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CPA

Par Centre Inffo

Questions à... Clotilde Walter, secrétaire d’État chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage

L’heure a sonné pour le compte personnel d’activité qui, depuis ce 1er janvier 2017, rassemble le compte personnel de formation, le compte personnel de prévention de la pénibilité et le compte d’engagement citoyen. Ce droit universel en construction est le nouveau grand défi du secteur de la formation.

De quelle manière le CPA constitue-t-il une réponse aux mutations économiques et aux transformations du marché du travail ?
Chacun le constate, le monde du travail a profondément changé. L’époque où l’on pouvait passer l’ensemble de sa carrière dans une même entreprise est révolue. Les changements d’emploi sont plus fréquents, les situations de transition professionnelle sont plus nombreuses, y compris les transitions choisies. Ensuite, notre économie est en mutation et c’est une réelle opportunité pour la croissance et l’emploi en France si nous nous donnons les moyens de relever les défis qui nous attendent. Un jeune qui débute aujourd’hui sa vie professionnelle va connaître la transformation numérique, la transition énergétique et d’autres mutations que nous ne soupçonnons pas encore. Il va changer d’employeur plus fréquemment et peut-être créer son entreprise. Il devra savoir faire évoluer ses compétences au gré des évolutions de l’économie et de ses propres aspirations.
Le CPA a pour vocation de faciliter l’adaptation de chacun en réponse à ces mutations, en lui donnant les moyens de prendre en main son parcours professionnel. Les droits qui y sont inscrits suivront la personne dans toute sa carrière. Ils l’aideront à construire son projet professionnel et à se former tout au long de sa vie.

Quelles sont les principales conditions pour que le public s’approprie le CPA ?
Il est essentiel que le public s’approprie le compte personnel d’activité. Le CPA est un droit “d’action”, qui n’est utile que si la personne le mobilise. Une campagne d’information importante a été engagée par le gouvernement et va monter en puissance avec le lancement du CPA. Elle vise à la fois le grand public (avec des annonces dans les médias et sur les réseaux sociaux) et les acteurs de l’emploi et de la formation, qui recevront un kit d’information complet sur le CPA par les services de l’État dans les territoires.
On l’oublie trop souvent, mais le conseil en évolution professionnelle (CEP) est le maillon essentiel de l’accompagnement des actifs dans la construction de leur projet professionnel. De par leur expertise et les outils qu’ils ont su développer, les opérateurs du CEP ont les moyens de répondre aux besoins d’information sur le CPA et sont en capacité de renforcer l’accompagnement des publics les plus fragiles.

Quelles sont les grandes étapes qui doivent suivre l’entrée en vigueur du dispositif ?
L’essentiel des avancées du CPA entre en vigueur ce 1er janvier, après la publication de tous les décrets d’application. C’est notamment le cas du doublement des droits à formation pour les salariés non qualifiés, et des nouveaux usages autour du bilan de compétences et de l’appui à la création d’entreprise.
Les mois qui vont suivre cette entrée en vigueur seront donc importants pour l’appropriation du dispositif par les bénéficiaires, avec ses trois composantes – compte personnel de formation, compte personnel de prévention de la pénibilité et compte d’engagement citoyen.
Pour les fonctionnaires et les agents des organismes consulaires, les droits sont acquis à compter du 1er janvier 2017, mais l’accès opérationnel au portail CPA se fera progressivement d’ici 2020, car il faut que les différents employeurs publics assurent l’interconnexion de leurs systèmes d’information. Les travailleurs indépendants auront droit au CPA à compter du 1er janvier 2018.

Qu’en est-il de son extension au compte épargne-temps ou aux droits à l’assurance chômage ?
S’agissant des nouveaux droits qui pourraient rejoindre le CPA à l’avenir, comme ceux que vous évoquez, l’article 42 de la loi du 8 août 2016 prévoit l’engagement d’une concertation avec les organisations syndicales et patronales représentatives au niveau interprofessionnel. Je vous confirme la volonté du gouvernement d’engager la concertation prévue par la loi. Nous travaillons sur la méthode afin que celle-ci soit aussi efficace que possible.

Quelle est la mission du Conseil d’orientation ?
L’installation du Conseil d’orientation du CPA était une nécessité, car la réussite de la réforme dépend de la mobilisation conjointe de l’État, des partenaires sociaux et des Conseils régionaux. Nous avons voulu avec Myriam El Khomri en faire une instance de travail opérationnelle, où nous abordons des sujets concrets tels que l’accompagnement, la communication ou les systèmes d’information. Chacun des groupes de travail décidera de sa méthode et des acteurs qu’il souhaite, le cas échéant, auditionner.

propos recueillis par Aurélie Gerlach, Centre Inffo, 2017

“Un droit illimité à la formation continue”
En ce qui concerne les jeunes en situation de décrochage scolaire, “qui bénéficient grâce au CPA d’un droit illimité à la formation continue”, souligne Clotilde Valter, les Missions locales auront un rôle déterminant pour les amener à mûrir leur projet professionnel et leur besoin de formation. “Nous travaillons aussi sur un partenariat avec Emmaüs Connect pour toucher les personnes ayant des difficultés avec les outils numériques.” Enfin, ajoute-t-elle, “l’information sur le CPA ne peut pas relever que de l’État” : les Régions et les partenaires sociaux ont un rôle majeur à jouer, et c’est l’un des objectifs du Conseil d’orientation du CPA, lancé le 10 novembre dernier.

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