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Certifications professionnelles : vers une réforme profonde ?

Les partenaires sociaux souhaitent une réforme profonde du système de construction des certifications professionnelles prenant davantage en compte leurs attentes. Réponses dans la prochaine réforme de la formation ?

Une importante réforme de la construction des certifications professionnelles (diplômes, titres…) est-elle en passe de voir le jour ? Une refonte qui prendrait beaucoup plus en considération les attentes du monde économique. Une réforme dans laquelle la voix des partenaires sociaux s’exprimerait plus nettement. Et dans laquelle les maîtres-mots seraient adaptation, fluidité et vitesse d’action.

Ce sont en tout cas les attentes des partenaires sociaux. Lesquels, par l’intermédiaire du Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et la formation (Copanef), travaillent avec les ministères et les branches. Objectif : donner une nouvelle dynamique à la construction des certifications, afin qu’elles soient “des repères de compétences plus simples et plus efficaces pour les entreprises comme pour les salariés”.

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Diffuser la “logique de certification”

Les dispositifs d’élaboration et de reconnaissance des certifications professionnelles ne doivent pas être confondus. De nombreux titres et diplômes sont délivrés par l’État, sous l’égide des ministères, au premier rang desquels l’Éducation nationale (mais aussi le Travail ou l’Agriculture, notamment). Les commissions professionnelles consultatives (CPC) émettent des avis et formulent des propositions sur la définition, la création ou la suppression de ces titres et diplômes.

Pour toutes les autres certifications publiques ou privées, la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) instruit et enregistre les demandes d’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Pour George Asseraf, président de la Commission, “la CNCP et les partenaires sociaux ont marqué le paysage de la formation en accompagnant et en diffusant la logique de certification au travers d’une écriture en compétence et non plus seulement académique. Être enregistré au RNCP constitue une reconnaissance nationale de la certification professionnelle en termes de niveau (nomenclature de 1969) et de nomenclature des spécialités de formation (NSF). Ainsi, le RNCP apporte une légitimité juridique aux certifications professionnelles, et la contribution des partenaires sociaux en constitue la légitimité sociale”. Selon George Asseraf, le processus qualité de la CNCP qui amène à vérifier a posteriori la réalité de l’insertion professionnelle sur au moins les trois dernières promotions de titulaires de la certification professionnelle constitue “le chaînon manquant entre la formation et l’emploi”.

Répondre à la vitesse des mutations

Problème, selon les partenaires sociaux : attendre trois promotions apparaît aujourd’hui trop long. “Le temps s’accélère, la compétition internationale n’attend pas, assure Christian Lajoux, président (Medef) du Copanef. Il faut interroger notre système de certification des compétences, mettre à plat l’ingénierie et poser le sujet sur la table avec les partenaires sociaux, pour adapter les certifications à l’emploi.” Philippe Debruyne, vice-président (CFDT) du Copanef partage ce point de vue : “Il faut placer l’usager au centre, répondre à la vitesse des mutations et ne pas hésiter à expérimenter, en ayant recours à des tiers de confiance”, affirme-t-il.

La complémentarité des certifications

Les Français sont très attachés à l’universalité d’un diplôme national reconnu par tous les acteurs économiques. Néanmoins, de nombreux concitoyens font aussi, chaque année, valider leurs compétences via les multiples certifications créées par les partenaires sociaux et reconnues dans les conventions collectives : les certificats de qualification professionnelle (CQP), CléA (pour les compétences socles) depuis l’année dernière, et tout prochainement les nouveaux certificats de compétences professionnelles interbranches (CCPI).

Ces certifications revendiquent d’être plus en lien direct avec les attentes du monde économique, moins lourdes à réviser que les diplômes ministériels en CPC, et plus proches d’une définition contemporaine des compétences, des nécessités de la GPEC… Il faut donc faciliter leur développement et reconnaissance, assurent les partenaires sociaux.

Bonne nouvelle : au soir d’une journée d’échanges organisée le 20 octobre dernier par le Copanef à Paris, les participants – aussi bien Jean-Marc Huart, pour la Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire), Cédric Puydebois, pour la DGEFP (Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle), qu’Alain Druelles, directeur éducation-formation au Medef [1] – convenaient que la solution réside dans “la complémentarité des certifications”.

par Laurent Gérard, Centre Inffo, 2017

Le succès des CQP et CQPI
À ce jour, plus de 150 branches ont mis en place plus de 1400 certificats de qualification professionnelle. Et près de 500 ont été enregistrés au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). La création de CQP (certificats de qualification professionnelle) répond aux besoins de développer des certifications spécifiques à partir des contrats de professionnalisation ; et une alternative aux diplômes considérés comme ne répondant pas suffisamment aux besoins de professionnalisation du secteur.
Par ailleurs, 12 CQPI (certificats de qualification professionnelle interbranches) sont utilisés par 36 branches. En dix ans, 20 000 ont été délivrés. Dans deux cas sur trois, le CQPI est la première certification de la personne bénéficiaire.

[1Alain Druelles a rejoint la DGEFP le 13 novembre. Directement rattaché à la déléguée générale, il est chargé du suivi la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

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