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1000 réseaux d’apprentissage tout au long de la vie

Par Centre Inffo

Après une dizaine d’années passées à conduire un « travail conceptuel de réflexion et de compréhension du concept d’éducation et formation tout au long de la vie », le Comité mondial des apprentissages tout au long de la vie (CMA) entend désormais entrer en « phase opérationnelle ».

Décidé lors de l’assemblée générale du 16 juin 2015, le projet "1 000 réseaux des apprentissages tout au long de la vie" représente le cheval de Troie de ce « nouveau CMA, plus orienté vers l’action ». Son président, Yves Attou, nous explique les objectifs de ce projet d’un nouveau genre.

Un manque de politiques publiques d’envergure

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Yves Attou (DR)

Évoquant aussi bien le programme de développement durable d’ici 2030 de l’ONU que le cadre d’action Éducation 2030 de l’Unesco, Yves Attou en est convaincu : « L’unanimité quant à la nécessité de développer les apprentissages tout au long de la vie est aujourd’hui acquise. » Victoire ? Pas encore, dans la mesure où, estime-t-il, « cette unanimité peine à se traduire en politiques publiques d’envergure sur la scène internationale ». D’où l’idée du CMA de lancer une initiative visant à expérimenter des réseaux locaux d’apprentissage en s’appuyant sur des territoires volontaires. Fondé sur l’idée de partenariat étendu dépassant le cadre traditionnel des travailleurs sociaux pour englober pleinement l’Éducation nationale et, surtout, les entreprises, ces réseaux locaux d’apprentissage entendent passer outre les « cloisonnements » qui continueraient de freiner le développement des personnes : « En France notamment, notre système de formation accueille les personnes en fonction de leur statut, au détriment d’une approche globale de l’individu et de ses besoins. » Et d’expliquer : « Ce que nous voulons, c’est proposer une médiation sous forme de guichet unique sur toutes les possibilités qui s’offrent à une personne dans le cadre d’un parcours d’apprentissage tout au long de la vie en termes d’information, mais aussi de conseil et d’accompagnement. » Pour ce faire, le CMA entend s’appuyer dans chaque territoire identifié sur un « partenaire local à même d’organiser un réseau avec l’ensemble des acteurs ».

Médiation et décloisonnement

À la question de savoir si une telle démarche ne vient pas télescoper les objectifs de la réforme de 2014 et notamment le conseil en évolution professionnelle, Yves Attou répond : « Tout le monde veut faire ça, mais de façon trop cloisonnée. » N’est-ce pas là la démarche impulsée par le modèle Cité des métiers ? « C’est très proche mais notre idée est d’associer fortement l’Éducation nationale et, surtout, les entreprises », trop souvent absentes selon lui des dispositifs français. Et d’ajouter : « Si on devait définir les objectifs du projet, ce serait un décloisonnement et une médiation. Ce n’est pas facile, surtout en France… »

Concrètement, un cahier des charges qui devrait être discuté lors du conseil d’administration du 2 décembre 2015 dressera la liste des critères nécessaires pour être éligible et signer une convention de partenariat. Parmi ceux-ci figurent les choix originels du CMA dont « l’approche systémique de l’éducation englobant le formel et le non-formel, l’accueil de la petite enfance à la fin de vie et de tous les niveaux d’éducation, les réflexions en faveur des métiers en tension, des métiers d’avenir, des métiers verts, des compétences transversales, des pratiques innovantes ou encore de l’interaction entre le territoire réel et l’espace virtuel ». Yves Attou le précise, l’objectif des conventions sera de « définir la relation de partenariat entre le CMA et l’organisme pilote et de préciser les attentes en termes d’animation d’un réseau territorial. Quatre missions structurent à ce jour le réseau : information et conseil, médiation, réflexion et action sur les métiers, mais aussi formation ». À cet égard, le président du CMA souligne que « chaque réseau pourra, à son initiative, organiser des formations citoyennes, des formations au développement durable, des actions de lutte contre l’illettrisme ou, encore, de reconversion de cadres… ».

Favoriser l’échange de pratiques et la mutualisation

L’intérêt de rejoindre un tel réseau ? « Nous nous appuyons sur le local mais il y aussi un mouvement de mondialisation, l’intérêt est donc notamment de pouvoir échanger sur les pratiques et mutualiser les expériences avec des réseaux nationaux, européens et internationaux », répond Yves Attou. Et d’ajouter : « L’objectif est aussi de mieux tirer profit des potentialités du numérique, en échangeant sur les nouvelles possibilités offertes par les MOOCs, le e-learning, les ressources éducatives libres ou l’apprentissage collaboratif… »

Trois types de financements devraient venir abonder le programme. D’abord, un financement international à rechercher auprès des fondations ; ensuite, un financement européen dans le cadre d’une candidature à un programme Erasmus + ; enfin, un financement national dans le cadre du programme Investissements d’avenir.

Le début de la recherche-action est prévu pour le 1er semestre 2016.

par Nicolas Deguerry, Centre Inffo, 2015

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