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CIDJ : le directeur général veut tracer de nouvelles perspectives

2013 : annus horribilis pour le CIDJ. Budget en crise, annonce d’un plan social, pétitions, banderoles... De sérieux ébranlements au quai Branly. L’arrivée cet été d’une nouvelle équipe dirigeante semble promettre un nouveau souffle pour cette vieille maison dédiée à la jeunesse.

Le 5 août dernier, après plusieurs mois marqués par une houleuse crise de gouvernance à la tête du CIDJ (voir article), Philippe Salles prenait place dans le fauteuil directorial du Centre d’information et de documentation jeunesse. Pas une première pour cet ancien délégué général de la Fondation du sport qui avait déjà piloté l’institution du 101, quai de Branly de 1993 à 1996. « Évidemment, le CIDJ a changé, depuis. L’irruption du numérique dans la société a radicalement modifié les modalités d’accès à l’information des jeunes, quitte parfois à les noyer sous la quantité », expliquait, le 10 septembre, celui qui s’est donné un an pour « faire évoluer le modèle économique et la stratégie du Centre, en redéfinissant la nature de ce que doit être l’information jeunesse ».

"Le déficit ne se réglera pas par un plan social"

La nomination d’un nouveau directeur s’est-elle accompagnée d’un état de grâce ? « Nous verrons... », confiait Philippe Salles qui a d’ores et déjà rencontré le CE (à deux reprises) et le CHSCT de l’entreprise. Dehors, pourtant, sur les vitres donnant sur les quais de Seine, les panneaux « CIDJ en danger » n’ont pas pour autant été retirés par les salariés du Centre. « En rencontrant les représentants du personnel, j’ai constaté de l’inquiétude. Et même de la souffrance, c’est vrai », avouait celui qui assure cependant « n’être ni un cost-killer, ni un manager de passage et encore moins un faiseur de plan social ». D’ailleurs, un plan social, à ses yeux, « ne servirait à rien puisque les difficultés du CIDJ sont structurelles... et ce déficit structurel ne se réglera pas par un plan social, qui plus est envisagé comme unique mesure » ».

En effet, selon Philippe Salles, la crise que traverse le Centre est davantage liée à une institution qui ne s’est jamais vraiment renouvelée depuis sa création en 1969 qu’à des problèmes de trésorerie, même s’il ne nie pas que la diminution de la commande publique pour les produits estampillés CIDJ – la vente des classeurs thématiques « Actuel CIDJ », qui, en 2013, représentait 2,9 millions de recettes sur les 7 millions de budget annuel du Centre connaît une baisse continue depuis cinq ans et la subvention publique de 2,7 millions n’a pas été réévaluée durant ce laps de temps pour compenser les pertes – a contribué à la crise qui s’est soldée, au début de l’été dernier, par la démission du président Patrick Colasse et de la directrice générale Catherine de Labarre.

Redéfinir l’information jeunesse

« Je ne suis pas là pour juger le bilan de mes prédécesseurs », a-t-il néanmoins tranché, « la crise et les réductions budgétaires touchent tous les acteurs publics et l’activité du CIDJ se retrouve impactée par l’émergence du numérique comme vecteur d’information grand public, l’accentuation de la décentralisation — avec l’acte III qui se profile à l’horizon et la création de services publics régionaux de l’orientation — qui nous amènent à nous interroger sur une nouvelle définition de ce que doit être l’information jeunesse en 2013. » Ainsi, aujourd’hui, le CIDJ reçoit annuellement près de 150 000 jeunes demandeurs d’information sur leur orientation. « Lors de mon précédent mandat, ils étaient en moyenne 600 000 à se présenter au guichet... et force est de constater que ce ne sont plus les mêmes publics. Ceux que nous recevons aujourd’hui sont généralement davantage en situation de souffrance sociale que ne l’étaient leurs prédécesseurs des années 1990. »

Un changement de paradigme qui a conduit cet ancien inspecteur de la jeunesse et des sports à imaginer des scénarios quant au renforcement de l’accompagnement des jeunes reçus par le Centre, mais aussi au développement de partenariats transversaux avec d’autres acteurs de l’orientation, de l’insertion, de l’emploi et de la formation (Onisep, Centre Inffo, Conseils régionaux, etc.), mais aussi avec certains secteurs et branches professionnelles relevant soit de l’économie sociale et solidaire (ESS), soit du secteur marchand. « Dans les temps à venir, j’envisage ainsi de rencontrer Florence Poivey, la nouvelle dirigeante de la commission Education-Formation du Medef pour envisager des pistes de réflexion communes », a indiqué Philippe Salles. Une initiative destinée, notamment, à faciliter l’accompagnement des jeunes vers l’entreprise, que le CIDJ avait déjà commencé à développer en mettant en œuvre des actions de job-datings, via l’organisation de salons de l’insertion ou encore de parcours d’informations spécifiques à destination de lycéens ou d’apprentis de CFA.

Bientôt une feuille de route stratégique

C’est nanti d’un contrat de travail d’un an – renouvelable – que Philippe Salles s’est installé à la tête de l’institution. Et en accordant son agrément à sa candidature, Valérie Fourneyron, sa ministre de tutelle, lui a garanti l’assistance de son ministère pour l’aider à mener à bien sa volonté de redéfinition de l’activité du CIDJ. Pour l’heure, cependant, les moyens accordés au nouveau directeur n’ont pas été définis dans sa lettre de cadrage, mais pourraient se traduire par une facilitation de l’interconnexion entre les différents ministères et collectivités territoriales concernés par l’action du Centre ou par l’assistance d’un cabinet de conduite du changement destiné à mener les nouvelles orientations stratégiques. Un premier rendez-vous avec le ministère de la Jeunesse et des Sports a d’ores et déjà été programmé à la fin du mois d’octobre. À cette date, Philippe Salles devra présenter une feuille de route détaillée quant aux nouveaux axes stratégiques qu’il compte mettre en place pour l’année 2014.

par Benjamin d’Alguerre, Centre Inffo, 2013

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