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Questions à... Philippe Huguenin-Génie (Opcalia)

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“Accompagner le maximum d’organismes vers la labellisation”

Convaincre et accompagner, c’est le rôle des Opca en cette année de transition. Dossiers ouverts : la qualité de l’offre de formation, le développement du compte personnel de formation, sans oublier bien sûr la collecte, alors que le processus d’élaboration des plans de formation dans les entreprises commence.

Le décret qualité pose de nouvelles obligations de contrôle, pour les acheteurs de formations. Comment comptez-vous vous en emparer ?
Tout d’abord, nous avons du temps devant nous, car l’entrée en vigueur des critères sur la qualité est prévue pour le 1er janvier 2017. Deux options s’offrent à nous : soit nous travaillons avec les organismes de formation certifiés ou labellisés, et c’est une option tentante. Soit chaque financeur va créer sa propre norme pour faire son choix. Dans ce cas, on peut craindre l’“usine à gaz”. Pour ne pas compliquer le système, nous pouvons imaginer une liste de certifications garantissant le niveau 1 de la qualité. Si les organismes répondent à cette norme, on ne cherche pas à aller plus loin et on finance.

Serait-ce à dire que vous ne financerez plus à l’avenir que des formations dispensées par des organismes certifiés ou labellisés ?
Actuellement, environ 1 200 organismes sont certifiés. Je pense que l’enjeu pour les mois à venir sera de conduire le maximum d’organismes avec lesquels Opcalia travaille vers ces normes. Il existe des programmes qui tendent à favoriser le processus, tels que OF Transition, conçu avec le concours du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Nous ne souhaitons pas pénaliser les organismes qui ne se sont pas encore inscrits dans cette démarche. Ce n’est d’ailleurs pas l’esprit de la réforme, qui encourage plutôt à lutter contre les organismes “escrocs” qui nuisent fortement à la profession.

Est-il question aujourd’hui d’une mutualisation des procédures entre organismes collecteurs ?
Des discussions ont été entamées en mai dernier entre Opca réunis par le ministère du Travail et le Fonds paritaire, pour se mettre d’accord sur des normes partagées. À voir, par la suite, si les discussions entre financeurs mènent à un point d’entente sur des normes communes. Mais à ce jour, je ne suis pas convaincu de la pertinence d’inventer de nouvelles normes adossées à celles préexistantes.

Notre système souffre d’une grande complexité et si nous l’alourdissons en y ajoutant des critères différents pour chaque Opca, ce ne sera pas intéressant. De plus, il ne faut pas perdre de vue que le véritable enjeu derrière cette notion de qualité, c’est l’évaluation, à savoir la mesure des effets de la formation pour peut-être créer dans le futur le “Trip advisor” de la formation ! À ce jour, il n’y a pas d’initiatives de concertation sur le sujet, mais nous y travaillons en interne.

Opcalia a annoncé avoir franchi la barre des 1 000 comptes personnels de formation engagés [1]. La dynamique est-elle enclenchée ?
Nous avons toujours été convaincus que le CPF a toute sa place dans le paysage de la formation. Le passage du Dif au compte personnel de formation a provoqué quelques bouleversements, il a fallu que le système se mette en place petit à petit, notamment au travers de la constitution des listes. Aujourd’hui, nous parvenons à cette étape symbolique des 1 000 CPF engagés et nous constatons, de mois en mois, une croissance exponentielle. C’est bien sûr peu par rapport au nombre de Dif, mais cela s’explique par la mise en place progressive du système. D’où l’intérêt de continuer à favoriser sa mise en œuvre.

Comment anticipez-vous la collecte de cette année au titre du plan de formation ?
Nous savons qu’elle va baisser, et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les entreprises qui versaient par obligation, sans utiliser tout ou partie des fonds mutualisés, ne vont plus financer que ce qui est utile pour elles. De plus, reste à voir comment les entreprises vont se comporter avec la disparition de l’obligation légale. Aujourd’hui, il est encore trop tôt pour pouvoir l’évaluer. L’important, pour nous, est de continuer à accompagner sur le terrain les petites entreprises et de leur faire comprendre l’enjeu stratégique que constitue la formation.

propos recueillis par Célia Coste, Centre Inffo, 2015

[1Chiffres arrêtés en juillet 2015.

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