Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil > CPF

CPF

Questions à... Jean-Michel Pottier, vice-président national de la CGPME en charge de la formation professionnelle

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises s’est montrée dès l’origine critique vis-à-vis de la réforme. Aujourd’hui, elle ne se dédit pas, et argumente : selon elle, l’individualisation éloigne la formation des besoins de l’entreprise ; il conviendrait de remettre les employeurs au cœur du système.

Quel regard portez-vous sur la mise en œuvre de la loi formation du 5 mars 2014, un an et demi après sa promulgation ?

JPEG - 18.5 ko
J.-M. Pottier (DR)

Comme nous l’avions annoncé dès le 14 décembre 2013, la mise en œuvre qui se terminera en 2016 s’annonce catastrophique. La formation professionnelle, lors de sa création (loi Delors), avait pour objectif de favoriser les actions de formation au profit des salariés des entreprises de manière à développer leurs compétences (cotisation obligatoire pour financer le plan de formation). Une contribution complémentaire a permis de déployer des actions de formation (professionnalisation), gérées par les partenaires sociaux au sein des branches professionnelles ou des Opca. Puis ont été instaurés des dispositifs individuels de formation (Cif, Dif, et aujourd’hui CPF). Notre système repose sur trois piliers que sont le plan de formation, la professionnalisation, les dispositifs d’initiative individuelle. Or, la réforme a renvoyé le balancier vers l’individu, devenu maître de son parcours professionnel et du développement de ses compétences. Dans le cadre des négociations, nous voulions instituer un principe de convergence entre la volonté des salariés et les besoins exprimés par les entreprises (sur le plan stratégique). Les syndicats de salariés et le Medef ont refusé. Moralité : on a « centrifugé » l’employeur. Il est au bord des dispositifs alors que sa place est au cœur de ces derniers. Dorénavant, le salarié ou l’individu serait l’acteur de son parcours professionnel. Mais les salariés des TPE/PME ont besoin à la fois d’un accompagnement et d’un dialogue avec l’employeur pour les convaincre de la pertinence d’un départ en formation.

Quelles conséquences sur la mesure phare que constitue le compte personnel de formation (CPF) ?

Le CPF souffre de cette construction qui a voulu ignorer l’employeur. À la CGPME, nous n’avons jamais été contre le CPF. Nous déplorons sa mise en œuvre qui s’effectue dans des conditions qui le rendent inopérant. Il aurait été plus judicieux que les partenaires sociaux discutent de critères d’éligibilité à un titre professionnel, un diplôme… au titre du CPF et non pas qu’ils établissent des listes de formations éligibles au CPF. On a fait les choses à l’envers d’autant plus qu’il n’y a pas eu de période de transition préalable à la mise en œuvre de la réforme, par exemple faire fonctionner l’existant comme le Dif pour ne pas casser la mécanique. L’instauration de critères d’éligibilité évolutifs donc moins restrictifs, définis par les branches professionnelles et interprofessionnelles (besoins par rapport au marché du travail, nécessité d’une GPEC territoriale…), était beaucoup plus simple pour éviter de bloquer le système. J’observe d’ailleurs que certaines listes de formation confinent les acteurs dans un secteur d’activité et empêchent l’ouverture des formations à des salariés d’autres secteurs.

Propos recueillis par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2015, extrait d’un entretien publié dans Inffo Formation n° 886, 15 au 31 octobre 2015 (réservé aux abonnés)

Jean-Michel Pottier en dates

2006
Président de la commission nationale CGPME éducation formation

2010
Membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese)

2015
Vice-président national CGPME en charge de la formation, de l’éducation et de l’emploi

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement