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Alternance : et si ça se passe mal ?

Par Onisep

Environ 1 apprenti sur 5 en CAP et 1 apprenti sur 10 dans l’enseignement supérieur ne vont pas jusqu’au bout de leur contrat. La rupture ne signifie pas cependant un échec définitif. Il est possible de rebondir et de trouver une nouvelle entreprise d’accueil, comme en témoignent ici un apprenti et un employeur. Partage d’expériences, pistes et conseils pour vous remettre en selle.

Privilégier la voie du dialogue

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© Brigitte Gilles de la Londe / Onisep

Les raisons qui poussent un jeune alternant à rompre son contrat peuvent être très diverses : le travail confié ne correspond pas au programme de la formation ; le temps de transport jusqu’à l’entreprise est trop long ; le courant ne passe pas avec le tuteur et/ou les collègues…

Avant de tout plaquer du jour au lendemain, essayez de discuter des motifs de votre insatisfaction soit avec votre maître d’apprentissage, soit avec un responsable du centre de formation. Si vous travaillez dans une entreprise du secteur de l’artisanat, vous pouvez faire appel à un médiateur de la chambre des métiers et de l’artisanat, qui organisera une rencontre avec votre maître d’apprentissage et vous pour essayer de trouver une solution.

Rompre son contrat dans les deux premiers mois

La majorité des contrats d’alternance sont rompus au cours de la période d’essai (deux mois pour un contrat d’apprentissage, durée variable pour un contrat de professionnalisation). La rupture peut alors être décidée unilatéralement, par le jeune ou par l’entreprise.

Si vous êtes toujours motivé par la formation en alternance, recherchez sans tarder un autre contrat. Votre école ou CFA peut vous aider et vous mettre en contact avec des entreprises. Vous pouvez aussi vous adresser à la chambre des métiers ou à la chambre de commerce et d’industrie de votre département qui disposent d’offres de contrat.

Rompre son contrat après la période d’essai

Passée la période d’essai, la résiliation du contrat d’alternance ne peut se faire que si les deux parties (vous et l’entreprise) sont d’accord ou, à défaut, être prononcée par le conseil des prud’hommes.

Différents cas de figure peuvent se présenter.

  • Si l’entreprise est en difficulté économique et dépose le bilan, la fin de contrat peut être précipitée. « Ce n’est évidemment pas le fait du jeune et l’école mettra tout en œuvre pour l’aider à retrouver un employeur », rassure Patrick Le Men, directeur du CFA Ingénieurs 2000.
  • Si la relation entre l’apprenti et le tuteur s’est détériorée au fil du temps, la rupture peut se révéler inévitable. Néanmoins, le mieux est de l’envisager en « ménageant ses arrières ». « L’entreprise peut accepter d’attendre que l’alternant ait trouvé un autre employeur pour mettre fin au contrat », mentionne Nathalie Chassande Mottin, responsable du développement de l’ITESCIA à Pontoise.
  • Si les examens sont passés, le jeune peut demander à quitter l’entreprise avant la fin du contrat. Dans ce cas, la rupture n’a pas de conséquence. Elle est souvent liée à une proposition d’embauche ou de nouveau contrat d’apprentissage chez un autre employeur.

En cas de difficulté à l’école

Vous êtes à l’aise en entreprise, mais c’est à l’école que vous peinez ? N’attendez pas que les résultats soient catastrophiques pour aborder le sujet avec vos enseignants. Certains CFA mettent en place des dispositifs de soutien pour les élèves en difficulté. En cas d’échec à l’examen, le contrat peut être renouvelé une année pour permettre le redoublement. « Je conseille toujours aux jeunes de redoubler pour essayer d’obtenir leur diplôme, même si dans certains secteurs d’activité, il est possible de s’insérer sans », observe Nathalie Chassande Mottin de l’ITESCIA.

Les difficultés à l’école peuvent aussi venir d’une orientation qui ne vous convient finalement pas. Après quelques semaines ou mois, vous vous rendez compte que la formation et le métier auquel elle conduit ne vous intéressent pas. Il ne sera pas forcément possible en cours d’année de rejoindre un autre cursus. « Une erreur d’orientation n’a rien de dramatique, rappelle Patrick Le Men, directeur du CFA ingénieurs 2000. Une année d’hésitation pèse peu sur un horizon de 40 ans de vie professionnelle. »

  • L’expérience d’un apprenti :

Kévin est apprenti en 4e année d’école d’ingénieurs. Il a signé son premier contrat juste après le bac dans une PME parisienne qui commercialise des équipements pour des cabinets médicaux.

« L’entretien d’embauche s’était très bien passé, raconte-t-il. Le responsable de l’entreprise m’avait présenté le travail qu’il voulait me confier et qui correspondait à la formation de technicien en électronique et télécommunications que j’allais suivre à l’école. Mais une fois en poste, je n’ai eu à faire que des travaux de manutention, à emballer et déballer des cartons. J’ai exposé la situation à mon tuteur à l’école, qui a organisé un rendez-vous avec le maître d’apprentissage. Cette réunion n’a pas été suivie d’effet et j’ai décidé de partir avant la fin de la période d’essai.

J’ai été autorisé à poursuivre les cours et quand mes camarades étaient en entreprise, je consacrais mes journées à appeler des responsables de recrutement et à envoyer des candidatures. J’ai trouvé un autre contrat juste avant Noël. Ces semaines de recherche ont été difficiles, mais je ne regrette pas d’avoir osé quitter une entreprise où je n’apprenais rien. »

  • L’expérience d’un employeur :

Christophe Borée est directeur associé de Lecko, cabinet conseil en organisation.

« Parmi les trois jeunes actuellement en formation en alternance, l’une, étudiante en master à l’IDRAC Paris, a rompu son contrat au bout d’1 an dans une précédente entreprise pour nous rejoindre. J’ai apprécié sa démarche proactive, alors que nous ne recherchions pas à ce moment-là ce type de profil d’ingénieur commercial.

Elle nous a expliqué pourquoi elle voulait rejoindre une petite structure comme la nôtre et elle nous a convaincus. Je ne considère pas la rupture de contrat comme une tare, si le jeune peut la justifier. Cette étudiante a été courageuse pour arriver à ses fins. »

par Onisep, 2013

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