrence et haut niveau de professionnalisation

Par Centre Inffo

Un marché saturé. C’est la Société française de coaching elle-même qui le dit, “le marché du coaching professionnel est pour le moins encombré. Il faut à un coach a minima quatre à cinq ans pour développer sa clientèle”. Comment procéder ?

Environ 1 600 praticiens occupent le marché, “dont 480 accrédités”, souligne Pascal Domont, président de la SFCoach. Dans cette profession non réglementée, l’accréditation est une reconnaissance de la qualité des professionnels délivrée par leurs pairs au terme d’un parcours d’intégration et de validation des compétences propre à chacune des différentes associations de coaching. La SFCoach compte 250 “accrédités” [1], le reste se partageant entre l’AEC [2] et l’ICF [3], les deux autres principales associations représentatives du coaching en France. “L’accréditation est toujours attribuée de manière individuelle”, indique Valérie Pascal, vice-présidente de la SFCoach, qui souligne par ailleurs que la plupart des coachs travaillent en “indépendants”.

Autre élément de garantie, “la contractualisation de la prestation, qui définit un objectif de coaching, lequel ne peut pas être thérapeutique”, précise-t-elle. “En coaching, on travaille sur la façon d’atteindre un objectif, en psychologie, on travaille sur la question du pourquoi et du passé”, ajoute Pascal Domont, qui propose la définition suivante : “Le coaching professionnel n’est ni un outil de normalisation, ni un engagement à tendre vers toujours plus de performance, ni une voie de rupture avec les organisations. Il aide la personne coachée à élaborer une pensée critique et constructive, dans l’objectif d’exercer sa mission professionnelle avec plus de sérénité, de confort, et donc d’efficacité.”

LE “TOP 3” DES OBJECTIFS DU COACHING

Les plus souvent cités par les clients :

  • le développement du leadership (78 %) ;
  • un changement de poste, le développement de carrière (71 %) ;
  • l’amélioration du fonctionnement des équipes, de la collaboration -* (69 %), immédiatement suivi de l’amélioration de la communication (67 %).
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Pascal Domont (DR)

Quelle formation ?

Indépendante de tout courant de pensée, la SFCoach se refuse à conseiller telle ou telle formation aux aspirants coachs. Tout juste Pascal Domont - lui-même formé au coaching chez Transformance et à l’Université Paris-VIII - indique-t-il qu’“une quinzaine de formations seulement sur les 80 existantes peuvent être considérées comme sérieuses”. Deux grands “distinguos” structurent l’offre, “avec d’un côté, les cursus universitaires apparus depuis une petite dizaine d’années, et de l’autre, les formations associées à des personnes, figures plus ou moins historiques du coaching”. Si aucune formation n’est obligatoire au sens légal, force est de constater que le marché, sinon la profession, recrute à haut niveau : “77 % ont un niveau d’études bac + 5 ou plus et 68 % possèdent, en plus de leur formation de départ, un diplôme dans le domaine du coaching.” À noter que si “environ 500 personnes par an se forment au coaching, très peu le font en vue d’exercer le métier de coach, la majorité cherchant juste à acquérir une compétence supplémentaire en tant que manager ou responsable RH”, estime le président de la SFCoach. Comme le souligne Valérie Pascal, “être coach n’est pas seulement affaire de formation, mais aussi une question de maturité individuelle”, raison pour laquelle le métier est plutôt une profession de “seconde partie de carrière”.

Le coaching n’est pas non plus “une activité de masse, mais plutôt une pratique qualitative, voire artisanale, peu procédurale et non industrialisable”, indique-t-elle, ce qui explique sans doute pour partie la relative méfiance des financeurs publics. Comment savoir si l’on s’oriente avec raison vers le métier ? Par exemple, en effectuant son “auto-positionnement par rapport au référentiel de compétences proposé par la SFCoach”, suggère-t-elle.

Perspectives de développement

Bonne nouvelle pour l’avenir du coaching, malgré le risque de saturation évoqué, “on ne fait plus appel au coaching seulement quand ça va mal” et “plus seulement pour les hauts cadres dirigeants”, souligne Pascal Domont, qui évoque une certaine “démocratisation”. Parfois proche du conseil en organisation, l’offre de services a aussi tendance à s’étoffer via le développement du “coaching d’équipe” et l’apparition de nouvelles thématiques d’accompagnement centrées sur la “coopération”. Reste à accroître la visibilité d’une offre de services pas toujours bien comprise des entreprises et des particuliers, qui tendent parfois à l’assimiler aux prestations de type bilans de compétences.

DES EXIGENCES DE PROFESSIONNALISATION

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Valérie Pascal (DR)

Présentée début décembre, l’enquête menée par la Société française de coaching (SFCoach) auprès d’un panel de 800 professionnels souligne les fortes attentes des praticiens en matière de professionnalisation du coaching. “99 % des répondants considèrent que cette professionnalisation est primordiale, tout au long de leur vie active, et ce, quelle que soit leur formation d’origine”, souligne Valérie Pascal, vice-présidente de la SFCoach.
Le “partage de pratique entre pairs”, surtout pour les juniors, la “découverte de nouveaux outils” et “l’ouverture à de nouvelles approches”, surtout pour les seniors, sont les trois thèmes majeurs de cette quête. Même si le rôle de la “formation” et la “supervision” sont soulignés en matière de professionnalisation, l’absence d’une structuration forte du cadre formatif explique sans doute le rôle très positif attribué aux associations professionnelles. Sont ainsi plébiscités l’apport “d’un cadre de référence commun avec d’autres professionnels du coaching, notamment via le code de déontologie (74 %), d’une reconnaissance de son professionnalisme avec l’accréditation (69 %), ou d’un échange et d’un partage de sa pratique entre pairs (49 %)”.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

[1L’accréditation SFCoach comporte deux niveaux : “titulaire” pour les coachs confirmés seniors et “associé” pour les juniors. S’ajoute un parcours “postulant” d’une durée de un an renouvelable une fois.

[2Association européenne de coaching.

[3International coach federation.

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