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Alternance et handicap

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Sylvain Vacheresse (DR)

Alors que le Plan régional pour l’insertion des travailleurs handicapés (PRITH) de Bourgogne prône le développement de l’alternance, nous avons demandé à l’opérateur public de l’emploi de préciser les enjeux. Entretien avec Sylvain Vacheresse, directeur du Cap Emploi 21 (Côte d’Or).

« La formation seule ne permet pas d’accéder à l’emploi »

Comment avez-vous abordé la problématique de l’alternance ?

Sylvain Vacheresse - Nous avons mené une réflexion sur les freins au développement des contrats en alternance en abordant le problème de la façon suivante : comment les contrats de professionnalisation peuvent-ils permettre de lever des freins à l’insertion professionnelle des bénéficiaires de l’obligation d’emploi (BOE), en particulier dans le secteur tertiaire.
La formation seule ne permet pas d’accéder à l’emploi. Lorsqu’une personne âgée de 45 ou 50 ans est formée à la conduite de poids lourd, par exemple, elle arrive sur le marché du travail sans expérience significative. Elle est peu crédible, d’où l’importance de l’alternance pour affiner les compétences et pour apporter cette expérience. Il y a un problème d’image, en premier lieu. Les entreprises pensent que l’alternance est réservée aux jeunes et elles sont surprises lorsqu’un candidat de plus de 45 ans se présente. C’est une spécificité, concernant les personnes handicapées, qui n’est pas connue.
Actuellement, nous avons 10 personnes handicapées adultes engagées dans un parcours d’alternance. Parmi eux, 4 bénéficient d’un contrat de professionnalisation pour des postes d’assistant RH (ressources humaines) et secrétaire comptable. Pour les 6 autres, nous recherchons actuellement, avec le service Alther1 (“partenaire-service” de l’Agefiph dédié à la mobilisation des entreprises pour l’emploi des personnes handicapées), des entreprises du secteur tertiaire pour des contrats en alternance. Nous avons également engagé une démarche similaire dans le secteur du transport, mais il est encore trop tôt pour en parler. Nous travaillons aussi avec un groupe bancaire pour la mise en place d’un contrat de professionnalisation visant le métier de conseiller bancaire. Le centre de formation de la profession bancaire (CFPB) et Pôle emploi sont associés à ce projet. La préparation opérationnelle à l’emploi (POE), financée par Pôle emploi et les Opca, sera mobilisée en amont du contrat de professionnalisation.

Quelles sont vos pistes de développement pour l’apprentissage ?

Sylvain Vacheresse - Nous travaillons depuis trois ans avec le CHU (centre hospitalier universitaire) de Dijon sur les contrats d’apprentissage pour des postes de secrétaire médicale. Deux promotions de 10 personnes ont été constituées et, aujourd’hui, une troisième est orientée sur le métier d’agent de “bio-nettoyage” en milieu hospitalier. Dans ces promotions, nous trouvons surtout des adultes et peu de jeunes.
Cependant, la rémunération des apprentis est plus faible, soit 53 % du Smic sur la première année, quel que soit le niveau du diplôme préparé. Cela passe encore pour des jeunes, mais pour des adultes, avec charge de famille, c’est difficile, même s’il existe des aides de l’Agefiph pour compenser cette faible rémunération. Nous favorisons les contrats d’apprentissage adultes dans la fonction publique car la rémunération dépend du niveau du diplôme préparé, soit 63 % du Smic pour un niveau IV et 53 % pour un niveau V. En outre, les aides de l’Agefiph destinées aux employeurs et relatives à l’apprentissage ont baissé en 2012.
En matière d’aide significative à l’employeur, la conclusion d’un contrat d’apprentissage aménagé ouvre droit à des avantages spécifiques, venant s’ajouter à ceux normalement liés à la conclusion d’un tel contrat (exonération de cotisations, aide à l’embauche, crédit d’impôt apprentissage, etc.).
Pour favoriser l’apprentissage des jeunes handicapés, nous nous sommes rapprochés des Instituts médico-éducatifs (IME). En Côte-d’Or, des bancs d’essai ont été développés pour permettre à ces jeunes, atteints de déficience intellectuelle modérée, de se confronter à des situations d’apprentissage. Ces actions organisées chaque année par les CFA et les pôles insertion des IME débouchent sur la conclusion de nombreux contrats d’apprentissage, d’une durée de trois ans, et non plus de deux ans.

par Philippe Grandin, Centre Inffo, 2012

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