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CPF

Questions à... Mathilde Bourdat, manager d’offres et d’expertise dans le groupe Cegos

"Si l’entreprise ne donne pas l’impulsion et l’information, le CPF ne marchera pas"

Selon vous, le compte personnel de formation (CPF) réussira-t-il là où le droit individuel à la formation a échoué ?

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Mathilde Bourdat (DR)

Mathilde Bourdat : Pour les jeunes et les demandeurs d’emploi sans qualification, tout va dépendre de l’impulsion que donneront les services publics de l’orientation et de l’emploi, notamment Pôle emploi. Je ne suis pas convaincue de la réussite du CPF pour les salariés. Nous nous retrouvons dans une situation ambiguë : le CPF sort de l’entreprise, il peut avoir lieu sans l’avis de l’employeur qui n’est pas impliqué dans le financement du dispositif. Pourtant, à l’instar du Dif, si l’entreprise ne donne pas l’impulsion et l’information, il y a de fortes chances que le CPF ne marche pas.

Et si les responsables formation incitaient les salariés à adapter leurs projets de formation CPF aux besoins de l’entreprise ?

Mathilde Bourdat : Encore faudrait-il que les formations dont ont besoin les salariés soient éligibles au CPF. Or, celui-ci est centré sur les formations qualifiantes ou de premier niveau. On ne sait pas encore exactement ce qu’il va y avoir dans l’inventaire des formations. Si celui-ci est ouvert à des certifications ou des habilitations qui intéressent tous les salariés, y compris ceux qui ont un bon niveau de formation première, nous allons trouver un bon terrain d’entente. Le socle de compétences plafonnant au niveau fin de troisième, si l’inventaire ne s’ouvre pas à d’autres niveaux, les personnes travaillant, par exemple, dans les prestations intellectuelles ne seront pas concernées. Les responsables formation sont confrontés à de nombreuses inconnues.

Quels conseils leur donneriez-vous alors pour optimiser l’usage du CPF  ?

Mathilde Bourdat : Il serait utile de repérer les formations éligibles au CPF qui intéressent leur entreprise et lesquelles sont susceptibles de concerner aussi leurs salariés. À charge pour elles d’en expliquer les avantages à leurs collaborateurs. Il est aussi souhaitable d’orienter les projets des salariés en intégrant le CPF comme une voie d’accès privilégiée à ces formations et certifications. Certaines entreprises, surtout des grandes, ont engagé, dès maintenant, un travail de repérage des certifications ou des formations susceptibles d’être inscrites dans l’inventaire. Il serait donc utile de se rapprocher de sa branche pour que celle-ci les inscrive dans sa future liste CPNE (Commission paritaire nationale de l’emploi) ou les fasse intégrer dans l’inventaire.

Propos recueillis par Knock Billy, Centre Inffo, 2014

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