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Apprentissage

800 000 jeunes formés en alternance d’ici à 2015, tel est l’objectif du Gouvernement. Qu’en pense le Parti socialiste ?

Questions à Pascale Gérard, secrétaire nationale du Parti socialiste à la formation professionnelle et à la sécurité sociale professionnelle

Comment s’organisent vos travaux ?

Je travaille au sein du pôle Éducation piloté par Vincent Peillon et nous nous concertons beaucoup avec le pôle Travail emploi dirigé par le député des Landes Alain Vidalies, car nous souhaitons envisager les choses dans la continuité. C’est une idée que nous avions mise en avant dans un texte présenté en 2010, préparé par Pierre Moscovici, et intitulé "Pour un nouveau modèle de développement économique, social, écologique". C’était la première fois que l’éducation et la formation professionnelle étaient traitées comme un sujet global, et non séparément. Si nous voulons diviser par deux le nombre de jeunes sortis du système scolaire sans qualifications avant la fin du prochain quinquennat, nous devons travailler ensemble.

Quelles sont vos propositions ?

Nous avons défini plusieurs axes de travail. Avant tout, nous souhaitons la mise en place d’une solution pour tous les jeunes de 16 à 18 ans qui ont rompu avec le système éducatif. Il faut organiser pour ceux-ci un retour en formation initiale, qui peut prendre plusieurs formes : l’apprentissage, le contrat de génération, le service civique ou encore un emploi d’avenir…

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Pascale Gérard (DR)

Nous voulons également mener un travail de dialogue sur un "compte individuel de formation". Nous voudrions qu’il soit inversement proportionnel à la longueur et au niveau du parcours scolaire de la personne, et d’autre part qu’il soit abondé tout au long de la vie, reste la propriété de la personne et soit donc transférable.
Le troisième axe de travail porte sur le chômage partiel. C’est un système qui a été trop peu utilisé pendant la crise. L’Allemagne a consacré 10 fois plus de budget que la France à ce poste, soit 6 milliards d’euros contre 600 millions. Nous pensons que la formation doit être considérée comme un investissement plutôt qu’une charge, qu’elle participe de la compétitivité au même terme que la recherche ou l’innovation. La France doit plutôt investir sur de la "compétitivité-produit" plutôt que sur de la "compétitivité-prix" qui elle, est basée sur le coût des salaires. De notre point de vue "former plutôt que chômer" doit s’envisager d’une nouvelle manière. Il faut considérer la formation comme une réelle activité, et par là, sortir de l’idée que l’on est actif que lorsque l’on travaille. Si la formation est considérée comme une activité, cela permet alors de conjuguer des périodes d’emploi et des périodes de formation.

Quel est votre point du vue sur la politique menée par le gouvernement afin de développer l’apprentissage ?

Le parti socialiste n’est pas sur une posture anti-apprentissage. Nous pensons juste que cette voie de formation ne doit pas être mise en concurrence avec la formation professionnelle initiale, dispensée dans les lycées professionnels.
Par ailleurs, nous sommes pour un travail sur la qualité de l’apprentissage et non seulement sur le quantitatif. Actuellement, le nombre de ruptures de contrats est trop important. D’autre part, nous engageons un travail réel sur l’égalité d’accès à l’apprentissage. Aujourd’hui, seuls 32% des apprentis sont des femmes. De même, on trouve encore peu de personnes handicapées ou de jeunes issus de zones urbaines sensibles dans les rangs des apprentis. Il serait intéressant de lancer des partenariats sur ce sujets avec les branches et les grandes entreprises. Enfin, je conclurais en disant que l’on ne décrète pas l’augmentation du nombre de contrats d’apprentissage. C’est une variable sensible à la conjoncture, un point c’est tout.

Propos recueillis par Aurélie Gerlach, Centre Inffo, 2012

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