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CPF

Questions à... Stéphane Lardy, ancien secrétaire confédéral Force ouvrière en charge du secteur Emploi, assurance-chômage, formation professionnelle et travail temporaire.

« Avec le CPF, nous n’étions pas dans une logique "universaliste" »

Le rapport parlementaire Gille-Cherpion recommande de fusionner les listes de formations éligibles au CPF. Qu’en pensez-vous ?
Avec le CPF, nous n’étions pas, pour des raisons de conception du compte et pour des questions financières, dans une logique “universaliste”, rendant le CPF accessible à tout le monde, quelle que soit l’action de formation. Je rappelle que le Dif a échoué faute de financements. Pour le CPF, nous avons conditionné notre signature à un financement identifié. Il n’est certes pas énorme, avec 0,2 %, soit entre 800 millions et 1 milliard d’euros de collecte, mais cela crée un effet levier.
Considérant que le compte personnel est un objet d’élévation de qualification, nous avons construit des listes, nationale, de branche, territoriales. Oui, c’est compliqué. L’exécutif a survendu le CPF, qui n’est pas le seul objet de la réforme, et le Medef voudrait bien tout financer avec. Nous avons déjà 12 000 certifications répertoriées. De quoi se demander pourquoi avoir fait des listes. Or, choisir, c’est exclure. Peut-être aurions-nous dû en faire un socle de rémédiation accessible aux salariés les plus fragiles, comme tente de le faire le gouvernement avec le plan 500 000 formations d’urgence.

Comment le CPF va-t-il se développer au sein du compte personnel d’activité ?
Un risque de dérive existe. Nous avons signé la position commune, mais nous avions demandé que le CPA soit un objet à part. Il est sorti de nulle part un 31 décembre, on nous a donné deux mois pour négocier avec un patronat récalcitrant sur le C3P (compte personnel de prévention de la pénibilité). Nous ne voulons pas, par exemple, que le bilan de compétences puisse être financé par le CPF. À un moment, vont apparaître d’autres articulations, comme un “CPF-Cif”, même s’il est actuellement trop tôt. Potentiellement, cela pourrait être intéressant. Mais il faut d’abord voir ce que donne la montée en charge du compte et ce qu’il produit en termes de certifications.

Où en est-on de la mise en œuvre de la réforme et du déploiement du compte personnel et du conseil en évolution professionnelle ?
Nous nous sommes améliorés sur les questions d’évaluation des dispositifs. À la signature d’un accord, on regarde tout de suite ce qu’il faut suivre et les indicateurs nécessaires. Le Conseil national d’évaluation de la formation professionnelle que nous avons installé avec l’Ani de 2009 commence à trouver sa place. Au Cnefop, chargé de coordonner les politiques d’évaluation en matière de formation professionnelle, notre travail consiste à faire en sorte que les différentes structures publiques, notamment la Dares, le Céreq ou Pôle emploi et l’Apec, qui font de l’évaluation, se parlent. Et cela se déroule plutôt bien. Pour ce qui est du déploiement du CEP, il reste du travail ! Tous les opérateurs ne sont pas au même niveau, ce qui n’est pas étonnant. Certains sont mis à contribution sur d’autres dispositifs et subissent un contexte financier défavorable ne leur permettant pas de professionnaliser leurs conseillers.
L’accord de 2009 est systémique. La question du CEP est très structurante. La formalisation de l’entretien professionnel donne de la perspective au chef d’entreprise et au salarié, et, pour commencer, cela leur donne l’occasion de discuter. Pour cela, il faut des guides, des formations d’accompagnement aux entretiens. D’où l’importance des Opca. Les chefs d’entreprise doivent en comprendre l’importance.
Nous avons aussi mis en place l’abondement correctif, comme une manière d’internaliser la sanction, plutôt que d’aller aux prud’hommes. L’entretien professionnel permet de poser les bonnes questions, aussi bien pour le salarié que pour l’employeur. Ensuite, apparaîtront des débats sur ce qu’est une évolution professionnelle, une augmentation de salaire. Mais déjà nous aurons des entretiens formalisés dans des entreprises qui n’en n’avaient pas. C’est aussi le travail des chambres patronales que d’aider leurs adhérents à le mettre en place. Franchement, c’est gagnant-gagnant !
Il faudra en faire un objet pour les observatoires de branche et les observatoires prospectifs des métiers et des qualifications.

propos recueillis par Béatrice Delamer, extraits de l’entretien "La formation suivie devrait donner lieu à une reconnaissance dans l’emploi", publié dans le n ° 901 d’Inffo Formation, daté 1er au 14 juin 2016 (payant)

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