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2016 : hausse des besoins en main d’œuvre

Par Centre Inffo

Outil apprécié des professionnels de l’accompagnement et de l’orientation, l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) réalisée chaque année par Pôle emploi avec le concours du Crédoc [2] annonce + 88 000 projets de recrutements pour 2016 par rapport à l’année précédente.

Stéphane Ducatez, directeur des statistiques, des études et de l’évaluation à Pôle emploi le précise, il s’agit là du « niveau le plus élevé jamais enregistré sur les sept dernières années de l’enquête » [3].

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Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi. © JPG

Puisque l’enquête BMO s’appuie sur les intentions d’embauche déclarées par les entreprises, il ne s’agit bien sûr là que de projections. Reste que la fiabilité de ce déclaratif apparaît plutôt bonne si l’on se réfère aux années précédentes : « Les intentions d’embauche des recruteurs en 2015 se sont réalisées dans 8 cas sur 10 », souligne ainsi Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi. Ce que l’enquête confirme également, c’est la structuration de l’emploi, avec 7 projets sur 10 qui proviennent des entreprises de moins de 50 salariés. Stéphane Ducatez insiste : « Ce sont même plus de 45 % des projets qui sont le fait des entreprises de moins de 10 salariés. » Reflet du tissu économique français, les résultats témoignent également du poids de l’emploi saisonnier (40 %) et de l’importance du secteur des services dans les intentions d’embauche (65 % des besoins en main-d’œuvre). Premier pôle recruteur de France, les services aux particuliers représentent 41 % des projets 2016, suivis par les services aux entreprises, en hausse de 8 % malgré un net recul des services aux activités financières (- 15,2 %). Malmenée l’an dernier avec 16,6 % de baisse, le secteur de la construction devrait lui aussi connaître une embellie notable avec des intentions 2016 en hausse de 12,4 %.

Stabilisation des difficultés de recrutement

Grâce à l’enquête BMO, les personnes en recherche d’emploi et leurs accompagnateurs ainsi que les concepteurs de politiques publiques peuvent s’informer sur les métiers les plus recherchés par les employeurs. L’enquête décline les résultats en quadrants, chacun spécifiant les pourcentages de recrutements difficiles et de recrutements saisonniers. À titre d’exemple, les serveurs de cafés et de restaurants sont à la fois fortement saisonniers et difficiles à recruter, quand les viticulteurs, arboriculteurs salariés et cueilleurs sont eux fortement saisonniers mais peu difficiles à recruter.
D’une manière générale, les difficultés de recrutement — en baisse tendancielle depuis 2012 où elles avaient été mesurées à 42,6 % —, se stabilisent cette année avec près d’un tiers de recrutements jugés difficiles par les recruteurs. Soulignant par là l’importance de l’accompagnement, ces difficultés sont deux fois plus importantes dans les petites entreprises, souligne Stéphane Ducatez. Dans plus de 8 cas sur 10, le motif invoqué reste l’inadéquation des profils des candidats, suivie de la pénurie de candidats (74 %) et des conditions de travail proposées (54 %). Jean Bassères le précise, différentes réponses aux difficultés de recrutement sont proposées par Pôle emploi, des conventions d’immersion [4] à la méthode de recrutement par simulation en passant par une série d’actions visant à améliorer la visibilité des offres d’emploi. S’agissant des métiers, deux cas de figure apparaissent avec, d’un côté, les métiers qui rencontrent des difficultés de recrutement sur des volumes relativement modestes de projets, de l’autre, les métiers qui rencontrent les mêmes difficultés tout en ayant un potentiel de recrutement beaucoup plus élevé. On trouve par exemple dans le premier cas les techniciens en mécanique et travail des métaux (60 % de projets difficiles pour 2 153 projets) ou les médecins (71 % de projets difficiles pour 4 517 projets) et, dans le second cas, les aides à domicile et aides ménagères (61 % de projets difficiles pour 53 400 projets) et les ingénieurs, cadres études et R&D informatique, responsables informatiques (62 % de projets difficiles pour 31 584 projets).

Impact du plan 500 000

La réponse formation est bien sûr aussi au cœur des débats, renforcée par le “plan 500 000 formations prioritaires” en cours de déploiement : alors que le budget formation a déjà augmenté de près de 20 % entre 2013 et 2015, « le plan double les capacités de formation des demandeurs d’emploi et va ainsi permettre de hisser l’effort de formation au niveau de l’Allemagne », se félicite le directeur général de l’opérateur. À souligner que plus de 1 500 métiers sont aujourd’hui couverts par l’offre de formation et que 75 % des formations bénéficient aux demandeurs d’emploi de niveau bac et infra. Près de 30 % des formations sont réalisées avec les entreprises et les Opca pour préparer à la prise de poste (actions de formation préalables au recrutement, préparations opérationnelles à l’emploi). « Dans le cadre du plan 2016, précise Pôle emploi, les formations à acheter sont identifiées par une méthode basée sur les métiers en tension et les potentiels de recrutement, partagée avec les Conseils régionaux et les partenaires sociaux. »

Véritablement destinée à être pris en main par les conseillers, l’enquête BMO est « un outil territorialisé au niveau du bassin d’emploi », souligne Jean Bassères. L’ensemble des données est ainsi accessible sur le site dédié via une recherche par zone géographique jusqu’au bassin d’emploi, par métier et par secteur d’activité.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2016

À consulter :

[1] Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

[2] Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

[3] L’enquête BMO existe depuis 2002 mais un changement de méthode n’autorise pas les comparaisons au-delà de 2010.

[4] Les conventions d’immersion permettent de réaliser des "périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP)". En savoir plus : www.pole-emploi.fr/.

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