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Berthé Bemba, agent de collecte et de propreté

Par Centre Inffo

Arrivé du Mali à 14 ans pour rejoindre ses parents, Berthé Bemba est l’un des quatorze lauréats de la première promotion du CAP gestion des déchets et propreté urbaine proposé par l’entreprise Sepur. Heureux de son indépendance, il espère évoluer.

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"Avec le temps, on s’adapte"

Travailler dans la propreté urbaine n’était pas son premier choix mais Berthé Bemba se félicite aujourd’hui d’avoir suivi les conseils de la Mission locale. Titulaire d’un CAP de vendeur, il ne trouvait pas d’emploi. Aussi n’hésite-t-il guère quand sa conseillère lui suggère de regarder du côté des métiers de la gestion des déchets et de la propreté urbaine. « Au début, franchement, je ne connaissais pas du tout ces métiers, c’est vrai que vider les poubelles, être derrière les camions, ça m’a fait bizarre », concède-t-il, « mais avec le temps, on s’adapte ». Pendant deux ans, Berthé Bemba aura appris le métier dans le cadre d’un contrat d’apprentissage signé avec la société Sepur. Pour Youri Ivanov, PDG à l’origine de la création du CAP, l’avantage est double : d’une part, professionnaliser des métiers traditionnellement peu qualifiés ; d’autre part, renforcer l’attractivité d’une filière en déficit d’image par la promesse d’un emploi assorti de réelles possibilités d’évolution. Le 28 septembre 2015, jour de remise des diplômes, les officiels insistent : lui et ses camarades de promotion peuvent être fiers d’avoir suivi avec succès les deux ans de formation en apprentissage : les voilà récompensés par un CDI, au service d’un métier utile à la société, qui ne connaît pas la crise.

L’assurance d’un emploi

Cette dernière dimension, Berthé Bemba la revendique lorsqu’on lui demande s’il recommanderait cette filière à ses proches : « si ça peut les aider à sortir de la galère, c’est mieux que de rester dans les cités ». Et d’insister : « avant, je faisais un peu de tout en intérim - manutentionnaire, préparateur de commandes, etc. - grâce au CAP, j’ai évolué, obtenu un CDI et trouvé un logement. » Qu’a-t-il appris durant sa formation ? « Des techniques anti-graffiti au ramassage, il y a beaucoup de choses à apprendre dans ces métiers, j’ai tout fait, sauf la conduite de benne car je n’ai pas le permis de chauffeur poids lourd. » Et maintenant ? « Le rêve de tous les gars qui ont leur diplôme, c’est de devenir chef d’agence alors, pourquoi pas… », sourit-il. Une chose est sûre, l’avenir passera par l’évolution. En interne si l’entreprise le permet, ou ailleurs. Pour Berthé Bemba, la création d’une entreprise au Mali relève des grandes espérances : « faire évoluer le pays au niveau de la propreté, surtout à Bamako, on en a besoin ; c’est mon rêve, mais il faut de l’argent, et du matériel ! » Résolu à évoluer, il sera à l’affut des opportunités mais se dit aussi prêt à changer de secteur pour pouvoir le faire : « aujourd’hui, je suis bien où je suis mais, plus tard, je pourrais m’orienter vers le métier de conducteur de bus », conclut-il.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2015

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