Abonnez-vous

Votre adresse courriel :

 

Mots-clés

Rechercher par mots-clés

Archives

Toutes les archives
Accueil du site > 20 ans des Cités des métiers - Objectif : nouveaux partenaires

20 ans des Cités des métiers - Objectif : nouveaux partenaires

Par Centre Inffo

Installée dans les locaux de la Cité des sciences et de l’industrie depuis 1993, la Cité des métiers de Paris a fêté ses 20 ans en ouvrant ses portes aux professionnels, le 8 avril dernier. L’occasion pour les partenaires réunis au grand complet de présenter leurs actions et, pourquoi pas, de susciter de nouvelles coopérations.

Étaient à la fois présents les partenaires nécessaires à l’activité des pôles de conseil et ceux portant les actions collectives (voir encadré). Si les premiers sont nés avec la Cité des métiers, les seconds sont beaucoup plus récents, explique Sylvie Sesma, chargée de partenariat pour le développement de l’offre collective : “L’ambition d’ouvrir de nouveaux espaces collectifs est née voici six ans à partir d’une réflexion sur l’évolution des besoins. Nous nous demandions alors comment faire venir les personne qui nous échappaient, notamment celles qui se retrouvaient seules face à internet, tout en devant faire face au développement de dispositifs complexes type VAE.” Ainsi a émergé le concept de “club”, avec l’idée de “donner à ces personnes la possibilité de se rencontrer sur des thématiques précises”. Et de préciser : “Dans les clubs, il ne s’agit pas de délivrer une information descendante, comme dans les ateliers, mais de rendre les participants acteurs de l’information par des échanges encadrés par un animateur, de préférence en dehors des horaires habituels de la Cité des métiers.” Pourquoi ? “Cela donne une nouvelle envergure à l’espace Cité des métiers, qui devient un peu une Maison des associations….”, explique-t-elle. Avec un succès grandissant [1], les quelques dix clubs existant aujourd’hui répondent à des problématiques variées, tout en partageant un socle d’effets positifs qui concourent à la reprise en main de chaque situation : rompre l’isolement, redynamiser, créer de nouveaux réseaux sociaux, reprendre confiance en soi, mieux comprendre de la situation personnelle par la confrontation entre pairs, mettre en œuvre de dynamiques d’actions créatives et adaptées, etc.

Pourquoi rejoindre la Cité des métiers ?

Chargé de mission au GRDR, une association œuvrant à l’insertion professionnelle des migrants, Jonathan Stebig évoque les avantages que son organisation trouve à animer des clubs [2] en partenariat avec la Cité des métiers. “Bénéficier de l’assise institutionnelle d’Universcience est d’abord un vrai plus pour la recherche de financements, tant en termes de subventions que pour répondre aux appels à projets gouvernementaux ou européens. Nous apprécions aussi la mise à disposition d’espaces et constatons également un gain en crédibilité par rapport à nos partenaires traditionnels de type Pôle emploi”, nous explique-t-il.

“Une incroyable circulation de personnes”

Autre exemple avec l’atelier animé par la compagnie Instant présent, lancé en janvier 2013 et qui vise à “cultiver la confiance et l’estime de soi pour retrouver un emploi par le théâtre”. Gérard Gallego, metteur en scène et formateur, qui anime ce type d’atelier depuis vingt ans, avertit d’emblée n’avoir en aucune manière besoin de la Cité des métiers pour soutenir son activité. S’il est là, c’est avant tout à la faveur d’une double rencontre, d’abord avec Sylvie Sesma, dont il loue le sens de l’accueil, ensuite avec la Cité des métiers, “lieu rare et éminemment respectable”, dont il s’avoue “un peu fan”Ce qui lui plaît ? Le fait de disposer d’un “ancrage” en un lieu où certaines “valeurs” sont portées de façon collective. Lesquelles ? “Le sens de l’accueil, le fait d’être à la disposition d’autrui et une certaine réflexion sur l’altérité”, estime-t-il.
De même pour Sabine Schaller, chargée de développement d’Instant présent, qui voit dans la convention avec la Cité des métiers une “coopération”, qui permet à l’association de “s’inscrire dans un réseau d’acteurs”. Point marquant du lieu ressources Cité des métiers, selon elle : “Une incroyable circulation de personnes, tant en termes de publics que de professionnels”, ce qui au-delà de la fécondité des échanges, permet par ailleurs de “renouveler l’audience” d’Instant présent. Assurée de poursuivre ses ateliers jusqu’en septembre 2013 grâce à un financement FSE, l’association espère inscrire ce partenariat “dans la durée, y compris avec d’autres Cités des métiers”, souligne Sabine Schaller.

“Faire ressortir le potentiel !”

Témoin de la variété des thématiques abordées par l’action collective, le Club action temps partagé (CATP) fournit un exemple de l’“évolutivité” des partenariats. Alors que ce club, destiné aux professionnels expérimentés à la recherche d’une activité complémentaire, aurait pu s’arrêter avec le départ de la porteuse de projet issue de Pôle emploi, quatre animateurs bénévoles ont pu le reprendre, en l’adossant à une association [3]. La motivation, ces animateurs la trouvent à la fois dans leur volonté de promouvoir le travail en temps partagé et dans le cadre Cité des métiers. Ainsi d’Olivier Joseph, informaticien de gestion, qui souligne, d’une part, puiser une “dynamique” dans le cadre et l’expertise d’un lieu ressources qui prévoit “l’accueil sans condition” ; et, d’autre part, trouver un prolongement naturel à son activité : “Si le travail partagé me convient, c’est aussi parce que j’aime partager, donner aux autres et transmettre mes connaissances, y compris sur le plan humain”, explique-t-il.
Pour Al Narea, qui a grandi en Amérique du Sud et mené une partie de sa carrière d’ingénieur en Amérique du Nord, il y a la volonté de diffuser le modèle qu’il a connu de l’autre côté de l’Atlantique : “Là-bas, le travail partagé est naturel, ici, non : soit on est marié à une entreprise, soit on est dans le flou d’un rôle de consultant. Ce qui se fait très mal en France, c’est évaluer le potentiel”, estime-t-il. D’où l’intérêt du Club action temps partagé, qui s’efforce de “remplacer la litanie des parcours par un dialogue autour de ce que peuvent apporter les personnes”. Et de conclure : “La Cité des métiers sert précisément à cela : faire ressortir le potentiel !”

METTRE EN PLACE UN CLUB
Comment mettre en place un club à la Cité des métiers ? Il faut d’abord échanger avec elle sur l’ingénierie du dispositif et élaborer une convention. Les futurs animateurs bénéficient d’un stage de présentation de la Cité des métiers, s’engagent à remonter de façon régulière le nombre de participants et à participer à un bilan semestriel. L’animation est prise en charge par l’association ou la structure porteuse. En tant que partenaires, les animateurs peuvent solliciter les conseillers de la Cité des métiers pour une intervention ponctuelle sur des points qui sortent de leur champ de compétences.

Devenir partenaire ?

Parmi les professionnels ayant répondu présent à l’opération “Portes ouvertes”, Catherine Vivien, conseillère Pôle emploi dans le Val-de-Marne. Venue avec l’idée “d’écouter, de rencontrer et d’échanger”, elle pense conclure un partenariat avec la Cité des métiers pour venir transmettre son expérience et son propre témoignage : “Je veux mieux faire connaître un dispositif qui change la vie et qui a changé la mienne de manière radicale”, nous explique-t-elle. Qu’il s’agisse des jeunes déscolarisés, des salariés sans perspective, des femmes seules ou, évidemment, des demandeurs d’emploi, Catherine Vivien entend porter haut et fort le DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires), qu’elle nomme le “baccalauréat de la deuxième chance”. Pourquoi un tel engouement pour ce dispositif ? Réponse avec un article de deux pages paru en 2008 dans le magazine Femme Actuelle, intitulé “À 40 ans, j’ai enfin décroché le bac !”. L’article, qui présente son parcours, décrit une vie professionnelle entamée avec un CAP de pâtissière-chocolatière et poursuivie avec un profond regret de ne pas avoir suivi d’études supérieures. Si profond qu’une fois le DAEU découvert, elle ne s’arrêtera qu’après avoir passé le concours de l’ANPE, suite à un Deust [4]. De l’avis même de Sylvie Sesma, l’atelier DAEU ne saurait tarder…

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2013

LES “PARTENARIATS D’ACTIONS”
Au cœur du modèle opérationnel de la Cité des métiers, les “partenariats d’actions” permettent à la fois d’assurer l’activité de conseil individuel (accueil sans rendez-vous, anonyme et gratuit), et de proposer des actions collectives (clubs, ateliers, rencontres débats, forums, actions de recrutement).
Partenaires des pôles de conseil : Pôle emploi, Boutique de gestion de Paris, Cési, CIO Mediacom, Centre Inffo, Cnam, Cned, Dafco et Gréta, Rives, Fongecif Île-de-France. Partenaires des actions collectives : APSV, La Tortue Bleue, Bureau d’immigration du Québec, Café de l’avenir, CDM-E, Face Paris, Face Saint-Denis, GRDR, Gréta TPC, Instant Présent, Iriv, Opus Citatum, Union d’associations latino-américaines, UnisCité, etc.

[1] 1 280 personnes ont été accueillies en 2012 sur l’activité “clubs”, soit 200 % de progression par rapport à 2011.

[2] Le GRDR propose deux clubs. Le premier, depuis septembre 2011, Dynamiques africaines, concerne les personnes souhaitant mettre en place une activité économique en lien avec l’Afrique subsaharienne. Le second, Entreprendre au féminin, accompagne depuis septembre 2012 les femmes migrantes ayant un projet associatif, économique ou professionnel.

[3] Les clubs de la Cité des métiers ne peuvent être portés par des personnes physiques.

[4] Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques.

Partager ce contenu

© 2017 - Centre Inffo / Onisep - Voir le courriel
Charte rédactionnelle - Mentions légales - Désabonnement