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4es Olympiades des métiers : l’excellence en mode festif

Les épreuves des 42es Olympiades des métiers -Worldskils Competition- se sont déroulées du 2 au 6 juillet à Leipzig, Allemagne. Après avoir franchi toutes les étapes régionales et nationales des sélections, les 45 jeunes Français de l’ "équipe de France des métiers" se sont mesurés, dans 50 métiers, aux membres des équipes de 53 autres pays participants. Reportage.

Au total, 999 candidats venus des cinq continents - Chinois, Néo-Zélandais, Géorgiens, Indiens, Koweïtiens, Argentins... -, réunis pour cette édition biennale des Olympiades dans le centre de congrès de Leipzig, Land de Saxe, Allemagne.

Une ambiance de caravansérail, sous l’immense verrière d’un hall gigantesque, façon garage à zeppelin. Des jeunes partout, même dans l’espace qui rassemble les partenaires, co-mécènes de l’événement. Il faut dire que la condition de participation, pour les candidats, est d’avoir moins de 23 ans. Les concurrents français sont quasiment tous nés entre 1990 et 1993. Mais nombreux sont les visiteurs à n’avoir manifestement pas connu le XXe siècle : les écoles primaires saxonnes semblent s’être toutes donné rendez-vous. Une billetterie est d’ailleurs ouverte à l’entrée du grand hall, 9 euros l’entrée, réductions possibles.

Vocabulaire sportif

L’espace Global Skills Village, les stands par pays, prend des allures d’exposition universelle en réduction, certains voulant montrer leurs avantages touristiques autant que leurs qualités artistiques. La Norvège arbore une tête d’élan au mur, Abu Dhabi un épervier bien vivant, avec son fauconnier en tenue traditionnelle... Succès assuré auprès du public. Le Brésil pavoise, en tant que prochain organisateur de l’événement, en 2015.

Pour le reste, le terme « Olympiades », symbole de compétition sportive de très haut niveau, explique le fait que certains candidats portent des survêtements aux couleurs de leur nation — les Français assument ce choix, avec un footing d’équipe télégénique le matin —, bien qu’ils soient compétiteurs dans le domaine du carrelage, de la tôlerie, de la plomberie ou de la pâtisserie, de la robotique ou du fraisage, de la coiffure ou encore du paysage, pour ne pas parler des arts graphiques. Le hall de l’hôtel des « supporters  » français donnait d’ailleurs le ton dès le matin, pavoisé à souhait, comme avant une finale de Coupe du monde. On sent que les maquillages tricolores ne vont plus tarder à sortir des poches. Mais cette dimension de fête internationale ne masque pas longtemps la concentration extrême des candidats, quand l’heure de concourir arrive.

Compétiteurs au travail

Dans les halls de compétition, dans les boxes des compétiteurs au travail, plus personne ne plaisante. Les Chinois jettent un œil aux Américains, et réciproquement. Les délégations sont bien conscientes que l’honneur est en jeu. Les jeunes manipulent des machines complexes avec pointillisme, les valeurs de sérieux, implication et compétences atteignent des sommets. Et... « Don’t talk to the competitors » (ne leur parlez pas), est-il partout affiché.

Parce que le public ne doit pas être passif, des stands « Discover your passion » (découvrez votre passion) permettent, par exemple, de manipuler soi-même de petits mécanismes. Ou de repeindre une carrosserie, mais virtuellement, sur écran. Voire de se lancer dans la soudure, une vraie torche à la main, des lunettes électroniques sur le nez : seul le soudeur de passage verra l’effet de ses gestes. Un appareillage qui sert bien sûr habituellement à l’apprentissage.

Les jeunes soudeurs, les vrais, travaillent sous des boxes bâchés de plastique rouge, pour ne pas blesser les yeux des visiteurs. Plus loin, les cuisiniers se pressent : plus que quinze minutes, annonce en anglais le haut-parleur. Un peu plus loin encore, des serveurs s’activent auprès de convives qui sont des volontaires ou des juges, et devant le public qui a pris place dans des gradins.

Les volontaires paient de leur personne

Les plombiers tordent le cuivre, les menuisiers découpent le bois, les maçons assemblent les briques. Quand il s’agit des services à la personne, également en compétition, des personnes âgées jouent, toute la journée et l’air toujours aussi savamment égarées, le rôle de personnes dépendantes. Les candidats leur parlent et assurent leurs missions.

Et le pôle « Beauté thérapie » ? Là aussi, des volontaires paient de leur personne. Peu vêtus, ils se font masser par des candidates (pas de candidat en vue), sous le regard décontenancé des visiteurs. Certains patientent, le visage enduit d’argile, alors que les jurés, l’œil sévère, tournent en prenant des notes.

Pas de volontaires-cobayes en revanche chez les coiffeurs, qui travaillent sur des têtes... à coiffer. Prouesses de couleurs et de sculptures, sans doute éloignées des usages quotidiens futurs, mais résultats logiques de l’escalade de la compétition. Attention, plus que deux minutes. Top, terminé. Le public applaudit. Les juges aussi.

La délégation française

45 candidats, 40 experts, 3 chefs d’équipe, 2 préparateurs physique et mental, 1 kiné et plus de 700 supporters venus encourager les candidats.

par François Boltz, Centre Inffo, 2013
extrait du reportage publié dans le n° 838 de L’Inffo Formation, pp. 34-39, 16 juillet au 31 août 2013

Le palmarès de l’équipe de France des métiers

2 médailles d’or

  • Peinture et décoration : Kelly Lhoste (Champagne-Ardenne)
  • Coiffure dames/hommes : Antoine Koehler (Alsace)

5 médailles d’argent

  • Taille de pierre : Sidoine Bocquet (Pays de la Loire)
  • Menuiserie : Mathieu Aubert (Basse-Normandie)
  • Mode et création : Laurianne Mabit (Pays de la Loire)
  • Pâtisserie-confiserie : Nicolas Piérot (Nord-Pas-de-Calais)
  • Cuisine : Rudy Langlais (Pays de la Loire)

1 de bronze

  • Carrelage : Basile Ageneau (Pays de la Loire)

16 "médaillons d’excellence"

  • Soudage : Pierre Rousseau (Limousin),
  • Imprimerie : Anthony Fluhr (Alsace),
  • Plomberie et chauffage : François-Xavier Salazar (Bretagne),
  • Installation électrique : Fabien Gaugain (Champagne-Ardenne),
  • Maçonnerie : Victor Deneufchâtel (Champagne-Ardenne),
  • Plâtrerie et constructions sèches : Anthony Da Silva (Aquitaine),
  • Ébénisterie : Constant Mulet (Nord-Pas de Calais),
  • Charpente : Elwin Monzies (Rhône-Alpes),
  • Bijouterie-joaillerie : Alexandre Gavand (Centre),
  • Art floral : Pierre Leray (Basse-Normandie),
  • Technologie automobile : Anthony Stephan (Île-de-France),
  • Service en salle : Thibaut Idenn (Provence-Alpes-Côte d’Azur),
  • Réfrigération technique : Kévin Fogelgesang (Languedoc-Roussillon),
  • Arts graphiques et pré-presse : Robin Gillet (Île-de-France),
  • Chaudronnerie : Maxime Auclerc (Aquitaine),
  • Peinture automobile : Sophie Munch (Aquitaine).

De quoi atteindre la 8ème place, juste derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni (10e). Corée du Sud, Suisse et Taïwan constituent le podium.

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