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CIDJ : le “nouveau cap” est fixé

Confirmation de la redynamisation du dialogue social et affirmation de grandes orientations qui restent à concrétiser, tel est le bilan provisoire du très stratégique conseil d’administration du Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) (voir notre article) qui s’est tenu le 19 décembre 2013. Debriefing avec Philippe Salles, directeur général arrivé le 5 août dernier.

« Ma première priorité à mon arrivée était de conforter l’interne », rappelle Philippe Salles. Objectif : ré-inscrire l’organisme dans un projet collectif, étape indispensable alors que la mise en œuvre du nouveau projet est appelée à « bousculer un certain nombre de choses ». Répétant à l’envie sa satisfaction d’avoir obtenu un vote conjoint de la direction, des syndicats et des partenaires sociaux, le directeur général n’en est pas dupe pour autant : « ils sont d’accord sur le cap, après, on verra bien... » Une prudence qui va de pair avec la réalité du déficit structurel que subit le CIDJ. « Les fondamentaux ne sont pas mauvais, nous n’avons ni dette ni emprunt, mais nous produisons du déficit à hauteur de 300 à 400 000 euros par an, ce qui n’est pas supportable », explique-t-il. « Il faut donc toucher au modèle économique, trouver de nouvelles recettes et contenir les charges ». Se refusant pour l’heure à évoquer des licenciements, le directeur général espère visiblement préserver autant que possible la paix sociale retrouvée : « la tendance n’est pas bonne mais nous ne sommes pas dans une situation extrêmement critique, cela ne sert à rien de casser la boutique par des mesures trop radicales ». Reste qu’il en convient lui même, agir sur les curseurs du tendanciel s’annonce délicat : « il va falloir négocier en interne : à quoi touche-t-on, à quel niveau, à quelle hauteur ? »

Quatre axes stratégiques

Pour l’heure, seule une feuille de route approuvée par l’ensemble du conseil d’administration indique les axes stratégiques à traduire dans le plan d’action 2014-2016, qui reste à bâtir d’ici au printemps prochain. Le premier axe touchait à la survie même du CIDJ en tant que structure unique. Au vu des récentes rumeurs de partition entre une structure CRIJ Île-de-France calquée le modèle régional et une structure de production nationale pour le réseau, « ce n’était pas évident », rappelle Philippe Salles : « nous avons démontré par A+B que cette partition n’était pas viable dans la mesure où on allait, d’une part, créer une structure pour laquelle ni la ville de Paris ni la Région n’étaient prêtes à s’engager et, d’autre part, laisser flotter une structure de production sur le marché concurrentiel sans viabilité économique puisqu’on allait perdre en masse critique et en synergies ». De la structure unique dépend le deuxième axe, dédié au renforcement et au développement de l’offre de services. Assumant l’ambition de « proposer des services packagés, avec aussi bien de l’édition, du print, du numérique que de l’événementiel », le CIDJ intégré entend décupler son offre aux collectivités, entreprises et branches professionnelles. Conscient de se trouver là sur un marché concurrentiel, la structure s’est efforcée de travailler son positionnement à travers une réflexion sur son identité : « qu’est-ce qui nous différencie d’une Mission locale, d’un CIO ou de Pôle emploi ? » Pour le CIDJ, la réponse passe notamment par des logiques de parcours accompagnés qui s’intéresseront aux niches « peu ou pas couvertes » par les partenaires naturels de la structure. Ainsi de l’accès aux droits sociaux [1], d’un pôle Initiatives consacré à l’entrepreneuriat des jeunes et à la création d’activités et d’un service de conseil à la mobilité internationale européenne.

Si le public principal reste les jeunes, le directeur général souligne une évolution de l’approche : « nous ne partirons plus forcément des jeunes mais davantage de l’offre de services ». Conséquence : « compte tenu de la situation économique, nous serons forcément amenés à accueillir de plus en plus de jeunes adultes en recherche d’emploi, en reconversion, etc. Mais si nos services d’accompagnement collectifs et individuels n’auront pas forcément de publics cibles sous forme de jeunes de tel à tel âge, nous allons toutefois rester sur cette problématique de premier rendez-vous créé sur des problématiques de parcours de vie », prévient-il.

Au-delà de ce deux axes majeurs, Philippe Salles évoque aussi un « chantier de remise à plat des relations avec les bailleurs territoriaux ». Si les négociations avec la ville sont aujourd’hui en veille en raison du calendrier politique, les pourparlers avec la Région pourraient eux reprendre d’autant plus rapidement que la situation francilienne détonne : « en province, le conseil régional fournit 30 à 40 % du budget d’un CRIJ moyen contre à peine 5 % en Île-de-France », assure-t-il. À noter enfin, un quatrième axe, « plutôt dormant aujourd’hui » et qui concerne des relations à activer avec la demi-douzaine de partenaires ministériels, limitées dans certains cas à la présence d’un représentant au conseil d’administration.

Dès à présent et sans attendre le plan d’action 2014-2016 prévu pour avril prochain, Philippe Salles se donne pour mission « d’aller confronter le projet et de le partager avec des organismes comme le Centre Inffo, l’Onisep, la Direction de l’information légale et administrative (Dila), les ministères, les branches professionnelles et les entreprises ». Objectif : « voir qui peut concourir à notre développement dans le court et le moyen terme »...

Marie Richard, nouvelle présidente
Non annoncé lors du conseil d’administration du 19 décembre 2013 pour des raisons de procédure, le nom du successeur de Bernard Ophèle, président par intérim, a été officiellement dévoilé lors d’un conseil d’administration exceptionnel dédié à cet unique point qui s’est réuni le 15 janvier 2014. Personnalité qualifiée désignée par Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, il s’agit de Marie Richard. Inspectrice générale de la Jeunesse et des sports, conseillère régionale PS depuis 1998, elle a été conseillère au cabinet de Roger Bambuck, alors secrétaire d’État aux Sports, et directrice de cabinet de Kofi Yamgnane, secrétaire d’État à l’Intégration. Un choix qui satisfait pleinement le directeur général Philippe Salles, avec qui elle forme désormais le duo tant réclamé par l’administrateur représentant du personnel, Antoine Cancellieri.

Le Conseil du conseil d’administration

  • 7 ministères (Sports, Jeunesse, Éducation populaire et vie associative, Éducation nationale, Défense, Travail, Justice, Santé, Outre-Mer)
  • Associations de jeunesse représentées par le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep)
  • Ville de paris
  • Région Île-de-France
  • 2 représentants des CIJ de province
  • 4 personnalités qualifiées nommées par le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports
  • 2 représentants du personnel.

Le CIDJ dispose d’environ 7 millions d’euros de budget annuel pour 79 salariés.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2014

À consulter :

[1] La question a fait l’objet d’un rapport du Conseil économique, social et environnemental en juin 2012, voir notre article

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