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Avec la Maison de l’Apprentissage de Gennevilliers, les apprentis ont leur campus

Par Centre Inffo

4 800 m² pour quelques 400 apprentis, "réalisation exemplaire" dûment célébrée par ses cofinanceurs, la Région Ile-de-France et la CCIP, la Maison de l’apprentissage de Gennevilliers vient de connaître sa première rentrée. Présentation !

Une ville « qui revit et qui a repris son développement », un projet qui montre « que l’alternance gagne petit à petit ses lettres de noblesse et finira par s’imposer en France », une initiative qui « redonne à ces formations toute la dignité qu’elles n’auraient jamais dû perdre », le président de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon ne tarissait pas d’éloges, mercredi 17 octobre, pour saluer la concrétisation d’une ambition qui, à l’en croire, a parfois tenu du Chemin de Croix : « pendant 20 ans, on prie, on croît, et puis un jour, parce que tout le monde à porté le projet, on y arrive ». Si la nouvelle passera sans doute plus inaperçue que la récente inauguration de la Cité du cinéma à Saint-Ouen, elle n’en est pas moins tout aussi importante pour l’avenir du nord francilien, territoire contrasté oscillant entre grande richesse et extrême précarité. Car tout comme le très médiatique projet de Luc Besson, la Maison de l’apprentissage qui vient d’ouvrir ses portes à Gennevilliers, commune des Hauts-de-Seine en lisière du 93, est riche de promesses de développement.

Yves Pelliard, directeur de la formation technique Otis
« Des moyens de formation sans équivalent », ainsi le leader mondial de la fabrication d’ascenseurs juge-t-il la Maison de l’apprentissage : « Elle propose une large gamme de machines, de l’ancien au neuf, de la maquette à la cabine complète d’ascenseur, qui permet aux jeunes d’aborder tous les aspects du métier et de développer une expertise tant en maintenance qu’en modernisation. Par ailleurs, l’apprentissage est le meilleur vivier de recrutement pour une entreprise qui recherche des techniciens rapidement opérationnels. Enfin, la localisation ainsi que l’architecture même de cet établissement, qui met en lumière toute la machinerie des gaines d’ascenseurs, sont des atouts considérables pour la valorisation du métier auprès des jeunes ».

Une organisation favorable aux échanges

Magnifique réalisation architecturale qui s’étend sur 4 800 m² de surface utile, le projet innove en ce qu’il réunit trois centres de formation professionnelle par alternance intervenant dans des filières différentes : le Centre des Formations industrielles (CFI) pour la menuiserie, l’agencement et la maintenance des ascenseurs, l’Institut national de l’hygiène et du nettoyage industriel (INHNI) pour la propreté, les Compagnons du Devoir pour la menuiserie et la charpente. Portée par la Région Ile-de-France et la CCIP à qui a été confiée la gestion de l’établissement, la Maison de l’apprentissage, qui a connu sa première rentrée au mois de septembre 2012, accueille déjà près de 400 apprentis et devrait parvenir au maximum de sa capacité d’accueil (660) dès 2013. Associé au projet dès la phase de conception, chaque centre de formation a pu exprimer ses besoins et mutualise aujourd’hui lieux de vie et ressources pédagogiques, « tout en conservant sa pleine autonomie » souligne le directeur de l’établissement Bruno Gardet. De l’avis de tous et notamment des apprentis, le bâtiment et ses plateaux techniques sont aussi agréables que fonctionnels, rompant de manière spectaculaire avec l’image d’une alternance parent pauvre de la formation. Non seulement la Maison de l’apprentissage a-t-elle des allures de grande école mais, signe que les frontières s’estompent, le bâtiment est situé en face ou presque du pôle universitaire avec lequel a été conclu un partenariat. Grâce à ce dernier, deux mondes jusqu’ici fort cloisonnés auront l’occasion de se rencontrer, les apprentis profitant du restaurant universitaire et les étudiants des installations sportives du nouveau navire amiral de l’alternance.

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Lors de l’inauguration, le 17 octobre

Un projet, un parcours, un emploi

Pour les représentants des fédérations professionnelles venus inaugurer la Maison de l’apprentissage, l’occasion est rêvée pour vanter les atouts de leurs filières : « il y a de l’emploi, ce n’est pas délocalisable », déclare ainsi Stéphane Krause, président de la Fédération des ascenseurs ; idem pour Philippe Jouanny, président de la Fédération des entreprises de propreté d’Ile-de-France, qui tente de valoriser un secteur en déficit d’image : « les métiers de la propreté, c’est 450 000 salariés en France, 150 000 en Ile de France, 6000 entreprises qui ont besoin de main d’œuvre et de renouveler leurs effectifs. Nous sommes peu reconnus mais c’est un métier d’avenir, qui embauche », assure-t-il. Pour Michel Guisembert, président de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France, il convient aussi de rappeler qu’il s’agit de « donner une chance à des jeunes, pas simplement à ceux qui sont en échec scolaire, mais à ceux qui ont un projet ». Témoin idéal pour soutenir ce message, Agnès Longchamps de Berier, apprentie menuisier en brevet professionnel au CFI tout juste sortie de la filière générale : « après un bac littéraire, j’étais en fac de droit mais je n’attendais qu’une chose, la fin des partiels pour pouvoir restaurer des meubles. Toute petite déjà, je trouvais ma maison de poupée trop petite, j’attrapais des outils et je me faisais ma petite maison... », sourit-elle avant de s’enthousiasmer pour le site de Gennevilliers : « cette école, c’est juste un beau bijou, on a des grands volumes, des grands espaces, beaucoup de machines et des professeurs qui sont là pour nous », témoigne-t-elle. Autre exemple, avec Fanny Gregorio Da Sousa, également apprentie menuisier, qui démontre sa capacité à s’inscrire dans un parcours en déclarant vouloir poursuivre jusqu’en master d’art pour se consacrer à la restauration : « la menuiserie, c’est la base de la restauration, cela permet de connaître les matières, d’appréhender les machines et le côté professionnel, c’est donc la première étape de mon long cursus ». Ce qu’elle entend trouver dans l’alternance ? « Un contact direct avec l’entreprise, l’apprentissage de la façon dont on doit se conduire avec ses collègues de travail, les clients, le patron », bref, la découverte de « l’environnement professionnel ».

Une ambition régionale

« Véritable vitrine de la formation régionale » selon Jean-Paul Huchon, la Maison de l’apprentissage s’inscrit dans le cadre du contrat d’objectifs et de moyens adopté en septembre 2011, lequel ambitionne de porter à 118 000 le nombre de jeunes dans les CFA franciliens en 2015. Avec plus de 100 000 jeunes en formation en 2011-2012, « l’objectif est bien parti pour être atteint », se félicite le président de l’exécutif régional, non sans rappeler les 400 M€ engagés en faveur de l’apprentissage en 2012. Justifiant le partenariat avec la CCIP, l’élu souligne que si « les politiques de formation et l’apprentissage sont au cœur de la compétence régionale, elles vont de pair avec les politiques de développement économique ». De fait, « l’apprentissage est un mot qui nous réunit souvent », renchérit Pierre-Antoine Gailly, président de la CCIP particulièrement heureux de rappeler les chiffres des écoles consulaires franciliennes : « 90% de taux de réussite, 86% de taux d’insertion à six mois en CDI, près de 78% des élèves avec un contrat avant leur sortie de l’école et 6% de taux d’abandon contre 20% au niveau national », assure-t-il.

D’un coût de 31,4 M€, le projet a été co-financé à hauteur de 80 % par la Région Ile-de-France et 20 % par la CCIP.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2012

Le CFI à la Maison de l’apprentissage
PHOTO 3 - École de la CCIP, le CFI accueillera 250 jeunes en alternance de niveau V et IV. A terme , l’effectif prévu est de 400 jeunes dont une classe préparatoire à l’apprentissage qui ouvrira en septembre 2013. L’offre Menuiserie et agencement : 4 diplômes du CAP au bac Pro + 1, 1 CQP. L’offre Maintenance des ascenseurs : 2 diplômes niveau Bac (titre RNCP) et post bac (CQPM [1]).

Les Compagnons du Devoir à la Maison de l’apprentissage
L’établissement de Gennevilliers accueille deux sections d’apprentis en charpente et trois en menuiserie, soit 80 jeunes au total. 16 apprentis charpentier préparent le concours du Meilleur Apprenti de France (MAF). L’offre de formation : CAP Charpentier Bois, CAP Menuisier, fabricant de menuiserie, mobilier et agencement.

L’INHNI à la Maison de l’apprentissage
Le CFA Propreté de Gennevilliers est l’un des sept CFA Propreté de l’INHNI, organisme de formation de la branche professionnelle de la propreté et des services associés. 120 apprentis des 350 d’Ile-de-France ont à ce jour intégré la Maison de l’apprentissage. L’offre de formation : CAP Maintenance et hygiène des locaux (MHL), Bac Pro Hygiène-Environnement (HE).

[1Certificat de qualification paritaire de la métallurgie.

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