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Casques verts juniors  : objectif carrière dans le “développement durable”

Par Centre Inffo

Comment passer d’une idée de métier aussi vague qu’apparemment sympathique à un projet professionnel étayé et abouti  ? La question concerne des dizaines, pour ne pas dire des centaines de milliers de jeunes. Le “développement durable”, par exemple, a bonne presse et belle image, avec en plus, et ce n’est pas si courant, un véritable gisement d’emplois à creuser. Exploration.

Il y avait les Casques bleus et les Castors juniors, il faudra désormais compter avec les Casques verts juniors. En partage avec les premiers, le sens aigu d’une communauté de destin. Mais à la différence de leurs aînés, il leur manque la boussole. En clair, leur souci de préserver la planète les conduit à vouloir “travailler dans le développement durable”, sans qu’ils sachent pour autant toujours très bien traduire le concept en projet professionnel. Être accompagné pour passer du vague souhait au vouloir, c’est justement ce que se propose d’apporter l’opération “Casques verts juniors, 1 000 jeunes pour le développement durable”. Pourquoi 1 000  ? Parce que tel est l’effectif que les porteurs du projet entendent accompagner dans les deux prochaines années.

Accompagner les jeunes vers l’emploi

À l’origine du dispositif, une alliance nouée entre les Compagnons du Devoir du Tour de France et la Maison de l’orientation lors d’un projet européen [1], lequel avait pour objectif d’informer, d’orienter et de former aux métiers du bâtiment. En lien avec la Degesco, les deux partenaires avaient alors développé une réflexion autour de la problématique des “décrocheurs”. Si celle-ci est ressortie lorsqu’est apparue l’idée que la thématique du développement durable pouvait contribuer à attirer des jeunes vers les métiers concernés, le projet Casques verts juniors s’est rapidement élargi à d’autres publics et modalités. Évoquant des discussions avec les Missions générales d’insertion de l’Éducation nationale (MGI) et les Missions locales, Gérard Roudaut, délégué général de la Maison de l’orientation et concepteur de la plateforme des Casques verts juniors, le souligne  : “Tout cela est finalement venu du terrain.”

Casques-verts-juniors.com

Du côté du grand public, l’opération se manifeste par un site internet qui propose des entrées différenciées en fonction de la situation du jeune  : décrocheur, collégien ou lycéen, bachelier ou étudiant, demandeur d’emploi. Une fois inscrit, l’internaute peut alors bénéficier d’un accompagnement entièrement gratuit, sous forme d’une prestation d’orientation personnalisée. Laquelle débute par le passage d’un test qui lui permet de se présenter et de déposer une sorte de candidature ouverte. Corrigé individuellement par un conseiller de la Maison de l’orientation, le test débouche sur un bilan d’une vingtaine de pages et des propositions puisées dans l’éventail des solutions proposées par les partenaires. Parmi celles-ci, et en fonction du profil et du parcours du demandeur, ce dernier peut ainsi se voir proposer une formation, un chantier école, un contrat d’alternance, un emploi, etc.
Autre possibilité de navigation  : identifier directement un métier parmi la centaine proposée, soit par sélection d’un domaine d’activité et/ou niveau de formation, et/ou type de travail, soit par thème (“éco-construire” et “éco-rénover”, préserver l’environnement et le paysage, économiser l’énergie). Après un premier balayage, l’internaute peut alors décider de passer par la phase de test pour l’aider à choisir ou sélectionner l’une des options suivantes  : approfondir sa recherche en s’inscrivant à des événements géolocalisés (salon, stage de découverte, etc.) liés à son projet, rejoindre le réseau social maison Appuyé sur CV Map pour débuter son enquête professionnelle, étudier les possibilités de parcours ou candidater directement à une formation. “Si le jeune a candidaté pour quelque chose, il est convoqué, par exemple pour un positionnement s’il s’agit d’une formation en alternance, ou pour un entretien d’embauche s’il s’agit d’un chantier ou d’un emploi direct, explique Gérard Roudaut. Et s’il est présélectionné, par exemple pour un contrat en alternance, des offres lui sont alors proposées.” Celles-ci proviennent à la fois d’un moteur de recherche sémantique qui interroge des sources proposant des contrats et de dépôts directs d’offres par les entreprises.

Accompagnement mutualisé

Si le site Casques-verts-juniors.com est accessible aux usagers individuels, son concepteur ne s’attend pas à ce que les internautes, au premier rang desquels les décrocheurs, se précipitent sur la plate-forme. CQFD  : le dispositif ne prend tout son sens que lorsqu’il est activé par les relais de terrain que sont les CIO, les Missions locales ou encore les Maisons de l’emploi et de la formation. Aussi, perçoit-il avant tout les Casques verts juniors comme un “équipement collectif” destiné à servir l’ensemble des acteurs. Au centre d’une chaîne qui associe, en lien avec les organismes de formation, les entreprises et les collectivités, le potentiel d’internet en matière d’information et de communication aux compétences des professionnels de l’AIO, le jeune bénéficie ainsi d’un “accompagnement mutualisé” au long cours. Principal avantage  : traiter le problème de l’insertion professionnelle dans sa globalité, sans déconnecter le processus d’orientation d’un objectif final ici clairement assumé comme l’emploi.

Modèle économique

Entièrement gratuit pour l’usager, Casques verts juniors bénéficie, d’une part, de l’investissement des Compagnons du Devoir du Tour de France et d’une fondation du secteur et, d’autre part, des retombées financières provenant de la location des outils de la plateforme par les organismes de formation et les grandes entreprises [2]. Vantant la dimension “sourcing de candidats” pour les organismes de formation et les entreprises, Gérard Roudaut rappelle aussi que le dispositif ne fait que démarrer.
Parmi les pistes de développement envisageables, figurent en bonne place les syndicats intercommunaux qui pourraient recourir à la plateforme dans le cadre des appels d’offres intégrant des clauses de mieux-disant social. Et d’assurer  : “Certains se sont déjà montrés intéressés pour équiper leurs Maisons de l’emploi, de manière à pouvoir recruter des jeunes qui correspondent aux clauses tout en ayant en plus été débriefés au travers de l’accompagnement mutualisé.” De même, “certains services techniques de mairies, de collectivités publiques ou d’hôpitaux sont assez preneurs d’apprentis, mais ne savent pas trop comment s’y prendre”, ajoute-t-il. On l’aura compris, Casques verts juniors a sa petite idée sur la question…

Partenaires du projet  : Compagnons du Devoir du Tour de France, Maison de l’orientation, ministère de l’Éducation nationale, CCA-BTP, La Cité de la construction, France TV Éducation.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

À consulter

[1Trans Formation.

[2Le dispositif est gratuit pour les TPE-PME.

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